Et étant donné que le sperme n'est pas analysé en amont, mieux vaut faire un test sanguin en laboratoire ou centre de santé sexuelle pour s'éviter une potentielle infection sexuellement transmissible lors de la manip'.
Pas de panique, il existe des tutos en ligne.
Si la méthode artisanale ne fonctionne pas, c'est peut-être parce qu'il s'agit du mauvais donneur. Celui-ci peut avoir des problèmes de fertilité, ou bien ne pas être compatible avec la personne qui souhaite tomber enceinte. Il faut tenter plusieurs auto-inséminations - dans l'idéal à mi-cycle - soit 14 jours après l'arrivée des règles. Au delà, il convient, après examens médicaux, de penser à la procédure médicale de Fécondation in vitro (FIV).

Pour celles et ceux qui doivent avoir recours à un don de gamètes : la Procréation médicalement assistée (PMA) 

- Par Insémination avec donneur (IAD)

L'insémination avec donneur implique une prise en charge médicale et un don de gamètes. Pour ce faire, les Français.es se rendent principalement en Espagne ou en Belgique. D'autres poussent jusqu'au Danemark, aux Pays-Bas, aux États-Unis. Chaque pays a une politique différente concernant le choix du donneur ou l'accès aux données personnelles. C'est une procédure médicalement simple, mais les couples doivent auparavant être suivis par un ou une gynécologue LGBT+ friendly, qui accompagnera la démarche en amont et en aval (pour la prescription, par exemple, d'un arrêt de travail). Après avoir choisi la clinique, par exemple sur des listes mises à disposition sur internet, et après un premier rendez-vous, le couple surveille les périodes d'ovulation et peut commencer la procédure. Le jour idoine, les paillettes de spermatozoïdes sont transférées dans l'utérus. Au delà de six IAD, il faut se résoudre à procéder à une Fécondation in vitro. Combien ça coûte ? Les fameux bébés Thalys représentent un investissement de temps, d'argent et de nerfs relativement élevés. Que l'on vienne de Paris ou de Bourg-en-Bresse, que l'on possède une voiture ou non, six tentatives c'est six allers-retours sur place. Chaque acte d'insémination coûte entre 350 et 400 euros.

- La FIV

La FIV nécessite une plus lourde prise en charge médicale, mais du courage, vous en avez à revendre. La personne qui souhaite porter le bébé doit d'abord subir un bilan hormonal pour vérifier sa réserve ovarienne, ainsi qu'une batterie d'examens pour vérifier si tout est okay. Ensuite elle suit une stimulation hormonale et une ponction pour prélever les ovules. Les embryons sont ensuite préparés en laboratoire. Certaines cliniques, en Espagne surtout, pratiquent l'ICSI (la micro injection des spermatozoïdes dans les ovules), pour favoriser la réussite de la procédure. Dans les 2 à 3 jours qui suivent, les embryons (un ou deux) sont transférés dans l'utérus receveur. Combien ça coûte ? Un traitement coûte environ 5 000 euros (suivant les cliniques) auxquels s'ajoutent les frais sur place (trajets, logement) et les coûts liés à la disponibilité nécessaires (RTT, congés) qui sont multipliés par le nombre de tentatives (cinq maximum).

- Par méthode de Réception d'Ovules par Partenaire (ROPA)

Cette méthode permet au couple de « partager » une grossesse : l'ovule fécondé d'une personne est implanté dans l'utérus de l'autre. Seuls l'Espagne et les États-Unis proposent cette option aux couples. Cela implique par contre que les deux partenaires suivent un traitement parallèle. La personne qui donne l'ovule doit suivre un traitement pour le prélèvement des ovules (type FIV). L'autre, un traitement hormonal pour préparer l'endomètre à accueillir l'embryon. Combien ça coûte ? Entre 5000 et 8000 euros selon les cliniques pour la méthode ROPA, auxquels doivent s'ajouter les trajets et les frais sur place.

