Caitlyn Jenner en Une de «Vanity Fair»: pourquoi n’y a-t-il aucune célébrité trans’ en France? [Slate.fr]

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«Rapport à la communauté», «coût» de la transphobie pour les personnes out, blocages institutionnels à la reconnaissance des trans' ou «violence médiatique», pour Slate, les pistes d'explications sont nombreuses.

Caitlyn Jenner, Laverne Cox, Lana Washowski, Martine Rothblatt etc. Aux États-Unis, les personnes trans’ célèbres et célébrées par les médias sont de plus en plus nombreuses. Preuve d’un vent de changement. Mais, en France, personne pour visibiliser médiatiquement les personnes trans’, observe, dans un long papier, Slate.fr, alors, pourquoi ? Et d’avancer plusieurs hypothèses avec l’appuie des chercheurs/euses qui ont travaillé sur les transidentités, comme Arnaud Alessandrin ou Karine Espineira, et des militant.e.s comme Brigitte Goldberg ou Clémence Zamora-Cruz. Des spécificités culturelles américaines d’abord :

« Les raisons tiennent à la culture et à l’histoire spécifiques de chaque pays. Aux Etats-Unis, on aime les histoires (les « stories ») et les grands destins de personnes qui ont franchi de multiples obstacles, des frontières symboliques ou réelles comme celle que le pays a dû conquérir dans le Far West, à la force de ses bottes et de son lasso. (…) “Caitlyn a parlé comme une femme entrepreneuse d’elle-même, c’est un discours tout à fait américain”, fait remarquer Arnaud Alessandrin. “L’état d’esprit anglo-saxon est essentiellement une célébration de la réussite et cette réussite ne saurait gommer la différence, mais constitue au contraire une mise en valeur de cette dernière”, abonde Brigitte Goldberg ».

Mais aussi, les effets d’un rapport différent à la communauté en France :

« “Dans la société française, la notion pour le moins illusoire de l’égalitarisme républicain vise à aplanir la diversité, à la gommer, voire à la faire disparaître”, estime Brigitte Goldberg. Les États-Unis n’ont quant à eux pas peur de mettre en avant leurs “communities” (communautés), un terme convivial là-bas et qui fleure bon la proximité, l’économie locale, les grandes tablées et les échanges amicaux, quand il est synonyme de repli et de tensions chez nous ».

Ou encore les conséquences d’« violence médiatique » :

« La découverte dans les années 1970 des personnes trans’ s’est accompagnée d’une certaine bienveillance, avant d’être suivie par une phase beaucoup plus violente et stigmatisante dans les années 1980-1990. Les personnes trans’ sont alors quasi systématiquement associées à la pègre ou à la prostitution, avant que cette image ne connaisse récemment une amélioration. “Si nous n’avons pas de Caitlyn Jenner en couverture, c’est sans doute aussi parce les médias ne se sont pas bien comportés”, estime Arnaud Alessandrin. »

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