« Pupille », « Assassination Nation », « Ma mère est folle » : notre critique ciné de la semaine

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L'actrice trans Hari Nef incarnant un personnage trans dans un blockbuster américain, on en rêvait. C'est désormais chose faite avec la sortie de « Assassination Nation ».

L'actrice et mannequin trans Hari Nef dans « Assassination Nation »
L'actrice et mannequin trans Hari Nef dans « Assassination Nation » / DR

Pupille

Réalisation : Jeanne Herry
Drame – France – 2018
Distribution : Sandrine Kiberlain (Karine), Gilles Lellouche (Jean), Élodie Bouchez (Alice), Olivia Côte (Lydie), Leila Muse (Clara), Miou-Miou (Irène), Stefi Celma (Elodie), Amaury de Crayencour (l’acteur)

Le petit Théo nait sous X à l’hôpital de Brest. Dès son premier jour, se met en place toute une procédure qui décidera de son avenir et de celui des personnes qui espèrent l’adopter.

Note : 4/5

Ultra documentée, cette jolie histoire sur le difficile processus administratif, juridique et surtout psychologique d’une adoption plénière d’un nourrisson est terriblement touchante. Bien que ce cas de figure soit hautement improbable, et même inenvisageable en France pour une femme célibataire, on se laisse émouvoir. Gilles Lellouche en parent d’accueil débordant d’amour et Elodie Bouchez en femme en mal d’enfant sont admirables de retenue. D’ailleurs, tous les rôles, jusqu’aux plus petits, sont campés avec une grande justesse. La réalisatrice, Jeanne Herry, retrouve Sandrine Kiberlain, star de son précédent et premier film Elle l’adore. Et, détail charmant, elle dirige ici sa mère, Miou-Miou.

Assassination Nation

Réalisation : Sam Levinson
Thriller – Etats-Unis – 2018
Distribution : Odessa Young (Lily), Hari Nef (Bex), Suki Waterhouse (Sarah), Abra (Em), Colman Domingo (le principal Turrell), Bill Skarsgard (Mark), Joel McHale (Nick), Anika Noni Rose (Nance), Bella Thorne (Reagan), Maude Apatow (Grace), Cody Christian (Johnny), Danny Ramirez (Diamond)

Après qu’un hacker ait rendu publiques les données personnelles de la moitié de la ville, Lily et ses amies Bex, Sarah et Em sont prises pour cibles par les bonnes gens de Salem…

Note : 3,5/5

Vous le savez déjà, internet et les smartphones ont signé la mort de la vie privée et même de l’intimité. En quelques secondes, tous nos secrets peuvent être révélés à la planète entière (demandez à Jennifer Lawrence). Ce sanglant thriller pop et girlie est une énière mise en garde, mais est avant tout un fier majeur dressé contre la morale ambiante. Les scènes de violence ? On est blasé.e.s depuis les dingos assoiffé.e.s de meutre d’American Nightmare, même s’invitant dans un teen movie. Non, la seule véritable audace est d’avoir confié un des rôles principaux au mannequin et actrice trans Hari Nef, qui tire formidablement son épingle du jeu. Elle est LA sensation du film. Une trans incarnant un personnage trans dans un blockbuster US, on en rêvait !

Ma mère est folle

Réalisation : Diane Kurys
Comédie – France – 2018
Distribution : Fanny Ardant (Nina), Vianney Bureau (Baptiste), Arielle Dombasle (Jess), Jules Rotenberg (Nono), Patrick Chesnais (Alvaro), Ella Leyers (Elke), Quentin Minon (Miguel)

Baptiste, jeune homme tranquille, vit à Rotterdam avec sa petite amie Elke. Il voit débarquer sa mère Nina qu’il n’a pas vu depuis deux ans. Celle-ci a un plan en tête…

Note : 3/5

Diane Kurys s’est inspiré de sa relation avec son fils Sacha Sperling (également co-scénariste du film) pour orchestrer ces amusantes retrouvailles d’une mère et son grand garçon. Le ton est léger, la forme proche du road movie. L’inimitable Fanny Ardant, toute à son affaire, est délicieuse de désinvolture. Mais non, elle n’est pas folle ! elle a juste un petit grain de fantaisie. Tout le contraire du chanteur Vianey, qui, s’il n’est pas mauvais, parait bien fade à côté de sa partenaire. heureusement, les seconds rôles sont savoureux et bien dessinés, en particulier Patrick Chesnais en mafieux devenu homo. La toujours sautillante Arielle Dombasle complète le tableau de cette comédie familiale moderne.

Également à l’affiche cette semaine

Astérix : le secret de la potion magique (réalisé Louis Clichy et Alexandre Astier) : Devenant vieux, Panoramix doit chercher le jeune druide à qui transmettre le Secret de sa fameuse potion. Deuxième Astérix pour les deux réalisateurs, mais cette fois sur un scénario original non adapté d’une aventure BD du célèbre gaulois. Belle animation, humour « astien » (mais pas trop), une gentille friandise animée idéale pour cette fin d’année.

L’Exorcisme de Hannah Grace (réalisé par Diederik Van Rooijen) : L’ancienne policière Megan Reed commence son nouveau travail de nuit à la morgue. Un soir arrive le corps d’une jeune femme morte à la suite d’un exorcisme… Un petit film horrifique sans aucune originalité, mais réalisé avec suffisamment de savoir-faire pour ne pas s’ennuyer.

Marche ou crève (réalisé par Margaux Bonhomme) : À 17 ans, Elisa aimerait bien s’émanciper, mais elle doit s’occuper avec son père de sa sœur polyhandicapée. Premier film de la réalisatrice qui s’inspire de son histoire personnelle pour ce drame rude mais beau et fort. Diane Rouxel est parfaite, et Jeanne Cohendy dans le rôle extrêmement difficile de Manon est à couper le souffle.