Ronaldo Serruya

[caption id="attachment_17654" align="alignnone" width="1070"] Ronaldo Serruya, acteur et dramaturge / Photo DR[/caption]

Ronaldo Serruya, acteur et dramaturge, a commencé à faire du théâtre dans les années 1990. Résidant à São Paulo depuis près de 15 ans, il a fondé en 2009 le Teatro Kunyn, un collectif spécialisé dans les questions de genre, en se concentrant sur la sexualité masculine.

Normalisation des LGBTI

« Le conservatisme et l'oppression sont une réponse aux identités dissidentes que sont les LGBT+, les personnes quittant la structure hétéronormative. Ce modèle de fausse représentation est lié à l'imposition de souffrances et de conflits, comme si le fait d’être LGBT+ conduisait à une vie de souffrances et de conflits. La peur est imposée aux personnes et la peur est la plus grande des formes d’oppression. Pour le candidat Bolsonaro, qui est sur le point de devenir président du pays, nous savons que son discours est basé sur la peur, son arme principale. »
« Je ne dors pas bien depuis des semaines et mon inquiétude est permanente. »

La « nécropolitique » annoncée

« Sa politique est une « nécropolitique ». C'est une politique d'extermination, de mort. Ce terme a été inventé par Achille Mbembe, un philosophe camerounais, qui dit que le corps souverain est le corps qui décide qui mourra et qui vivra. Cette « nécropolitique » représentée par la figure de Bolsonaro est la politique qu'il veut instaurer dans le pays, et nous savons déjà quel corps doit mourir. J'ai peur. J'ai peur de sortir dans la rue, de porter un vêtement plus tendance, de marcher main dans la main avec mon petit ami, peur de faire un geste d'affection. Nous vivons déjà les signes du fascisme, je ne dors pas bien depuis des semaines et mon inquiétude est permanente. C'est une mort symbolique. »

Coup d’état militaire et risque de lutte armée

« L’activisme ne prendra certainement pas fin, bien sûr. À partir du moment où il se manifeste, il ne fait que grandir et se subdiviser en différentes façons de défendre les minorités. Mais, oui, le risque est plus qu’imminent. Bolsonaro a une tolérance zéro pour l’activisme et il va encourager ceux et celles qui voteront pour lui dans la violence. La violence viendra de la population contre la population, ce qui est une stratégie perverse et un défi de résistance pour le militantisme. »

Maira Reis

[caption id="attachment_17652" align="alignnone" width="406"] Maria Reis, journaliste et chef d'entreprise / Photo DR[/caption]

Maira Reis est journaliste, fondatrice de la plate-forme de recherche d'emploi Camaleao.co pour les personnes LGBT+.

Menaces sur l'intégrité physique

« Quand vous avez un gouvernement fasciste, il n'y a pas de dialogue. C'est une imposition de règles et de comportements, comme si tout le monde devait suivre le même schéma, en oubliant que nous sommes différents par nature. Le possible futur président du Brésil se vante d'être LGBTphobe et a déjà dit qu'avec son gouvernement, nous n'aurons pas la paix. c'est-à-dire qu'il oublie « complètement » l'existence des droits humains. »
 « Nous avons absolument besoin de prévoir quels chemins nous allons suivre pour littéralement survivre. »

L'avenir, ce qui nous attend et la façon de nous battre

« Je veux croire que lorsqu'il sera au pouvoir, Bolsonaro aura tellement de difficultés à résoudre que la question LGBT+ sera sa dernière préoccupation. Nous pouvons nous attendre à une censure. Ce qui m'inquiète le plus, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer. Va-t-il diriger le pays avec un gouvernement démocratique ou le faire de manière dictatoriale ? Nous avons absolument besoin de prévoir quels chemins nous allons suivre pour littéralement survivre. »

