Mama Ru deviendrait-elle conservatrice ?

Un peu plus haut dans l'interview, RuPaul déclarait que « Le drag perd son sens du danger et son ironie lorsque ce ne sont plus des hommes qui le font », et d'ajouter « Quand des hommes le font, c'est vraiment punk, car c'est un vrai rejet de la masculinité ». Une manière d'écarter les « bio queens », terme transphobe désignant les femmes cisgenres se créant un personnage de drag queen, et les femmes trans, pourtant déjà nombreuses dans le milieu du drag. Et cette nouvelle déclaration ne passe pas. Doit-on lui rappeler qu'avant Peppermint, il y a aussi eu Monica Beverly Hills ? Que de nombreuses queens ont fait un coming out trans après RPDR, comme Jiggly Caliente, Gia Gunn ou encore Jinkx Monsoon, qui a remporté la 5ème saison, et qui se définit comme non-binaire ? Les concernées n'ont pas répondu de manière directe et frontale à ces propos très violents de la part de RuPaul. Mais quelques unes ont twitté des messages suffisamment clairs pour exprimer le fond de leur pensée.

Cette « sortie de piste » n'est pas un incident isolé

Depuis plusieurs années, des femmes trans et cis alertent sur les propos misogynes et transphobes régulièrement tenus par RuPaul. Si les fans de RuPaul's Drag Race les plus éveillé.e.s à ces questions ont du apprendre à faire la part des choses entre sa vedette et sa création (voire boycotter l'émission), on peut tout de même se demander pourquoi Ru persiste avec ce genre de propos. Et d'opinions. Est-ce par fierté ? Pour montrer qu'il ne se laisse pas intimider par les scandales ? Ou bien est-ce parce que toute publicité, même mauvaise, est bonne à prendre ? Plus de questions que de réponses. Heureusement, la bienveillance veille sur les réseaux sociaux. Passé le coup de gueule, drag queens et drag kings de tous bords rappellent l'essentiel : homme, femme, non-binaire, trans ou cisgenre, tou.te.s sont légitimes à s'emparer du drag. La sortie de Blend, hymne contre la transphobie, le sexisme et le racisme, de Peppermint et Cazwell (rappeur queer américain), ne pouvait pas tomber mieux. Quant à Jiggly Caliente, elle prévient qu'une « révolution parmi les rebelles » est en marche. Serait-ce là un avertissement en direction de RuPaul, afin qu'il cesse de s'exprimer sur ces sujets, à défaut de changer d'avis ? Nous le saurons sans doute bientôt. Une chose est sûre, on ne laissera plus rien passer." ["post_title"]=> string(84) "RuPaul fait encore une déclaration transmisogyne, les réseaux sociaux s'enflamment" ["post_excerpt"]=> string(178) "La célébrissime drag queen, à la tête de l'émission « RuPaul's Drag Race », n'en est pas à sa première controverse sur le sujet, mais ne semble pas en tirer de leçons." 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3 questions à Jonathan Thibodeau Lacasse, fondateur des spectacles « Les Drags Te Font Signe » à Montréal

Publié le

À Montréal, voici déjà trois ans que des soirées drag se font entièrement accessibles pour les personnes sourdes et malentendantes. Rencontre.

L'interprète langue des signes Mahée Blais-Bernatchez et la drag queen Tracy Trash pour Les Drags Te Font Signe - Daniel Gomez-Santiago
Jonathan Thibodeau Lacasse, drag queen à ses heures et organisateur d’événements queer par et pour les personnes sourdes et malentendantes au Québec vient de boucler la troisième édition de ses soirées « Les Drags Te Font Signe » à Montréal. Il nous raconte le pourquoi du comment de ces manifestations drag flamboyantes… et accessibles.

Quel est le principe des soirées « Les Drags Te Font Signe » ?

