« Le changement de clientèle se ressent plutôt dans la vente au détail qu’au global », analyse Robert Sanz, directeur commercial de la marque Barberini. « En cinq ans on a vu des couples d’hommes où l’un prenait une robe, et l’autre, un costume, par exemple. Parfois, deux costumes. », continue-t-il, avant de dire que chez lui non plus, la com n’a pas évolué. « On n’a pas adapté l’offre. Comme elle n’est pas axée que sur les couples normaux enfin euh…. Il hésite, je suggère : « hétéros ? », « oui, hétéros, pour autant ! La transition s’est faite toute seule, c’est logique ».
« (...) on a fait le choix de rester neutres pour ne pas choquer nos clients »
En matière de représentations, tout le salon flotte dans une imagerie hétéro hégémonique. Sur le stand de Guy Laurent, un responsable pose, enfin, les choses telles qu’elles sont « Nous n’avons pas adapté notre communication, on a fait le choix de rester neutres pour ne pas choquer nos clients ». En 2018, la neutralité est donc toujours hétérosexuelle. Parmi la grosse centaine de marques représentée sur l’évènement, répartie sur un peu plus de 60 stands et listée sur une brochure, une seule laisse apparaître une porte entrouverte aux couples de même sexe dans sa communication digitale.

Marché du mariage pour tou.te.s : une affaire de communication ?

Hors des plus grandes instances commerciales du mariage, les retours sont assez tièdes aussi. « Depuis 2015, date de démarrage de mon activité de photographe, je n’ai eu que de rares demandes pour des mariages gays ou lesbiens, et n’ai couvert qu’un seul mariage gay. », confie Angelyn, photographe. « J’aimerais pouvoir en faire plus. Il est vrai que je n’ai pas encore communiqué sur le sujet. Les seuls clients que j’ai eu sont arrivés jusqu’à moi par un effet de bouche à oreille, ayant apprécié mes photos de couples hétéros. » Même son de cloche chez Elodie Pecquerie, wedding planneuse : « J’ai eu plusieurs demandes de couples de femmes, environ une dizaine. J’ai eu de plus en plus de demandes mais là, j’ai la sensation que ça se calme un peu, on atteint une sorte de vitesse de croisière. Il n’y a pas eu de « boom » du mariage pour les couples d’hommes et les couples de femmes. », déclare la responsable de La Fabrique à Mariage, précisant qu’elle non plus n’a pas changé sa manière de communiquer. Elle rajoute pourtant que lorsqu’on la contacte, couples d’hommes et de femmes lui demandent si leur orientation sexuelle est un problème. « C’est un marché porteur, ça va se normaliser chez les pros. Mais on est en France, et le mariage pour tous reste encore un tabou. », conclut-elle. Karine Puech, photographe toulousaine, elle-même en couple avec une femme depuis 10 ans, confie que sa clientèle queer lui a fait part de son « soulagement de pouvoir se tourner vers une personne concernée » pour leur mariage. [caption id="attachment_4417" align="alignnone" width="730"]Photo d'un mariage gay par Karine Puech Photo du mariage de Bruno et Nicolas, mariés le 03.06.2017- Karine Puech[/caption] C’est pour cette raison que de petits business communautaires se sont développés, depuis 5 ans, comme Mon Mariage Gay, réseau de wedding planneurs et wedding planneuses implanté dans le Gard et l’Hérault depuis 2014. Cédric Yépes-Sans, le fondateur, explique qu’il lui arrive de recevoir des demandes d’Île-de-France, mais aussi d’une clientèle gay et lesbienne expatriée, qui ne peut pas se marier dans son pays de résidence. « Lorsque la loi est passée en 2013, j'ai commencé à en parler à différents partenaires, notamment des responsables de salles : la plupart étaient très ouverts, intéressés face à cette nouvelle clientèle, souvent plus raffinée, avec un budget intéressant. Mais une minorité de contacts a catégoriquement refusé ce type de demandes, quitte à perdre en chiffre d'affaires. », raconte Cédric Yépes-Sans. « À la rigueur je préfère quand c'est énoncé clairement car on sait à quoi s'en tenir, alors que d'autres, pas très gay friendly, auraient eu tendance à accepter les demandes pour l'argent, mais leur accueil n'aurait pas été bon. C’est ce qui m’a motivé à monter mon propre réseau de partenaires, qui étaient sensibles à la cause, pour que les client.e.s soient toujours bien accueilli.e.s, à l'abri de toute réflexion homophobe ou lesbophobe. »