Avant de sauter le pas, n'hésitez pas à consulter :

Les enfants d'Arc en ciel et l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) organise des réunions régulières dans la France entière" ["post_title"]=> string(18) "PMA, mode d'emploi" ["post_excerpt"]=> string(195) "Comment fait-on un bébé dans un pays qui n'autorise l'accès à la procédure qu'aux seuls couples hétérosexuels ? PMA, IAD, ROPA, les solutions ne manquent pas, mais sont souvent coûteuses." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(15) "pma-mode-emploi" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(74) " http://92.243.1.111/infogay/2018/02/20/pma-en-europe-la-grande-disparite/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-24 14:56:32" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-24 12:56:32" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=771" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15272 (24) { ["ID"]=> int(4318) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-23 15:01:19" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-23 13:01:19" ["post_content"]=> string(4843) "« Ça y est, il va y avoir du bazar à la maison ». Mickaël, 34 ans, et Kévin, 29 ans, mariés depuis bientôt trois ans, forment le premier couple d'hommes qui a réussi à adopter dans son département (qu'ils ne souhaitent pas renseigner). Il y a un peu plus d'un mois, ils ont accueilli une petite fille de 15 mois prénommée Sasha. La facilité et la rapidité de leur parcours sonnent comme une exception au vu du nombre très faible d'enfants adoptables en France et le peu de couples de même sexe qui ont réussi à adopter. À l'occasion du cinquième anniversaire de la loi mariage et adoption pour tous, ils ont décidé de livrer un message d'espoir aux autres couples.

Que l'on soit un couple homo ou hétéro, le parcours d'adoption est réputé très long et compliqué. Pourquoi avoir choisi l'adoption et quelles ont été vos craintes ?

Mickaël : Même si ça semble compliqué, c'est le moyen qui nous paraissait le plus simple et le moins onéreux. La gestation pour autrui (pratique illégale en France) ne nous semblait pas financièrement accessible et la co-parentalité ne nous correspondait pas. L'avantage pour nous c'est le cadre légal qu'offre l'adoption, à la fois pour l'enfant et pour nous en tant que couple. Kévin : En déposant le dossier, on est partis du principe qu'on devait essayer, comme ça on n'aurait pas de regrets. Comme on sait que l'attente peut durer quatre ans en moyenne, on s'était même projetés dans l'idée d'obtenir un deuxième agrément. On s'attendait à des questions intrusives, des choses dures alors que finalement, ça s'est fait naturellement.

Avez-vous rencontré des difficultés relatives au fait que vous formez un couple d'hommes ?

M : Au départ on a eu peur d'être jugés mais très vite, lors des échanges,  on s'est rendus compte qu'on avait face à nous des personnes ouvertes d'esprit par rapport à notre couple, et qui n'étaient là que pour nous faire réfléchir sur notre projet. Ça nous a fait beaucoup avancer, on s'est questionnés sur des sujets auxquels on n'avait pas vraiment pensé, des questions sur lesquelles nous ne nous étions pas concertés, mais qui nous ont permis de voir que l'un et l'autre, on était sur la même longueur d'onde sur la parentalité. Ça nous a permis de renforcer notre projet d'adoption.
« Les professionnels nous voyaient avant tout comme des parents »
K : Les professionnels nous voyaient avant tout comme des parents avant de nous voir comme un couple homosexuel, et on en a vu beaucoup. On s'était mis des barrières pour se protéger mais on a senti que les principales préoccupations concernaient l'intérêt de l'enfant. Trouver deux personnes équilibrées qui ont de l'amour à lui donner, tout pour l'accueillir dans de bonnes conditions et lui assurer le meilleur avenir possible. On a quand même confié à l'éducatrice spécialisée qui suit l'évolution de Sasha qu'on avait énormément de chance, elle nous a répondu : « Ce n'est pas de la chance, on ne tire pas au sort des noms, si vous en êtes là aujourd'hui, c'est grâce à ce que vous êtes. »

Ce lundi 23 avril 2018 marque le cinquième anniversaire de la loi ouvrant le mariage et l'adoption à tous les couples. À cette occasion, vous qui venez d'en apprécier les plus belles conséquences, quel message souhaitez-vous porter ?