Les Drags Te Font Signe c’est un organisme sans but lucratif qui produit des spectacles accessibles en Langue des Signes Québécoise et dont les fonds amassés les soirs de spectacles sont versés à une organisation qui œuvre auprès de la communauté sourde. Pour l’instant, nos spectacles sont essentiellement des shows de drag queens au Cabaret Mado à Montréal, et nous en sommes déjà à notre troisième édition.

« Les fonds amassés les soirs de spectacles sont versés à une organisation qui œuvre auprès de la communauté sourde »

À quoi ressemble un spectacle accessible ? Il y a en fait deux types de numéros : une artiste drag queen qui fait sa performance et un.e artiste interprète qui l’accompagne sur le côté, ou alors, un.e artiste se déguise en drag queen et interprète elle-même ou lui-même, la chanson.

Les interprètes des chansons peuvent être des personnes sourdes. C’est une de nos valeurs de permettre plus de représentation des personnes sourdes sur scène. À ce moment-là, la personne sourde aura dans la salle un.e interprète entendant.e, qu’on appelle un miroir, pour suivre le rythme de la chanson interprétée. D’ailleurs, les paroles des chansons jouées lors du spectacle sont toujours projetées sur un écran pour permettre une meilleure accessibilité pour tou.te.s.

Depuis quand ce projet existe-t-il et pourquoi l’avoir lancé ?

L’idée de ce spectacle a démarré lorsque j’étudiais l’AEC (diplôme d’enseignement technique, ndlr) en Communication et Surdité (maintenant Communication et Études sourdes) au Cégep du Vieux-Montréal. À la première session, j’ai exécuté un travail de recherche sur ce qui était accessible pour les personnes sourdes au niveau culturel et je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien. Ainsi, à la deuxième session, j’ai décidé de mobiliser ma cohorte à créer un évènement accessible pour elles, et par le fait même, récolter de l’argent pour un organisme qui travaille auprès des concerné.e.s. C’était aussi une façon de festoyer notre fin de programme et de mettre à profit nos acquis.

« Nous avons amassé 2 232 euros pour le Centre des Loisirs des Sourds de Montréal »

Drôlement par ailleurs, il y a plusieurs personnes sourdes, malentendantes ou alliées – des interprètes, entre autres – qui font aussi partie de la communauté LGBTQ+, alors j’ai conclu qu’un show de drag queen au Cabaret Mado serait le lieu idéal. Lorsque j’ai développé cette idée pour la première fois, j’étais loin de me douter qu’il y aurait d’autres éditions ! Nous venons tout juste de terminer la troisième qui était cette année sur deux soirs et nous avons amassé 3 395 dollars (environ 2 232 euros, ndlr) pour le Centre des Loisirs des Sourds de Montréal. L’entreprise a été enregistrée en mars 2018 pour nous permettre le développement et entre autres, octroyer des salaires, car tous les acteurs et actrices du projet sont bénévoles pour l’instant.

Quels sont les retours que vous avez dans les communautés sourdes, malentendantes et queer à propos de vos événements ?

Le retour que nous avons jusqu’à présent est positif. Les sommes récoltées sont très intéressantes chaque année. Les organismes de personnes sourdes et malentendantes nous sollicitent pour d’autres spectacles de levées de fonds. Les spectateurs sont fidèles et nous partagent leur bons commentaires.
« Nous avons rendu un lieu culte LGBTQ+, le Cabaret Mado, accessible pour la première fois en 2016 »
Certains spectateurs et certaines spectatrices se déplacent durant plus de 3 heures de route pour assister au show, car ils et elles ont de l’intérêt envers ce type de soirée, mais aussi parce qu’ils et elles n’ont que très peu d’événements culturels accessibles. Ils et elles ne veulent pas les manquer lorsqu’il y en a ! Nous avons rendu un lieu culte LGBTQ+, le Cabaret Mado, accessible pour la première fois en 2016 lors de la toute première édition et c’est très apprécié de la communauté sourde.