Menaces contre l'activisme lesbien et le féminisme

« Je vois qu'il y aura une forte augmentation de toutes les formes de violence, qui peuvent aller de la discrimination sociale jusqu'au viol pour « devenir » hétérosexuelle. Il est intéressant d'analyser certaines données statistiques qui parlent de la mort de lesbiennes en relation avec le profil de leurs meurtriers. Ces derniers sont des hommes, cisgenres et hétérosexuels. En outre, nous avons une petite part de femmes lesbiennes qui préfèrent se suicider pour faire face à une société macho et patriarcale. »

Alisson Prando

[caption id="attachment_17651" align="alignnone" width="1070"] Alisson Prando, blogueur et chercheur / Photo DR[/caption]

Alisson Prando est blogueur et journaliste. Sur les sites DiscoPunisher et WhatElseMag, il a interviewé plus de deux cent icônes pop. Il est chercheur au CNPq (Conseil national de développement scientifique et technologique), sur les thématiques du genre, de la sexualité et du féminisme.

Luttes et militantisme en danger

« Si vous êtes neutre dans des situations d'injustice, vous choisissez le côté de l'oppresseur. En dépit de la vague de désespoir, vous devez faire preuve de lucidité et mettre en perspective le fait que les présidents venus de mouvements progressistes n'ont pas non plus explicitement soutenu les personnes LGBT. Aujourd’hui, nous avons un candidat qui soutient explicitement les pratiques de violence contre les enfants trans, contre les Noir.e.s et contre les LGBTQIA. Par conséquent, il semble raisonnable de penser qu’à travers cette « icône » Bolsonaro, qui représente l'hégémonie de l'homme, blanc, hétérosexuel, cisgenre et masculiniste, d’autres se sentiront encore plus légitimes lorsqu’ils commettront des actes de violence symbolique et physique contre des minorités. »

L’activisme affaibli et le manque d’informations

« Les médias hégémoniques ont créé un discours anti-parti qui a rendu tout débat impossible. Il existe aussi un désir d'appartenance, et en ce sens, ces personnes [qui soutiennent Bolsonaro] sont encouragées par des discours de « bon sens », par de gros investissements dans la création de fausses nouvelles - même si ce concept doit être considéré comme obsolète : en ce sens, il est nécessaire de rappeler le concept nietzschéen de « vérité », qui, pour le philosophe allemand, n’est pas un discours entièrement vrai, mais qui, rendu obligatoire et se répétant, cristallise une "vérité" »
« Si Bolsonaro est élu, les investissements dans la recherche sur le VIH/sida pourraient être gelés ou diminués »

Traitement contre le VIH et le sida, le scénario du doute

« La PrEP et le TPE sont révolutionnaires parce qu'ils procurent de la dignité, de l’autonomie, de l’autodétermination, ainsi qu’une qualité de vie et une humanité aux personnes concernées. Si Bolsonaro est élu, les investissements dans la recherche sur le VIH/sida pourraient être gelés ou diminués, mais ils ne s'arrêteront pas ; ce serait un scandale international qui n’aurait pas le soutien des Nations Unies, ni même de Donald Trump, connu pour être réactionnaire, mais qui maintient toujours des moyens financiers pour soigner les patients séropositifs. Un arrêt des médicaments reviendrait à décréter la mort biopolitique de 0,5 % de la population brésilienne, soit un million de personnes. »

Nicoly Verywell

[caption id="attachment_17653" align="alignnone" width="1021"] Nicoly Verywell, drag queen et DJ / Photo DR[/caption]

Nicoly Verywell est une actrice, drag queen et DJ. Elle se définit comme une diva rétro classique. Dans son travail, elle explore l’art sous toutes ses formes.

Être une drag queen dans le monde hétéro

« Je fais des spectacles de drag depuis 25 ans. Le plus souvent, des événements sociaux hétérosexuels ou dans les entreprises. Les années 1990 étaient libertaires et très démocratiques, et les entreprises ont accepté et essayé de comprendre mon travail. J'ai joué dans tous les types d’entreprises. C'était moderne, il y avait une naïveté et une curiosité. J’ai fais des spectacles pour des personnes de 90 ans, pour des anniversaires d’enfants et, croyez-moi, même pour des prêtres. Aujourd’hui, je sens une barrière dans mon travail, la discrimination est plus présente. »
« Pour une personne peu éduquée, le discours de Bolsonaro s’apparente à "Brûlons des sorcières sur la place" ».

Combat, sang et humiliation

« Je me suis toujours battue, parfois jusqu'au sang et mes réussites sont souvent le résultat d’une grande humiliation. Les religieux et ces politiciens ont comme arme la haine, l'ignorance, les mensonges et les réseaux sociaux. Pour une personne peu éduquée, le discours de Bolsonaro s’apparente à "brûlons des sorcières sur la place" ».

Sandro Souza

[caption id="attachment_17655" align="alignnone" width="856"] Sandro Souza, créateur de « Blogueiro Positivo » / Photo DR[/caption]

Sandro Souza est le responsable du blog Blogueiro Positivo dans lequel il raconte son expérience en tant que séropositif et aide les personnes nouvellement infectées à se soigner, à s’accepter et à vivre avec le VIH.

Menace d’un gouvernement fasciste ?

« Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les propos tenus par le candidat Bolsonaro. Je ne crois pas que le Brésil va abandonner la démocratie et encore moins voir un scénario militaire en 2019. Ce qui est le plus notoire dans son discours de haine, c'est le fait qu'il a donné la parole à des gens qui pensent exactement comme lui. Ces gens, ses électeurs, sont dispersés dans la rue, ils me font peur. »
« Parce que je suis un militant gay et séropositif, je fais partie d’une minorité qu'il déteste »

Haine des personnes LGBT+

« La mauvaise gestion du parti au pouvoir (Mouvement démocratique brésilien, centre droit, ndlr) est en partie responsable de ce résultat. Je ne vote tout simplement pas Bolsonaro car il dit beaucoup de conneries mais je suis totalement opposé au parti au pouvoir. Je me trouve sans issue et je vais maintenir mon vote d'opposition au candidat "fasciste" - je ne crois pas qu'il est ce monstre total mais plutôt un monstre imbécile. Parce que je suis un militant gay et séropositif, je fais partie d’une minorité qu'il déteste. Alors, nous utiliserons les réseaux et nous manifesterons si nous le devons, comme nous l'avons fait auparavant. »

Pas de changement pour le traitement du VIH

« Honnêtement, je ne crois pas que Bolsonaro fera quoi que ce soit contre le programme brésilien de traitement du VIH-sida. C'est une question de santé publique. Nous savons aujourd'hui que le virus du VIH affecte les HSH*, les gays, les bisexuel.le.s, les femmes et surtout toutes les personnes sexuellement actives. Ce serait un génocide qui ne tuerait "pas que" des personnes LGBT+. »   *Hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes" ["post_title"]=> string(112) "« Je ne dors pas bien depuis des semaines » : cinq personnalités LGBT+ brésiliennes face au danger Bolsonaro" ["post_excerpt"]=> string(290) "Deux jours avant le second tour de la présidentielle au Brésil, qui pourrait voir la victoire du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, Komitid donne la parole à cinq personnalités LGBT+. Certaines sont plus inquiètes que d'autres, mais aucune n'envisage l'avenir avec sérénité." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(101) "je-ne-dors-pas-bien-depuis-des-semaines-cinq-personnalites-lgbt-bresiliennes-face-au-danger-bolsonaro" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-01-25 11:37:31" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-01-25 10:37:31" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=17685" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [1]=> object(WP_Post)#15261 (24) { ["ID"]=> int(16920) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-10-07 14:43:05" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-10-07 12:43:05" ["post_content"]=> string(5758) "Déjà trente années de vie politique au compteur dont sept mandats de député pour celui qui s'affirme être le candidat de l'anti-système. Jair Bolsonaro, crédité de plus de 30 % des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle au Brésil qui se déroule ce dimanche 7 octobre, pourrait bien accéder au pouvoir. Son discours pro-armes, anti-corruption et emprunt d'une nostalgie de la dictature a manifestement séduit une grande partie de la société brésilienne, autant rongée par la violence que lassée de ses figures politiques dont les mains sont sans cesse salies par l'argent et les magouilles. Lui, du haut de ses 63 ans, l'assure : il a les mains propres. Pourtant, Jair Bolsonaro a bien souvent été associé à des familles politiques impliquées dans l'immense scandale de corruption Lava Jato, nous rappelle Ouest France. Si Komitid vous parlait déjà fin août de ce personnage brandissant le Guide du zizi sexuel à la télévision nationale, le favori a conforté - malgré lui - sa percée significative auprès de l'opinion publique il y a quelques semaines lorsqu'il s'est fait poignarder en plein bain de foule dans le cadre de sa campagne.

Homophobie et misogynie décomplexée

Fournisseur de fake news doté d'un argumentaire pro-armes et pro-peine de mort à faire pâlir Donald Trump, Jair Bolsonaro est aussi réputé pour être un misogyne hors catégorie ainsi qu'un homophobe inqualifiable. À une consœur députée, il a lancé en 2003 et 2014, nous dit Le Monde : « Je ne vous violerai pas car vous ne le méritez pas. Vous êtes très laide ». Outre sa sortie magistralement homophobe sertie d'une idéologie complotiste à la télé au mois d'août, le candidat d'extrême droite a enchaîné les déclarations LGBTphobes. Déjà en 2011 dans une interview à Playboy, ce père de famille avait dit combien il préférerait que son fils trépasse plutôt que de le voir aimer les hommes : « Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel. Je préférerais qu’il meure dans un accident de voiture », avait-il assuré.
« Beaucoup plus de personnes meurent que les homosexuels »
Au cours d'une interview cauchemardesque accordée au journal El País en 2014 - alors qu'il ambitionnait de prendre la présidence de la Commission des droits humains - il lui a été demandé s'il admettait que les homosexuel.le.s pouvaient souffrir, en plus de la violence endémique du pays, de préjugés et d'agressions en raison de leur orientation sexuelle. « Les homosexuels veulent être des victimes. (...) Nombreux sont ceux qui sont tués par leurs propres collègues, dans des lieux de prostitution ou par surdose », a-t-il rétorqué. Et de préciser : « Les crimes homophobes doivent être traités de la même manière que toute autre mort. Combien d'hétérosexuels meurent chaque jour ? Beaucoup plus de personnes meurent que les homosexuels ».

Contagion et pédophilie : le grand bingo de l'homophobie

Éduquer aux différences dès l'école pour lutter contre les violences LGBTphobes ? Très peu pour Jair Bolsonaro, au risque de « transformer des enfants de six ans en homosexuels. Au point que cela facilite la pédophilie au Brésil ». Car oui, comme vous pouviez vous en douter, il estime naturellement que l'on devient homosexuel.le : « La grande majorité vient du comportement, de l'amitié, de la drogue. Seule une minorité est née avec un défaut de fabrication. » Autant de déclarations qui n'empêchent pas une partie de la société brésilienne, profondément divisée, de suivre le candidat et de le placer en tête de tous les sondages. Assez pour lui permettre d'accéder au pouvoir ? Réponse d'ici trois semaines." ["post_title"]=> string(87) "Jair Bolsonaro, l'homophobe d'extrême droite favori de la présidentielle brésilienne" ["post_excerpt"]=> string(257) "Alors que le pays vote ce dimanche 7 octobre pour le premier tour de l'élection présidentielle, nous sommes au regret de vous présenter le candidat le mieux placé dans les sondages, connu pour être ouvertement homophobe, raciste, misogyne et pro-armes." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(81) "jair-bolsonaro-lhomophobe-dextreme-droite-favori-de-la-presidentielle-bresilienne" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-10-07 14:43:05" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-10-07 12:43:05" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=16920" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15259 (24) { ["ID"]=> int(17949) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-10-29 12:27:43" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-10-29 11:27:43" ["post_content"]=> string(11435) "Sa victoire était attendue mais elle n’en est pas moins un choc. Ce dimanche 28 octobre au soir, le candidat Jair Bolsonaro a été élu, avec 55,1 % des votes, président du Brésil. Le plus grand pays d'Amérique du Sud est désormais aux mains d'une extrême droite qui ne cache pas ses postures LGBTphobes, racistes et misogynes. Jair Bolsonaro a enchaîné les déclarations anti-LGBT+, avant et pendant la campagne présidentielle et avait notamment expliqué en 2011 qu’il n’accepterait pas que son fils soit homosexuel, préférant le voir « mourir dans un accident de voiture ». Si le programme de l’homme de 63 ans ne fait pas directement mention des personnes LGBT+, ses propos incendiaires font craindre une flambée des violences hétéronormatives. D’après les associations locales, 455 personnes ont été assassinées pour leur identité de genre ou leur orientation sexuelle depuis le début de l’année. Les médias brésiliens rapportent de nombreux cas de violences LGBTphobes de la part de supporteurs et supportrices de Jair Bolsonaro. Le candidat avait tenté d’assouplir un peu son discours, déclarant dans l’entre deux-tours qu’il « gouvernerait aussi pour les gays ». Une déclaration qui n’avait en rien rassuré les personnes queers brésiliennes.