M : En étant les premiers du département, on a l'impression d'ouvrir une porte. Ce n'est pas tant une fierté mais simplement donner de l'espoir à d'autres couples homosexuels, ouvrir le champs des possibles et les inciter à entamer les démarches. C'est aussi pour ça que l'on veut partager notre expérience, parce qu'il y a beaucoup de couples qui s'arrêtent à l'image de l'adoption comme étant quelque chose de très intrusif, de difficile et long. Nous ça a été relativement rapide et on l'a très bien vécu.
« Donner de l'espoir à d'autres couples homosexuels »
K : Tout ce qui s'est passé en parallèle de la loi, la Manif pour tous, les manifestations, toutes ces choses dégueulasses que l'on a entendu nous ont beaucoup touchés. Mais ça nous a renforcés dans notre envie d'avoir les même droits que les autres, de prouver que nous ne sommes pas différents, juste deux personnes qui s'aiment. C'est basique. Il y aura toujours des gens qui penseront différemment de nous, que ça soit dans la rue, à l'école... Sasha l'entendra forcément. Aujourd'hui, on est les premiers et nous espérons ne pas être les derniers." ["post_title"]=> string(101) "3 questions à Mickaël et Kévin, le premier couple à avoir adopté un enfant dans son département" ["post_excerpt"]=> string(140) "« On espère que la réussite dans notre projet va ouvrir le champ des possibles et inciter d'autres couples à entamer les démarches. »" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(34) "3-questions-mickael-kevin-adoption" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-07-03 16:28:46" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-07-03 14:28:46" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4318" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "2" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15293 (24) { ["ID"]=> int(4276) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-23 12:40:57" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-23 10:40:57" ["post_content"]=> string(18892) "Ce mois d’avril 2018, qui marque les cinq premières années de l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens, s’est installé sous un radieux soleil qui fleure déjà bon l’été. Les papillons papillonnent, les bourgeons bourgeonnent, et la presse spécialisée mariage applique avec zèle la recommandation de ne pas se découvrir d’un fil en faisant le choix de ne pas se mouiller du tout : pas de mention de cette date anniversaire dans les éditions printanières de ces publications. Encore moins de couverture. [caption id="attachment_4408" align="alignnone" width="668"]5 ans du mariage pour tou.te.s : couvertures de quatre magazines spécialisés dans le mariage 5 ans du mariage pour tou.te.s : photos de couvertures de quatre magazines spécialisés dans le mariage[/caption] « Se marier en Nouvelle Aquitaine », « D.I.Y. : toute la papeterie de votre mariage », « Fleurs, dragées, déco : les détails indispensables »… Le choix des sujets montre bien que les priorités sont ailleurs. Petit sursaut d’espoir à la lecture du titre de l’édito chez Oui Magazine… et déconfiture instantanée. Le mot « égalité » est ici employé pour dire que désormais, dans les couples hétéros, les hommes mettent eux aussi les mains dans le cambouis de l’organisation du mariage. [caption id="attachment_4412" align="alignnone" width="333"]« égalité » : édito du Oui Magazine du printemps 2018 « égalité » : édito, très hétéro, du Oui Magazine du printemps 2018[/caption]

5 ans du « mariage homo » : un décalage entre les chiffres et les mots

Y a-t-il eu si peu de mariages chez les couples de femmes, et les couples d’hommes, ces cinq dernières années, pour que le sujet manque de passer inaperçu en cette date anniversaire ? Ce n’est pas tout à fait ce qu’indique l’Insee. [caption id="attachment_4413" align="alignnone" width="496"]Évolutions des mariages et Pacs, gays, lesbiens et hétéros selon l'INSEE Évolutions des mariages et Pacs, gays, lesbiens et hétéros - Insee[/caption] Certes, passé l’enthousiasme de cette avancée pour les couples lesbiens et gays (7 367 mariages de couples de même genre en 2013, puis 10 522 en 2014), les mariages arc-en-ciel sont légèrement redescendus vers une moyenne autour des 7 000 par an. Mais ce chiffre semble se stabiliser, alors que l’on constate une nette diminution des mariages hétéros depuis 2013, qui passent de 231 225 en 2013 à 221 000 en 2017, au profit du Pacte civil de solidarité (Pacs). Tandis que le Pacs reste stable chez les gays et les lesbiennes (malgré une légère baisse en 2013). Bien que la proportion de mariages homosexuels semble moindre dans l’équation finale, il est là. Et représente en conséquence un marché, nouveau et stable, à côté des unions hétérosexuelles qui semblent perdre en vitesse.

