Lendemain de marche pluvieuse [Madame Hervé blogue]

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Et vous, croyez-vous aussi que la Marche a perdu de son caractère militant au fil des années?

Dans un post de blog publié quelques jours après la Marche des fiertés de Paris, Hervé Latapie (alias Madame Hervé) a partagé son amertume et sa frustration face à une marche qu’il ne reconnaît plus et pousse un coup de gueule contre la récupération de l’événement.

Il regrette l’omniprésence de chars « tristes et uniformes » (« Les plus gros sont aussi ceux qui ont le moins de choses à dire »), toujours dépêchés par les institutions et les grandes entreprises : « Qu’est-ce qu’ils font là ces gens-là ? À part soigner leur image ? Car pendant ce temps, j’ai à peine aperçu les banderoles des quelques associations qui comptent aujourd’hui et font avancer nos combats.

Où était le char des trans ? Pourquoi Act Up n’a-t-il plus de gros camion ? Pourquoi les sans papiers et les demandeurs d’asile soutenus par l’Ardhis et Les Lesbiennes dépassent les frontières, nombreux et nombreuses cette année, doivent-ils marcher perdus dans la foule ? Un de ces gros chars institutionnels n’aurait-il pas pu les mettre en avant ?

Pourquoi le Centre de santé 190, le lieu qui aujourd’hui innove et trace l’avenir de la prévention du sida et des IST, n’avait-il droit qu’à une petite camionnette ? De même le Crips accompagné des Séropotes a relégué le gros bus qu’il louait les années passées pour un petit train au moteur toussotant… »

Néanmoins, Hervé Latapie veut garder un peu d’espoir en un sursaut militant qui verrait la Marche redevenir le rassemblement militant qu’elle est sensée être : « Nous avons une année pour préparer une autre marche. Et si les institutionnels sont si préoccupés par notre fierté (et si altruistes !), ne pourraient-ils pas simplement nous offrir des plateaux de semi-remorques vides : nous nous chargerons de les occuper ! Alors la marche retrouvera son sens. »

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Photo Florian Bardou