« Le combat n'est jamais terminé »

Après une première vague d'agressions homophobes, racistes et « anti-gauchistes » à la gloire du leader populiste après le premier tour, les minorités du pays oscillent entre peur et résistance anti-extrême droite. Sur les réseaux sociaux, les réactions de concerné.e.s pullulent. Maira Reis journaliste et militante LGBT+, déjà interrogée par Komitid en amont du second tour de l'élection, s'est montrée résignée mais combattive. « Le combat n'est jamais terminé », a-t-elle posté sur Facebook après l'annonce du résultat, tandis que les partisans de Jair Bolsonaro lançaient des feux d'artifice dans la rue. « Aujourd'hui, nous avons gagné quelque chose ». Pour Ronaldo Serruya, comédien et activiste queer également interviewé par Komitid, le verre est à moitié plein. En colère mais plein d'espoir, il argue que la prise de conscience est tangible dans le pays et que le fait de se savoir si nombreux.ses était une force qui permettrait d'éviter un retour au placard. « Je ne pensais pas que tout ça serait si libérateur », a-t-il commenté dans un statut. D'autres internautes passent par l'humour noir pour affronter la nouvelle, se demandant non sans grincement s'il leur faudra désormais saluer ses compatriotes d'une poignée de main, ou bien d'un salut nazi. Un raz-de-marée de réactions également porté sur le devoir de mémoire. De nombreuses personnes ont en effet rappelé les combats de Marielle Franco, élue féministe, noire et bisexuelle, assassinée au mois de mars 2018, invitant la population brésilienne à s'inspirer de son courage.  

Soutien international face à la montée du néo-fascisme au Brésil

L'élection de Jair Bolsonaro n'inquiète pas que les résident.e.s du Brésil. Partout dans le monde, des personnalités, des politiques, des associations et des militant.e.s ont pris leur plume virtuelle pour exprimer leur solidarité envers les minorités racisées, natives, LGBT+ et engagées qui sont officiellement dans le viseur de l'homme d'extrême droite. Le tout, au son de Bella Ciao et de I Will Survive. " ["post_title"]=> string(132) "Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro élu président au Brésil : colère, désarroi et solidarité sur les réseaux sociaux" ["post_excerpt"]=> string(209) "Ouvertement LGBTphobe, la victoire du leader populiste inquiète les personnes LGBT+ brésiliennes. Depuis l'annonce des résultats, une pluie de réactions angoissées s'est abattue sur les réseaux sociaux. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(120) "le-candidat-dextreme-droite-jair-bolsonaro-elu-president-au-bresil-colere-desarroi-et-solidarite-sur-les-reseaux-sociaux" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-10-29 12:39:39" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-10-29 11:39:39" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=17949" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Brésil : forte accélération des mariages de couples LGBT+ avant l’investiture du président homophobe Jair Bolsonaro

Publié le

Samedi 15 décembre, près de 40 couples se sont mariés durant une cérémonie collective à São Paulo. Les personnes LGBT+ craignent que le président Bolsonaro, qui entre en fonction le 1er janvier, ne remette en cause les unions de même genre.

Près de 40 couples se sont mariés samedi 15 décembre, à l'association Casa1, à Sao Paulo
Près de 40 couples se sont mariés samedi 15 décembre, à l'association Casa1, à Sao Paulo - Capture vidéo Euronews

Le lieu est symbolique. Samedi 15 décembre, près de 40 couples de femmes et d’hommes se sont dit « oui » à Casa 1, une maison au cœur du quartier de Bela Vista, à São Paulo, la plus grande ville du Brésil. Cet événement, filmé par les caméras de plusieurs médias, dont Euronews, serait la conséquence directe de l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du pays. Les personnes LGBT+ craignent en effet que le président, dont l’entrée en fonction a lieu le 1er janvier 2019, ne revienne sur les droits acquis ces dernières années, en particulier la jurisprudence sur le mariage pour tous, en vigueur depuis 2013 au Brésil.

Des craintes qui trouvent leur origine dans les multiples déclarations homophobes du candidat d’extrême droite. Dans une interview en 2011, Jair Bolsonaro avait assuré qu’il préférait un fils mort à un fils gay et en 2017, il avait été condamné pour avoir déclaré dans une interview qu’il n’aurait jamais de fils gay car ses enfants « étaient très bien éduqués » et parce qu’il ne faisait pas la promotion des « mauvaises habitudes. »

L’association Casa1 avait lancé un appel aux dons pour organiser les mariages et payer les frais notariés. « Alors que la scène politique évolue, de nombreuses personnes LGBT ont décidé de faire avancer leurs mariages en prévoyant la possibilité de faire valoir ce droit. Nous avons donc décidé de donner un coup de main et de célébrer un mariage collectif le 15 décembre pour 100 couples », avait déclaré l’ONG dans un communiqué. Finalement, un peu moins de la moitié des couples s’est présentée samedi 15 décembre pour un moment d’intense émotion collective.

« Les gens ne tolèrent plus rien »

Interviewé par Euronews, Lucas Nascimento explique pourquoi il a voulu hâter la cérémonie avec son compagnon : « C’est fou, non ? On pensait se marier en avril mais tout cela est arrivé et on s’est demandé ce qu’on pouvait faire. Et puis cette association a décidé d’organiser ce mariage collectif. Ils ont aidé beaucoup de gens et nous aussi. » Une militante LGBT+, Luana Hansen, craint pour la suite des événements. « Je crois que nous avons eu des moments de tolérance dans notre pays, durant lesquels les gens t’acceptaient tel que tu es. Mais désormais, les gens ne tolèrent plus rien », explique-t-elle.

D’après Arpen, une association qui enregistre les données provenant des registres d’état civil, le nombre de mariages de couple de même genre aurait fortement augmenté cette année : +25 % dans tout le Brésil et +40,7 % à São Paulo (avec 2 836 mariages enregistrés de janvier à octobre).

Selon les activistes LGBT+, son élection a libéré une parole homophobe, comme certain.e.s le confiaient à Komitid en octobre dernier. Cependant, Jair Bolsonaro pourrait-il mettre un terme au mariage pour tous les couples ? Durant sa campagne, il n’a jamais promis de mettre fin au mariage des couples de même genre, mais il a réaffirmé qu’il s’engageait à « promouvoir le vrai sens du mariage, en tant qu’union entre homme et femme ». Le texte avait été rédigé par l’organisation catholique Voto Católico Brasil et signé par le candidat. Que fera le président ? Réponse en 2019.