Expédition en terre hétéro : le Salon Paris Bridal

Les 14, 15 et 16 avril derniers, le salon international de la mode mariage, Paris Bridal, a recouvert le hall 2.1 du parc des expositions Porte de Versailles d’un immense voile de dentelle blanche et de strass étincelants. Mais malgré cette scintillante promesse de féérie, le truc le plus gay de ce salon se résume à une citation d’Oscar Wilde (« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », galvaudée, comme toujours), griffonnée sur la toile d’un stand de lingerie au fond du hall.
« On y croyait, mais rien n’a changé »
Sur l’emplacement B02, une commerciale multimarques confie à propos du mariage pour tous : « On y croyait, mais rien n’a changé ». Tout en admettant, le plus naturellement du monde, ne rien avoir changé à la communication de ses boutiques depuis la promulgation de « la loi Taubira ». « Le changement de clientèle se ressent plutôt dans la vente au détail qu’au global », analyse Robert Sanz, directeur commercial de la marque Barberini. « En cinq ans on a vu des couples d’hommes où l’un prenait une robe, et l’autre, un costume, par exemple. Parfois, deux costumes. », continue-t-il, avant de dire que chez lui non plus, la com n’a pas évolué. « On n’a pas adapté l’offre. Comme elle n’est pas axée que sur les couples normaux enfin euh…. Il hésite, je suggère : « hétéros ? », « oui, hétéros, pour autant ! La transition s’est faite toute seule, c’est logique ».
« (...) on a fait le choix de rester neutres pour ne pas choquer nos clients »
En matière de représentations, tout le salon flotte dans une imagerie hétéro hégémonique. Sur le stand de Guy Laurent, un responsable pose, enfin, les choses telles qu’elles sont « Nous n’avons pas adapté notre communication, on a fait le choix de rester neutres pour ne pas choquer nos clients ». En 2018, la neutralité est donc toujours hétérosexuelle. Parmi la grosse centaine de marques représentée sur l’évènement, répartie sur un peu plus de 60 stands et listée sur une brochure, une seule laisse apparaître une porte entrouverte aux couples de même sexe dans sa communication digitale.

Marché du mariage pour tou.te.s : une affaire de communication ?