Les entreprises LGBT+ et « gay friendly » sont optimistes

Quelques entreprises de l’économie du mariage, bien que généralistes, ont toutefois fait le choix d’ouvrir la porte à une clientèle non-hétérosexuelle après l’entrée en vigueur de la loi de 2013. Alexandre Timon, de Dragées Anahita, prestataire spécialisé dans la confiserie nuptiale traditionnelle situé dans le Val-d’Oise, affirme qu’il n’y a pas eu de flagrant « avant/après » le mariage pour tous les couples. « Pour nous, ouvrir une page dédiée aux mariages gays et lesbiens en 2014 était logique », poursuit-il. « Il est difficile de quantifier les demandes, puisque certains clients gays et certaines clientes lesbiennes achètent nos produits hors de notre page « mariage gay ». Quoi qu’il en soit, notre démarche n’était pas mercantile, c’est simplement que cela nous semblait juste ». Il précise que cette décision n’a pas fait de débat en interne et que « si une frange de la clientèle ne veut plus commander chez nous à cause de cet onglet, tant pis pour elle. Tout comme on n’arrêterait pas nos produits dédiés aux mariages juifs ou musulmans s’il y avait une protestation à ce sujet. » Retour similaire à Saint-Barthélémy-d’Anjou, chez Faire Parts de France, qui a également une catégorie dédiée aux annonces de cérémonies gays et lesbiennes. Jérémie Chevalier, responsable communication de l’entreprise, confirme que ce choix n’a soulevé aucune opposition au sein des équipes, d’autant qu’elle compte des personnes concernées, et que la société est donatrice de l’association Aides. « Le démarrage a été tout doux mais là, de plus en plus, on sent que ce ne sont plus de petites cérémonies. Ça n’a pas été une explosion pour autant, c’est un petit plus. On ne peut pas dire que ça change le chiffre d’affaires, mais c’est une clientèle agréable et assez classique dans ses choix. On a pu voir que nos faire-parts sertis du drapeau rainbow n’étaient pas les plus populaires, par exemple. »

Qui dit mariage, divorce ?

De nombreux interlocuteurs et interlocutrices contacté.e.s par Komitid dans le cadre de cette enquête n’ont eu de cesse de répéter que la clientèle lesbienne et gay est « comme les autres » pour expliquer leur choix de ne pas adapter leur communication au mariage pour tou.te.s. Là où ils et elles ont entièrement raison, c’est en ce qui concerne le divorce. « Je n’ai pas noté de « vague » de divorce », rapporte Florent Berdeaux, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit des familles et membre de la Commission Juridique de l'Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL). Voilà de quoi rassurer certain.e.s prédicateurs et prédicatrices de mauvaise augure qui promettaient que cette avancée sociale résulterait forcément en un déferlement de séparations légales, une fois la fête terminée et le « caprice » égalitaire passé.
« Je n’ai pas noté de « vague » de divorce »
« Cela ne change pas mon activité du tout », poursuit Me Berdeaux. « Les clients LGBT recherchent autant ma compétence en tant que spécialiste en droit de la famille que mes clients hétéros. En revanche, les clients LGBT viennent chercher et trouver à mon cabinet une écoute, une attention et une meilleure sensibilité. Ils ont beaucoup moins à expliquer leur vie qu’ils n’auraient peut-être à le faire avec un confrère ou une consoeur moins informé.e. » Un témoignage qui confirme la nécessité d’une plateforme comme Avocats Gay Friendly, qui recense les expert.e.s juridiques concerné.e.s par les questions LGBT+, ou allié.e.s. Pour autant, il ne s’agit plus d’une recherche d’expertise et de bienveillance de la part d’une clientèle homosexuelle que d’un business à part entière. « Dans tous les pays où le mariage gay a été ouvert, le divorce LGBT suit exactement les mêmes statistiques que les divorces hétéros », assure Florent Berdeaux. « Pour l’instant, ils sont proportionnellement aussi nombreux, aussi violents parfois, aussi amiables parfois, que les divorces hétéros, et portent autant sur les disputes d’argent, d’adultère, ou d’enfant les uns que les autres ! ».

