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La Pride d'Amsterdam a aussi eu le droit à son cortège contre le pinkwashing

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Comme à Paris, des manifestants et manifestants se sont réuni.e.s contre le pinkwashing lors de la Marche des Fiertés d'Amsterdam le 4 août dernier.

Pride Amsterdam Pinkwashing
Une vue de la Pride d'Amsterdam le 4 août 2018 - ..AikiDude.. via Flickr

« Reclaim our Pride. » Difficile de nier que la Parade des canaux d’Amsterdam est devenue une institution, qui attire chaque année des milliers de néerlandais et néerlandaises et de touristes. Cette année, c’est le samedi 4 août que des centaines de péniches ont défilé dans les canaux de la ville, nombre d’entre elles aux couleurs de marques et d’entreprises privées. Et comme l’année dernière, une contre-manifestation a été organisée par des activistes dénonçant le pinkwashing.

Au final, ce sont des dizaines de manifestants et manifestantes qui se sont réunies aux abords de la Pride d’Amsterdam. Comme le note la journaliste de Buzzfeed Marie Kirschen sur Twitter, les personnes réunies avaient des slogans percutants : « Stonewall était une émeute », « Pride pas profits » ou encore « Pas de Pride dans le Pinkwashing ».

Re-politiser les marches

Les activistes avaient répondu à l’appel du collectif Reclaim our Pride (Reprenons possession de notre Pride, en français). « Alors que la Pride a commencé comme un mouvement se battant pour la liberté et la libération, elle est devenue une fête qui s’intéresse au commerce, à l’argent et au pinkwashing », expliquent les militant.e.s sur Facebook. « La célébration se fait sur le dos des personnes de couleurs, des personnes trans, musulman.e.s, handicapé.e.s et des réfugié.e.s. » 

Il faut dire que la Pride d’Amsterdam, qui s’étale chaque année sur presqu’une semaine, est devenue une institution aux Pays-Bas. Toute la ville se retrouve parée des couleurs LGBT+ et de nombreux évènements sont organisés autour de la parade. Et qui dit institutionnalisation dit, comme souvent partenaires privés. Encore plus qu’en France, la Pride d’Amsterdam compte de nombreuses entreprises et marques comme sponsors.

Un état de fait que dénoncent de nombreux.ses activistes qui souhaitent re-politiser ces évènements. C’était notamment le sens des cortèges racisé et contre le pinkwashing qui avait pris la tête de la Pride de Paris en juin dernier. Comme à Paris, la contre-manifestation d’Amsterdam n’a pas été interdite, mais les bouées licornes des manifestant.e.s ont, de façon assez mystérieuse il faut bien le dire, été confisquées par la Police.

  • enael

    Encore une fois je suis en désaccord avec l’analyse de komitid. C’est bien beau de parler de pinkwashing et de le dénoncer, mais finalement est ce que ça ne fait pas plus de mal que de bien?en grandissant j’aurais bien aimé que des marques disent que c’est normal d’être gay, même si les raisons mercantiles dernières sont évidente. En attendant, pour un jeune qui vit dans un milieu homophobe, voir que les marques pavoisent avec le rainboiw flag peut être une source de réconfort , il peut se dire qu’il n’est pas seul, et qu’il est accepté dans la société, bref, ça peut aussi faire du bien en terme de banalisation et de visibilité. C’est dommage que komitid ne parle pas de cet aspect…
    Un peu comme lors de la polémique sur le dernier film de Scarlett Johansson … Certe elle n’est pas trans, mais je reste persuadé que ce film, selon les qualité de son scénario et de la Real, aurait pu œuvrer à une plus grande visibilité et une meilleure acceptation. Un peu comme « brockeback mountain » en son temps, dont les acteurs étaient pourtant hétéros…