Hors des plus grandes instances commerciales du mariage, les retours sont assez tièdes aussi. « Depuis 2015, date de démarrage de mon activité de photographe, je n’ai eu que de rares demandes pour des mariages gays ou lesbiens, et n’ai couvert qu’un seul mariage gay. », confie Angelyn, photographe. « J’aimerais pouvoir en faire plus. Il est vrai que je n’ai pas encore communiqué sur le sujet. Les seuls clients que j’ai eu sont arrivés jusqu’à moi par un effet de bouche à oreille, ayant apprécié mes photos de couples hétéros. » Même son de cloche chez Elodie Pecquerie, wedding planneuse : « J’ai eu plusieurs demandes de couples de femmes, environ une dizaine. J’ai eu de plus en plus de demandes mais là, j’ai la sensation que ça se calme un peu, on atteint une sorte de vitesse de croisière. Il n’y a pas eu de « boom » du mariage pour les couples d’hommes et les couples de femmes. », déclare la responsable de La Fabrique à Mariage, précisant qu’elle non plus n’a pas changé sa manière de communiquer. Elle rajoute pourtant que lorsqu’on la contacte, couples d’hommes et de femmes lui demandent si leur orientation sexuelle est un problème. « C’est un marché porteur, ça va se normaliser chez les pros. Mais on est en France, et le mariage pour tous reste encore un tabou. », conclut-elle. Karine Puech, photographe toulousaine, elle-même en couple avec une femme depuis 10 ans, confie que sa clientèle queer lui a fait part de son « soulagement de pouvoir se tourner vers une personne concernée » pour leur mariage. [caption id="attachment_4417" align="alignnone" width="730"]Photo d'un mariage gay par Karine Puech Photo du mariage de Bruno et Nicolas, mariés le 03.06.2017- Karine Puech[/caption] C’est pour cette raison que de petits business communautaires se sont développés, depuis 5 ans, comme Mon Mariage Gay, réseau de wedding planneurs et wedding planneuses implanté dans le Gard et l’Hérault depuis 2014. Cédric Yépes-Sans, le fondateur, explique qu’il lui arrive de recevoir des demandes d’Île-de-France, mais aussi d’une clientèle gay et lesbienne expatriée, qui ne peut pas se marier dans son pays de résidence. « Lorsque la loi est passée en 2013, j'ai commencé à en parler à différents partenaires, notamment des responsables de salles : la plupart étaient très ouverts, intéressés face à cette nouvelle clientèle, souvent plus raffinée, avec un budget intéressant. Mais une minorité de contacts a catégoriquement refusé ce type de demandes, quitte à perdre en chiffre d'affaires. », raconte Cédric Yépes-Sans. « À la rigueur je préfère quand c'est énoncé clairement car on sait à quoi s'en tenir, alors que d'autres, pas très gay friendly, auraient eu tendance à accepter les demandes pour l'argent, mais leur accueil n'aurait pas été bon. C’est ce qui m’a motivé à monter mon propre réseau de partenaires, qui étaient sensibles à la cause, pour que les client.e.s soient toujours bien accueilli.e.s, à l'abri de toute réflexion homophobe ou lesbophobe. »

Les entreprises LGBT+ et « gay friendly » sont optimistes

Quelques entreprises de l’économie du mariage, bien que généralistes, ont toutefois fait le choix d’ouvrir la porte à une clientèle non-hétérosexuelle après l’entrée en vigueur de la loi de 2013. Alexandre Timon, de Dragées Anahita, prestataire spécialisé dans la confiserie nuptiale traditionnelle situé dans le Val-d’Oise, affirme qu’il n’y a pas eu de flagrant « avant/après » le mariage pour tous les couples. « Pour nous, ouvrir une page dédiée aux mariages gays et lesbiens en 2014 était logique », poursuit-il. « Il est difficile de quantifier les demandes, puisque certains clients gays et certaines clientes lesbiennes achètent nos produits hors de notre page « mariage gay ». Quoi qu’il en soit, notre démarche n’était pas mercantile, c’est simplement que cela nous semblait juste ». Il précise que cette décision n’a pas fait de débat en interne et que « si une frange de la clientèle ne veut plus commander chez nous à cause de cet onglet, tant pis pour elle. Tout comme on n’arrêterait pas nos produits dédiés aux mariages juifs ou musulmans s’il y avait une protestation à ce sujet. » Retour similaire à Saint-Barthélémy-d’Anjou, chez Faire Parts de France, qui a également une catégorie dédiée aux annonces de cérémonies gays et lesbiennes. Jérémie Chevalier, responsable communication de l’entreprise, confirme que ce choix n’a soulevé aucune opposition au sein des équipes, d’autant qu’elle compte des personnes concernées, et que la société est donatrice de l’association Aides. « Le démarrage a été tout doux mais là, de plus en plus, on sent que ce ne sont plus de petites cérémonies. Ça n’a pas été une explosion pour autant, c’est un petit plus. On ne peut pas dire que ça change le chiffre d’affaires, mais c’est une clientèle agréable et assez classique dans ses choix. On a pu voir que nos faire-parts sertis du drapeau rainbow n’étaient pas les plus populaires, par exemple. »

Qui dit mariage, divorce ?

De nombreux interlocuteurs et interlocutrices contacté.e.s par Komitid dans le cadre de cette enquête n’ont eu de cesse de répéter que la clientèle lesbienne et gay est « comme les autres » pour expliquer leur choix de ne pas adapter leur communication au mariage pour tou.te.s. Là où ils et elles ont entièrement raison, c’est en ce qui concerne le divorce. « Je n’ai pas noté de « vague » de divorce », rapporte Florent Berdeaux, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit des familles et membre de la Commission Juridique de l'Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL). Voilà de quoi rassurer certain.e.s prédicateurs et prédicatrices de mauvaise augure qui promettaient que cette avancée sociale résulterait forcément en un déferlement de séparations légales, une fois la fête terminée et le « caprice » égalitaire passé.
« Je n’ai pas noté de « vague » de divorce »
« Cela ne change pas mon activité du tout », poursuit Me Berdeaux. « Les clients LGBT recherchent autant ma compétence en tant que spécialiste en droit de la famille que mes clients hétéros. En revanche, les clients LGBT viennent chercher et trouver à mon cabinet une écoute, une attention et une meilleure sensibilité. Ils ont beaucoup moins à expliquer leur vie qu’ils n’auraient peut-être à le faire avec un confrère ou une consoeur moins informé.e. » Un témoignage qui confirme la nécessité d’une plateforme comme Avocats Gay Friendly, qui recense les expert.e.s juridiques concerné.e.s par les questions LGBT+, ou allié.e.s. Pour autant, il ne s’agit plus d’une recherche d’expertise et de bienveillance de la part d’une clientèle homosexuelle que d’un business à part entière. « Dans tous les pays où le mariage gay a été ouvert, le divorce LGBT suit exactement les mêmes statistiques que les divorces hétéros », assure Florent Berdeaux. « Pour l’instant, ils sont proportionnellement aussi nombreux, aussi violents parfois, aussi amiables parfois, que les divorces hétéros, et portent autant sur les disputes d’argent, d’adultère, ou d’enfant les uns que les autres ! ».

Le mariage reste, pour l'instant, une institution profondément hétérosexuelle

« On a de nouveaux clients et de nouvelles clientes, forcément, il y en a de plus en plus », affirme Nathalie Bonnassie, fondatrice de Nat Agency. Celle qui organise chaque année le Salon des Futurs Mariés du Val d’Europe rapporte elle aussi ne pas avoir changé sa com’ : « Je pense que la communauté ne veut pas être sectarisée, elle vient à nous naturellement ». Elle précise néanmoins que les clients gays et les clientes lesbiennes qui l’avaient contactée avaient pris le soin de la prévenir de leur particularité, laissant clairement sous-entendre une appréhension dans la démarche vers une entreprise qui n’affirme pas son soutien aux mariages pour tous et toutes. « Ça n'a pas changé complètement mon travail, poursuit-t-elle, j'ai un peu plus de clientes femmes. J'en ai fait cinq depuis cinq ans, trois couples de femmes, deux couples d'hommes, et encore un bientôt. Ça ne s'est pas vraiment ressenti sur le chiffre d'affaires, depuis le temps. D’ailleurs, le Salon du Mariage pour Tous a été un fiasco total en 2013. » Une conclusion qui a de quoi laisser perplexe. La faible proportion de mariages serait-elle due au manque de communication, et de représentations, de la part des nombreux acteurs et actrices de l’économie nuptiale ? Ou bien au fait qu’au-delà de son image hétérocentrée, le mariage reste une institution très hétérosexuelle ?
« L’effervescence escomptée n’a pas été au rendez-vous. »
La photographe Karine Puech regrette le faible engouement de sa communauté pour le mariage depuis le vote de la loi « Honnêtement, l’ouverture du mariage à tous les couples n’a pas vraiment changé mon activité. Au début je me disais « ça va décoller », mais l’effervescence escomptée n’a pas été au rendez-vous. Depuis cinq ans, j’ai couvert cinq mariages, sur 15 à 20 mariages que je photographie en tout chaque année. Dans mon propre entourage, je constate que les couples d’hommes et de femmes ont plutôt choisi de se pacser. » « Tous les couples n'ont pas forcément eu envie de se marier du jour au lendemain avec le passage de cette loi », confirme Cédric Yépes-Sans de Mon Mariage Gay. Mais pour celles et ceux qui prennent la voie du contrat de mariage, il note que « La plupart des demandes restent très classiques, même si j'essaie parfois de pousser un peu pour que ma clientèle se démarque d'un mariage hétéro. Mais celles et ceux qui se marient ont plutôt tendance à rester très classiques, et s'ils et elles pouvaient, iraient à l'église. » « Il y en a aussi beaucoup qui continuent de se pacser, car le mariage reste compliqué, notamment sur le plan administratif, poursuit l’organisateur de cérémonies de noces, ce qui ne les empêche pas de faire appel à un wedding planner pour organiser une grosse soirée pour célébrer ça pour autant. On a des demandes pour des cérémonies laïques, type mariage, même pour des Pacs ». Le wedding planner précise néanmoins avoir eu des retours de personnes qui auraient « lâché l’affaire », face à un accueil trop hétéronormé et « pas toujours bienveillant ». Acteurs et actrices de l'économie du mariage savent désormais à quoi s'en tenir s'ils et elles tiennent à transformer l'essai d'ici le 10ème anniversaire du mariage pour tous. " ["post_title"]=> string(77) "Mariage pour tous : 5 ans plus tard, il marche... mais n’est pas un marché" ["post_excerpt"]=> string(197) "Cinq ans après l’ouverture du mariage à tous les couples, le paysage de l’économie nuptiale ne semble pas vraiment changé. Komitid a mené l’enquête pour comprendre ce faible engouement." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(30) "mariage-pour-tous-5-ans-marche" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-23 17:03:18" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-23 15:03:18" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4276" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Adoption, filiation... le parcours du combattant des couples homosexuels

Publié le

Alors que l'on célèbre les cinq ans de la loi mariage et adoption pour toutes et tous, devenir parents pour les couples homosexuels reste un chemin difficile. Certaines familles homoparentales se retrouvent dans des situations très compliquées.

Adoption - familles homoparentales
Joanna Dorota / Shutterstock
Article Prémium

Cinquième anniversaire et toujours ce goût amer. La loi qui a ouvert le mariage et l'adoption aux couples de même sexe en mai 2013 a représenté un grand pas pour l'égalité des droits, mais elle a laissé de côté de nombreuses situations. Si les couples homosexuels peuvent adopter, dans les faits ils ne sont que très peu à avoir réussi : « On sait qu'il y en a eu deux, il y en a probablement eu un peu plus, mais tous ne sont pas forcément remontés à nous », avance Nicolas Faget, porte-parole de l'Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), interrogé par nos soins.

Mais comment expliquer cette faible proportion ? Des enfants abandonné.e.s par leurs parents mais non adoptables du point de vue de l'administration. « Nous sommes arrivé.e.s face à des couples hétérosexuels qui attendaient depuis plusieurs années, certains ont deux voire trois agréments déjà derrière eux. ». Ce fameux agrément, c'est le passeport pour pouvoir adopter. Il est délivré par le conseil départemental après neuf mois de procédure, entre rencontres avec des professionnel.le.s (psychologue, psychiatre...) et formulation du projet parental (âge de l'enfant, genre, pathologies, liens éventuels avec des grands-parents...) et ne reste valable que cinq ans après son obtention.

« La discrimination reste quasiment impossible à démontrer »

Que l'on soit un couple homo ou hétéro, adopter un enfant en France relève donc de l'exploit. En fonction des départements, « les ratios peuvent aller de 1 enfant pour 100, 200 voire 300 dossiers derrière qui ont l'agrément », selon l'APGL. Et si la plupart des couples homosexuels qui le demande obtient l'agrément sans grandes difficultés, c'est après que ça se corse. Les dossiers sont examinés par les conseils de famille qui œuvrent à trouver pour chaque enfant le foyer qui lui correspondra le mieux. « Les divers organismes administratifs qui sont là pour apprécier à qui confier l'enfant vont privilégier, même si ce n'est pas dit ainsi, les couples hétérosexuels par rapport aux célibataires ou aux homosexuels », avance Fabien Joly, porte-parole de l'Association des familles homoparentales (ADFH).

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous