Du Brouet, Porte, ORLAN : 3 noms, 1 femme

Née 1947 à Saint Etienne, son vrai nom est un secret bien gardé car elle s’applique à brouiller les pistes… Mireille Suzanne Francette Porte pour les uns, Paulette du Brouet pour les autres, elle aime raconter qu’elle a choisi le pseudonyme d’ORLAN au début des années 70 (écrit en majuscules s’il vous plaît) pour qu’il soit impossible de la situer en genre, homme ou femme, et que ce changement de nom lui a permis de renaître en se créant soi-même. Adolescente rebelle, passionnée de poésie, de danse, de théâtre et d’histoire de l’art, elle se forme au conservatoire d‘art dramatique et des Beaux-Arts de sa ville natale. Peinture, sculpture, installation, performance, photographie, image numérique, biotechnologie… cette touche-à-tout va expérimenter tout au long de sa carrière, toutes les formes d’art, pourvu qu’ils soient en adéquation avec son engagement personnel tout en étant sensationnels et provocants. Féministe très investie dans la lutte contre la violence faite au corps (et celui des femmes en particulier), elle se questionne dès son plus jeune âge sur l’influence que peuvent avoir les pressions politiques, religieuses ou sociales sur l’enveloppe charnelle.

Son corps au service de l’art

Elle va faire de son corps le support principal de son art et se faire remarquer dès l’âge de 17 ans pour sa série de photos « Body art » où elle accouche d’elle-même. Commencent à cette même période ses performances : elle parcourt le plus lentement possible un trajet entre 2 points distincts (elle conceptualise la perception d’un lieu avec le comportement du corps) ou embrasse qui veut pour 5 francs durant la FIAC de 1977 (« Le baiser de l’artiste ») en créant le scandale. Elle ne se mariera jamais, elle en est convaincue. Elle succombera pourtant en 1993 à l’historien de l’art Stéphane Napoli. Les draps de son trousseau, elle va les utiliser autrement que pour sa dot. En s’y enroulant, elle se réincarne en sainte ORLAN et propose « Le drapé - Le baroque » où, travestie en Madone elle enchaîne durant 5h les actions au ralenti. Dans les années 90 ses performances chirurgicales sont sans nul doute les plus polémiques : le bloc devient son atelier avec 9 interventions en moins de 2 ans. Méprisant ouvertement tous les diktats de la beauté, elle s’autorise le droit de transformer son visage pour le défigurer puis le refigurer. Elle se fera notamment implanter 2 prothèses malaires en silicone sur chaque côté de son front, telles 2 petites cornes qu’elle maquillera souvent pour les rendre encore plus visibles. Elle veut être libre de réaliser son autoportrait et gérer ses propres choix esthétiques.

Artistes et Robots

Intelligence artificielle, communication 2.0, automatisation des tâches…Dans un monde où les humains ont été pris à leur propre jeu, l’art veut témoigner à son tour de cette mutation sociale et de l’impact des nouvelles technologies sur l’Humain : l’art robotique est en route au Grand Palais jusqu'au 9 juillet ! ORLAN y présentera sa dernière création « L’ORLANOÏDE », un robot hybride humanoïde, sosie d’elle-même, où elle parle, chante, et propose un strip-tease électronique et verbal se démultipliant à l’aide de miroirs : une compilation d’intelligence collective et sociale à la pointe de la technologie. Reine de la provoc, un homme ne sort pas indemne d’une rencontre avec elle ; une femme, aussi féministe soit-elle, s’interroge sur ses vraies motivations. Elle effraie, dégoûte…, mais a le mérite d’interpeller sur la position de la femme dans nos sociétés modernes et a d’ailleurs reçu à ce titre de nombreuses récompenses : Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de l’ordre du mérite, Grand prix de l’E-réputation ou encore le Grand Prix international de l’excellence féminine qui lui a été décerné l’an dernier. Et simplement pour ça, merci MADAME !" ["post_title"]=> string(32) "ORLAN : l'extraterrestre humaine" ["post_excerpt"]=> string(117) "ORLAN s'expose au Grand Palais jusqu'au 9 juillet. L'occasion rêvée de tirer le portrait d'une artiste iconoclaste." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(14) "orlan-portrait" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-02 16:21:31" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-02 14:21:31" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5292" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15280 (24) { ["ID"]=> int(2647) ["post_author"]=> string(2) "15" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-26 12:39:34" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-26 10:39:34" ["post_content"]=> string(5606) "Un conte de fées moderne avec une réussite insolente de son héros… la story de Subodh Gupta, artiste plasticien de 54 ans, est de celle- là. Aujourd’hui mondialement connu et reconnu dans le monde de l’art, cet homme au parcours exceptionnel a su défier toutes les lois d’un destin pourtant tout tracé.

Une blessure d’enfance où il va puiser sa force

Subodh Gupta a vu le jour il y a 54 ans dans un État pauvre et reculé du nord de l'Inde, le Bihar. Elevé dans une famille soudée et nombreuse, son enfance va se dérouler dans un petit village au sein d’une famille aimante. Cet équilibre familial va pourtant se briser brutalement à l’âge de 11 ans avec la disparition du patriarche, laissant la famille dans une grande détresse morale et financière. Avec une âme d’artiste déjà bien forgée, le jeune Subodh rejoint, adolescent, une troupe de théâtre au sein de son village, où il va travailler en tant qu’acteur tout en rêvant de décors de cinéma et de productions « Bollywood ». C’est finalement vers la peinture qu’il va se tourner. Il poursuit ses études au Collège des Arts de Patna durant 2 ans au cours desquels vont alors s’enchaîner rencontres fortuites et déterminantes pour son avenir. Proposition d’un job dans un journal de la capitale indienne, obtention d’une bourse d'initiative financée par le gouvernement doublée d’une mise à disposition d’un espace de création pour développer son art. C’est également à New Delhi qu’il fera la rencontre de son âme sœur, Bharti Kher, elle-même artiste, qui l’initiera à d’autres formes d’art et deviendra sa femme et la mère de ses deux enfants.

Un homme à la volonté de fer

Sculpture, performance, vidéo, photo ou installation, il multiplie supports et disciplines pour décrocher sa première exposition internationale au Japon en 1999 à la Triennale de Fukuoka. Il y présente une œuvre décalée « 29 matins », constituée de petits bancs de bois décorés symbolisant 29 jours de sa vie : une entrée dans la cour des grands qui lui confère aujourd’hui une côte sur le marché de l’art équivalente à celle des artistes contemporains les plus prisés tels que Jeff Koons, Damien Hirst ou Takashi Murakami. La même année il exposera également en France en répondant à l’invitation du Centre d’art contemporain de Sète. Vont suivre de nombreuses expositions internationales : Australie, États-Unis, continent asiatique ou capitales européennes avec une affection toute particulière pour Paris où il sera décoré en 2013 des insignes de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres. Subodh Gupta s’inspire dans toutes ses œuvres de ses racines indiennes : us et coutumes de son pays, réinterprétation des objets du quotidien (ustensiles de cuisine, vélos, seaux ou boîtes de conserve...) avec une préférence pour tout élément en fer, acier inoxydable, cuivre. Savant mélange d’articles hétéroclites et de références spirituelles, il crée des œuvres monumentales mélangeant tradition et modernité, tout en témoignant de la place prépondérante qu’occupe la spiritualité en Inde. [caption id="attachment_2669" align="aligncenter" width="1300"]Subodh Gupta Monnaie de Paris Subodh Gupta, Very Hungry God, acier inoxydable, 2006. PINAULT COLLECTION - Photo : © Subodh Gupta[/caption]

La consécration en France : rétrospective organisée par la Monnaie de Paris

A vos agendas ! Du 13 avril au 26 août 2018, Subodh Gupta est mis à l’honneur par la Monnaie de Paris qui organise la première rétrospective en France de l’artiste indien. Toiles, sculptures, installations, vidéos ou moulages, l’exposition s’articulera autour de 6 axes :
  • Le Langage du commun
  • Vanité insatiable
  • There is always cinema
  • Les Dieux sont dans la cuisine
  • Voyage et exil
  • Corps célestes
Il joue avec des objets familiers emblématiques de l’Inde, souvent destinés à la cuisine (casseroles, boîtes, couverts...), et s’amuse à les libérer de leur fonction première pour les assembler, les mouler et réaliser des œuvres à l’échelle démesurée. Parallèle établi entre nourriture du corps et celle de l’esprit, il véhicule grâce à son art des messages sociétaux, environnementaux ou… subliminaux en faisant toujours référence à ses origines. Entre Very Hungry God - son œuvre majeure, propriété de François Pinault (un crâne géant en acier et casseroles d'aluminium) -, les sculptures moulées en métal Two Cows (2003), la vidéo Seven Billion Light Years (2016), ou encore de nouvelles productions telles que Unknown Treasure (2017), cette exposition plongera le public au cœur de « l’univers Gupta », reconnaissable au premier coup d’œil. Artiste déjanté pour certains, véritable génie pour d’autres, il ne laisse toutefois pas insensible. Au travers de cette exposition, entre Paris, l’Inde et le cosmos où il se ballade parfois, le mystique Subodh Gupta nous promet un voyage où l’art devient langage universel et où sa devise « L’art est une croyance » prend tout son sens. Exposition à ne rater sous aucun prétexte !" ["post_title"]=> string(33) "Subodh Gupta, l’Iron Man indien" ["post_excerpt"]=> string(180) "La Monnaie de Paris organise la première rétrospective de Subodh Gupta en France. L'occasion rêvée pour brosser le portrait d'un des plus grands artistes indiens contemporains." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(29) "subodh-gupta-monnaie-de-paris" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-26 17:59:11" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-26 15:59:11" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=2647" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Gustav Klimt : Exposition immersive à l'Atelier des Lumières

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À l'occasion du centenaire de la disparition de Gustav Klimt, l'Atelier des Lumières nous offre une incroyable plongée au cœur des tableaux du célèbre peintre viennois.

Atelier des Lumières
© Culturespaces / E. Spiller

L’Atelier des Lumières, nouveau centre d’art numérique récemment ouvert à paris, inaugure sa toute récente ouverture avec une exposition immersive au sein de l’art viennois et notamment en plongeant dans l’univers du célèbre peintre Gustav Klimt.

À l’occasion du centenaire de sa disparition, l’ancienne fonderie datant de 1835 nous propose sur plus de 3 000 m2 une plongée au sein des plus grandes oeuvres de la scène artistique viennoise.

Une installation unique au monde

Bruno Monnier, directeur de l’Atelier des Lumières et déjà connu pour avoir développé les Carrières des Lumières à Baux-de-Provence, nous parle d’une installation unique : 130 vidéoprojecteurs sont ici utilisés pour projeter les oeuvres sur une bande sonore poétique.

Les réalisations emblématiques de Klimt sont projetées et animées sur des murs de 10 m de haut et sur le sol. Tapis de fleurs, femmes parées de dorure, paysages, tous nos sens sont en éveil.

L’exposition propose aussi les oeuvres de Egon Schiele et Friedensreich Hundertwasser, largement influencés par Gustav Klimt. Des représentations lumineuses dansantes bercées de musique pour parfaire l’immersion totale.

Les oeuvres

Figure emblématique de la Vienne impériale de la fin du XIXème siècle, Gustav Klimt s’y est fait connaitre pour avoir notamment décoré des monuments de la Ringstrasse, centre historique de la capitale autrichienne.

Chef de file de la sécession viennoise, il a contribué au renouveau de l’art autrichien et à l’ouverture vers la peinture moderne. Ses dorures et ses motifs décoratifs ont contribué à faire de Klimt un pionnier de cette nouvelle ère artistique viennoise.

Retraçant un siècle de peinture viennoise, l’exposition immersive pose un oeil nouveau sur les tableaux de Klimt et ses héritiers, dans une mise en scène haute en dorures et en couleurs.

Grâce à cette installation ambitieuse, l’expérience s’en trouve totalement bouleversée : notre rapport aux oeuvres est repensé, les tableaux sortent de leurs cadres, l’exposition ne se contente pas de s’admirer, elle se vit.

Une exposition à voir jusqu’au 11 novembre 2018.