Pourquoi des activistes LGBT+ iront se joindre aux gilets jaunes ce samedi 1er décembre

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Le groupe radical d'activistes exhorte les LGBT+ à rejoindre les mouvements antiracistes et antifascistes qui se rallient aux gilets jaunes ce 1er décembre.

Inattendu. Le Comité de Libération et d’Autonomie Queer (Claq) a publié ce jeudi 29 novembre un appel pour les « tou.te.s les Trans-pédés-bies-gouines et Queers anti-fa, autonomes, anarchistes, écolos, communistes, anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes » à se rassembler aux côtés des gilets jaunes sur les réseaux sociaux. Les militant.e.s se rallient ainsi aux positions du Comité La Vérité pour Adama, de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et de la Plateforme d’Enquêtes Militantes afin d’occuper le terrain pour, en quelque sorte, forcer la convergence des luttes dans un mouvement spontané qui s’est parfois illustré par des propos et actes racistes, islamophobes, homophobes et anti-migrant.e.s.

« Nous ne laisserons pas l’extrême droite ou tout autre mouvement politique récupérer la contestation populaire tout comme nous ne laisserons pas le gouvernement se poser en héraut libéral, défenseur de l’écologie et des minorités. Extrême-droite, ultralibéraux, centristes et gauche molle ne sont que diverses incarnations politiques d’un système autoritaire qui repose sur l’exploitation violente des dominé.e.s, quel.le.s qu’iels soient », explique le texte du Claq accompagnant l’évènement Facebook « Queers VNR en gilets jaune ».

Citant la loi travail, la loi asile-immigration ainsi que la réforme de la sélection à l’université, les membres du Claq martèlent qu’il est véritablement indispensable de se rallier aux gilets jaunes, afin d’y créer un rapport de force :  « Dans un climat de plus en plus délétère pour les trans-pédés-bies-gouines et queers, la question de notre mobilité et de notre visibilité dans l’espace public reste un véritable enjeu, ainsi que celui de notre présence dans ce cortège. Nous pensons que notre présence en son sein n’en est que plus nécessaire pour le nourrir de nos perspectives et pour permettre de nouvelles alliances ».

Une initiative qui ne met pas tout le monde d’accord

Reste que les activistes et associations LGBT+ ne sont pas toutes convaincues par la prise de position du Claq. En cause ? Le fait que cette mobilisation invisibilise la manifestation pour la trentième journée mondiale de lutte contre le sida — à laquelle le Claq a également annoncé participer — déjà peu médiatisée. Une crainte étayée par la couverture médiatique du 24 novembre dernier en ce qui concerne la manifestation #NousToutes et #NousAussi contre les violences sexistes et sexuelles. La marche a beau avoir rassemblé largement plus de manifestant.e.s que les gilets jaunes à Paris, mais au final, a été moins beaucoup moins visible que les scènes de violences qui ont eu lieu sur les Champs Élysées.

Par ailleurs, des gilets jaunes ont publié hier la liste de leurs revendications, n’étant pas toutes liées au prix du carburant. Y figurent, pêle-mêle, des propositions sur le droit du travail, celui au logement, le bien être des personnes âgées ou encore l’école (mais rien sur l’égalité femme-homme ou les droits LGBT+). Sur les réseaux sociaux, plusieurs activistes ont tiqué sur quelques unes des propositions, notamment celle-ci : « Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine ».