Pourquoi la BD d'Arte « Été » est la meilleure story Instagram que vous verrez cette saison

Publié le

La saison deux de la très jolie série d'Arte « Été » est de retour sur Instagram et parle, très justement, de sexualité, de féminisme... et de coming out posthume. Komitid a eu l'occasion de s'entretenir avec Camille Duvelleroy, l'une des co-auteur.e.s de la série.

ete Arte
L'héroïne d'Été, Olivia - Arte

« Ce qui nous intéresse c’est la trajectoire des libertés amoureuses pour les femmes. » Dit comme ça, cela peut sembler un petit peu prétentieux, mais la saison 2 de la BD d’Arte Été est désarmante de sincérité et de justesse. Disponible uniquement via Instagram, l’œuvre peut être suivie via des stories tout au long de l’été.

Créée et écrite par Camille Duvelleroy, Joseph Safieddine, Erwann Surcouf et Thomas Cadène pour Bigger Than Fiction et Arte, la première saison racontait l’histoire amoureuse d’Olivia et Abel. Le couple parisien avait décidé de se laisser un été pour vivre, et décider de continuer ou non leur histoire. Les deux avaient décidé de se quitter, après un vote des internautes.

ete story Instagram arte

« Été » disponible sur Instagram / Arte

Coming out posthume

La saison 2, commencée début juillet, se recentre plus particulièrement sur le personnage d’Olivia et aborde des thèmes un peu plus sérieux dans une œuvre qui se veut féministe et queer. On y cause, entre autre, de sexualité, de désir, mais aussi de coming out posthume, toujours avec justesse et bienveillance. À l’heure de l’écriture de ces lignes, l’héroïne est en plein road trip dans le sud de la France, sur les traces de sa grand-mère.

Un nouvel épisode est mis à disposition des 70 000 followers de la page Instagram chaque jour. Et l’utilisation du réseau social n’est pas un hasard : sons, animations, musiques et questions viennent élever le dessin de Cécile BidaultOn pense notamment à l’instant où Olivia découvre que Suzanne, sa grand-mère, n’a jamais pu aimer librement la femme dont elle était amoureuse. L’émotion est d’autant plus grande qu’une voix vient lire le coming out de la grand mère.

Komitid a eu l’occasion de s’entretenir avec Camille Duvelleroy, l’une des co-auteur.e.s de la série. L’occasion de parler de la volonté des femmes et des hommes derrière Été, de l’importance d’être juste dans son propos… et du futur de la série.

Komitid : La première saison parlait du couple formé par Olivia et Abel. Pourquoi avoir fait le choix de mettre Olivia au centre de cette deuxième saison ?

Camille Duvelleroy : À la base Été, on veut que ce soit des sujets d’aujourd’hui abordés par des personnages de fictions. On a envie de parler d’amour, d’engagement… de choses assez simples mais qui sont assez complexes aussi. On a voulu se centrer sur elle assez rapidement, on s’est plus projetés sur elle. Il y avait tellement de choses autour des femmes lors de notre écriture que ça a vite été une évidence.

L’idée du road trip pour nous, c’est une vrai histoire d’été. On a eu l’idée de sa grand-mère, parce que l’on voulait penser à ces trajectoires de femmes, on abordera également le personnage de la mère d’Olivia. Toutes ces histoires, en fait, se font écho entre elles et questionnent le chemin amoureux d’Olivia.

Suzanne, la grand-mère d’Olivia, fait son coming out posthume via une lettre. Avez-vous une attention particulière par rapport à cette histoire, vous êtes vous un peu renseignée ?

J’ai déjà fait un documentaire sur le coming out, c’est un sujet que je connais bien, d’autant que j’ai fait mon propre coming out à 19 ans. Thomas a écrit plusieurs personnages LGBT… C’est un sujet sur lequel il est à l’aise. Ce sont des sujets que l’on connait donc bien personnellement.

« Ce sont des sujets que l’on connait donc bien personnellement. »

Politiquement, ce qui m’intéressait avec le fait de parler d’une femme dans les années 1950/60, c’était aussi de montrer l’évolution de la société sur cette question. L’idée de dire, c’était comme ça avant, ça peut l’être encore maintenant et de voir que Olivia, qui est un personnage hétérosexuel, c’est l’amour qui l’interpelle d’abord. C’est ce qui la gêne : qu’un homme ou une femme soit empêchée de vivre une histoire d’amour.

On sent une forte justesse dans la caractérisation des différents personnages féminins…

C’est ce que l’on essaye de faire. On ne veut pas être dans les travers de représentation des femmes. On fait attention. On veut des beaux personnages. Et d’ailleurs Abel va lui aussi avancer sur la saison 2.

Peut-on déjà espérer voir une saison 3 poindre le bout de son nez l’été prochain ?

Nous on a envie (rires). Si ça continue à marcher comme ça, ça serait trop bête de s’arrêter. En plus on a déjà quelques idées pour la suite. J’espère, il faut juste qu’Arte dise oui !

Arte