Le mariage reste, pour l'instant, une institution profondément hétérosexuelle

« On a de nouveaux clients et de nouvelles clientes, forcément, il y en a de plus en plus », affirme Nathalie Bonnassie, fondatrice de Nat Agency. Celle qui organise chaque année le Salon des Futurs Mariés du Val d’Europe rapporte elle aussi ne pas avoir changé sa com’ : « Je pense que la communauté ne veut pas être sectarisée, elle vient à nous naturellement ». Elle précise néanmoins que les clients gays et les clientes lesbiennes qui l’avaient contactée avaient pris le soin de la prévenir de leur particularité, laissant clairement sous-entendre une appréhension dans la démarche vers une entreprise qui n’affirme pas son soutien aux mariages pour tous et toutes. « Ça n'a pas changé complètement mon travail, poursuit-t-elle, j'ai un peu plus de clientes femmes. J'en ai fait cinq depuis cinq ans, trois couples de femmes, deux couples d'hommes, et encore un bientôt. Ça ne s'est pas vraiment ressenti sur le chiffre d'affaires, depuis le temps. D’ailleurs, le Salon du Mariage pour Tous a été un fiasco total en 2013. » Une conclusion qui a de quoi laisser perplexe. La faible proportion de mariages serait-elle due au manque de communication, et de représentations, de la part des nombreux acteurs et actrices de l’économie nuptiale ? Ou bien au fait qu’au-delà de son image hétérocentrée, le mariage reste une institution très hétérosexuelle ?
« L’effervescence escomptée n’a pas été au rendez-vous. »
La photographe Karine Puech regrette le faible engouement de sa communauté pour le mariage depuis le vote de la loi « Honnêtement, l’ouverture du mariage à tous les couples n’a pas vraiment changé mon activité. Au début je me disais « ça va décoller », mais l’effervescence escomptée n’a pas été au rendez-vous. Depuis cinq ans, j’ai couvert cinq mariages, sur 15 à 20 mariages que je photographie en tout chaque année. Dans mon propre entourage, je constate que les couples d’hommes et de femmes ont plutôt choisi de se pacser. » « Tous les couples n'ont pas forcément eu envie de se marier du jour au lendemain avec le passage de cette loi », confirme Cédric Yépes-Sans de Mon Mariage Gay. Mais pour celles et ceux qui prennent la voie du contrat de mariage, il note que « La plupart des demandes restent très classiques, même si j'essaie parfois de pousser un peu pour que ma clientèle se démarque d'un mariage hétéro. Mais celles et ceux qui se marient ont plutôt tendance à rester très classiques, et s'ils et elles pouvaient, iraient à l'église. » « Il y en a aussi beaucoup qui continuent de se pacser, car le mariage reste compliqué, notamment sur le plan administratif, poursuit l’organisateur de cérémonies de noces, ce qui ne les empêche pas de faire appel à un wedding planner pour organiser une grosse soirée pour célébrer ça pour autant. On a des demandes pour des cérémonies laïques, type mariage, même pour des Pacs ». Le wedding planner précise néanmoins avoir eu des retours de personnes qui auraient « lâché l’affaire », face à un accueil trop hétéronormé et « pas toujours bienveillant ». Acteurs et actrices de l'économie du mariage savent désormais à quoi s'en tenir s'ils et elles tiennent à transformer l'essai d'ici le 10ème anniversaire du mariage pour tous. " ["post_title"]=> string(77) "Mariage pour tous : 5 ans plus tard, il marche... mais n’est pas un marché" ["post_excerpt"]=> string(197) "Cinq ans après l’ouverture du mariage à tous les couples, le paysage de l’économie nuptiale ne semble pas vraiment changé. Komitid a mené l’enquête pour comprendre ce faible engouement." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(30) "mariage-pour-tous-5-ans-marche" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-23 17:03:18" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-23 15:03:18" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4276" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15279 (24) { ["ID"]=> int(3634) ["post_author"]=> string(1) "5" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-11 12:33:09" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-11 10:33:09" ["post_content"]=> string(2948) "Tout commence comme un conte de fée. Un jour, Lucas La Rochelle, designer de son état, passe devant un arbre dans le parc Jeanne Mancé de Montréal et se souvient. C'est sous cet arbre qu'iel (Lucas se définit comme non-binaire) a rencontré son premier amour et sous cet arbre qu'iels se sont engueulé.e.s pour la première fois. Dans un entretien au site CityLab, il dit se souvenir de son trajet en vélo qui a suivi cette rencontre avec l'arbre :  «  je me suis remémoré dans ma tête tous les autres endroits, les objets, les bâtiments qui avaient accueilli mon sentiment queer ». Lui vient alors une idée : et si il existait d'autres endroits comme celui-ci ? Voilà le début du projet Queering the map : une carte interactive offrant à tous et à toutes d'inscrire des moments sur une mappemonde. Des lieux où les gens se sont aimés, se sont découverts, mais aussi (et c'est plus rare) des lieux où ils ont été insultés. Après Montréal, qu'il nomme avec une justesse historique Tiotia:ke (le mot utilisé par la tribu native Kanien’kehá:ka), Lucas La Rochelle a vite remis son projet dans les mains du Monde. Sa carte s'est enrichie en quelques mois de milliers d'entrées (plus de 5 000), au milieu des océans et des déserts, des villes et des patelins.

