Swann Arlaud : « S’assumer pleinement avec ses fragilités et ses défauts, c’est ce qui nous rend plus fort »

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Dans le film de François Ozon, « Grâce à Dieu », Swann Arlaud interprète l'une des victimes du père Preynat, qui a abusé sexuellement des dizaines d'enfants et dont le procès doit se tenir à la fin de l'année. L'acteur revient pour Komitid sur ce tournage si particulier.

Denis Ménochet, Eric Caravaca, Swann Arlaud, Melvil Poupaud, dans « Grâce à Dieu », de François Ozon - Mars Distribution
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Comédien intense, lauréat en titre du César du meilleur acteur pour sa performance dans Petit paysan, Swann Arlaud incarne un homme abusé enfant dans Grâce à Dieu, le film de François Ozon sur l’affaire du prêtre pédophile du diocèse de Lyon qui sort en salles mercredi, auréolé de l’Ours d’argent au Festival de Berlin. Nous avons rencontré celui qui partage l’affiche de ce film choral avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet ou encore Josiane Balasko qui joue sa mère, pour évoquer le film, l’affaire dont il est inspiré, le travail avec François Ozon et questionner son rapport à la masculinité.

Komitid: Comment François Ozon vous a-t-il proposé d’incarner l’une des victimes d’un prêtre pédophile dans Grâce à Dieu ?

Swan Arlaud : La première fois, il m’a vaguement raconté l’histoire de ces trois hommes : Alexandre, François, puis Emmanuel en m’expliquant leurs histoires successives, cette espèce de graduation dans la souffrance, de trajectoire du film en descente en termes de milieu social et de montée pour ce qui est de la souffrance. Et j’ai compris tout de suite, je lui ai dit « Donc tu me proposes celui qui souffre le plus ? » et il m’a dit « Oui, oui c’est ça ! ». J’avoue que j’ai un peu douté au départ, je connais le côté provocateur et sulfureux de François Ozon et sur un sujet comme la pédophilie, j’y ai vu un danger. Et puis, il m’a envoyé le scénario, je l’ai lu, j’ai été tout de suite bouleversé et j’ai vu la pudeur et l’endroit auquel il se situait et qui me semblait extrêmement juste pour aborder ce sujet-là.

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  • chrisandqueens

    Pitié, arrêtez d’employer « abus » quand il est question d’agression sexuelle. Ce terme implique qu’il y aurait des choses qu’on aurait le droit de faire à un enfant et qu’il ne faudrait pas abuser de ce droit. Il atténue aussi la réalité des faits.
    Merci pour votre attention !