Pologne : « le gouvernement utilise les LGBT+ comme boucs émissaires » à l'approche des élections

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Jarosław Kaczyński, leader du PiS au pouvoir, s'est fendu de commentaires rétrogrades sur les questions LGBT+. Une stratégie transparente d'instrumentalisation de ces questions à l'approche d'élections cruciales qui pourraient bien se retourner contre la droite nationaliste. Décryptage.

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Jarosław Kaczyński en Octobre 2018 en Pologne - Grabowski Foto / Shutterstock
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« Une guerre culturelle. » Jarosław Kaczyński, le leader de Droit et justice (PiS), parti de droite dure au pouvoir en Pologne, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère lors d'un discours prononcé le samedi 9 mars. Le problème ? La défense des droits LGBT+ évidemment. « Le danger c'est une attaque de la famille, et une attaque conduite de la pire de façon, parce qu'elle concerne essentiellement les enfant », s'est exclamé l'homme politique. Le discours était une réponse à l'engagement du maire de Varsovie sur les questions LGBT+. Mais les mots durs du nationaliste polonais effraient les activistes LGBT+ du pays, à quelque mois des élections européennes et du renouvellement du parlement. Explications.

Rembobinons. Tout commence en février dernier, lorsque Rafał Trzaskowsk, maire de Varsovie affilié à la Plate-forme civique, principal parti d'opposition de centre-droit, signe une déclaration sur les droits des personnes LGBT+. Au programme, 12 mesures relativement consensuelles qui promettent de lutter contre les discriminations homophobes, notamment en mettant à l'abri les jeunes mis à la porte par leur parents, mais aussi d'enseigner le respect et la lutte contre les LGBTphobies dans les écoles de la capitale.

Bouc émissaire

Il n'en fallait pas plus pour réveiller les caciques du PiS, tous plus conservateurs les uns que les autres. Ici c'est un député qui appelle à « GAGNER » une guerre culturelle, tandis que là, c'est l'Église catholique du pays, via la lettre d'un évêque, qui s'inquiète du droit « constitutionnel pour les parents d'élever leurs enfants selon leurs propres croyances ». Une position reflétée par celle du gouvernement polonais via le chargé à la protection de l'enfance. Le maire de Varsovie a eu beau jeu de lui répliquer que le PiS ferait mieux de s'occuper « des enfants qui sont persécutés, se suicident à cause de l'intolérance grandissante », la polémique n'a pas disparu pour autant.

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