Petits exemples :

à Port Saïd (Egypte) : « la vérité c'est que je suis jamais allé.e en Egypte. Ma famille est de Port Saïd et nous sommes parti.e.s en tant que refugié.e.s avant ma naissance. Personne n'est revenu. Mais je suis trans et ma famille est de Port Saïd et veut que le monde entier sache qu'on existe ». à Chongqing (Chine) : « un soir dans notre appartement peuplé de queers dominant la ville : des murs peints en rose, les odeurs de hot-pot et notre lessive qui séchait dans le jardin » à Toulouse (France) : « premier date Grindr, on s'est drogués, ça a dégénéré en threesome fisté » à Vik i Myrdal (Islande) : « c'est là où je devais demander en mariage mon/ma partenaire de 5 ans ; un mois avant le voyage on a rompu. J'ai enterré la bague dans le sable, à l'endroit parfait, dans l'espoir qu'un autre couple trouve l'amour là bas » au milieu de l'Atlantique : « j'ai fait mon coming out non binaire à mes parents pendant un vol international en 2014, au milieu de l'ocean. Ma mère a pleuré. » N'est-ce pas mignon ?    " ["post_title"]=> string(74) "Vous aussi, venez inscrire vos moments de vie queer sur une carte du monde" ["post_excerpt"]=> string(227) "Un.e jeune designer québécois.e a créé une carte du monde pour documenter tous les petits moments de nos vies LGBT+. Coming outs, premiers baisers, engueulades et souvenirs, c'est mignon à en crever (et c'est en anglais). " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(19) "queer-carte-moments" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-27 10:54:18" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-27 08:54:18" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=3634" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

La Thaïlande pourrait bientôt légaliser les unions civiles pour les couples de même sexe

Publié le

Le gouvernement veut donner aux couples homos les même droits qu'aux couples hétéros, sans utiliser le mot « mariage ». Si cette mesure est adoptée, la Thaïlande deviendrait le premier pays d'Asie du Sud-Est à reconnaître les couples de même sexe.

Des passants attendant l'égalité à un passage piéton de Bangkok
Des passants en train d'attendre l'égalité à un passage piéton de Bangkok - Evan Krause / Unsplash

La Thaïlande est-elle en passe de donner une reconnaissance officielle aux couples de même sexe ? Le pays pourrait devenir le premier d’Asie du Sud-Est à légaliser les union civiles. Si tout se passe bien, un projet de loi devrait être présenté par le ministre de la Justice du pays le 4 mai prochain.

La mesure, si elle est ensuite adoptée par le parlement thaïlandais, permettra aux couples de même sexe de s’enregistrer comme « partenaires de vie ». La loi devrait, selon The Telegraph, offrir « les mêmes garanties » que le mariage, qui sera toujours réservé aux couples hétérosexuels.

Reconnaissance

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement thaï tente de légaliser une mesure de ce type. En 2013, une proposition de loi portée par Wiratana Kalayasiri avait été présentée, mais son adoption avait été arrêtée par le coup d’état militaire de 2014.

Reste que, comme l’explique Lieu Anh Vu, le coordinateur Asie de l’Ilga au Telegraph, la communauté LGBT+ a besoin de garanties : « La société civile craint que ce projet de loi ne garantisse pas la même protection aux couples de même sexe qu’aux hétérosexuels : il est important de s’assurer que tous les couples soient reconnus comme étant égaux devant la loi. »


Comme le rappelle Slate, les choses bougent progressivement pour les droits LGBT+ en Asie. En plus de la Thaïlande, Taiwan va devoir légaliser le mariage pour toutes et tous avant mai 2019. Sauf si un référendum sur la question est organisé entre temps, comme le souhaite les opposants.