Vous avez dit «enculé»? [Mediapart]

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Une sociologue publie un billet d’humeur dans lequel elle réfléchit sur le sens inconsciemment homophobe et sexiste des insultes que l'on entend et prononce tous les jours.

Gaëlle Krikorian est sociologue et travaille auprès du Groupe des Verts / ALE au Parlement européen. Elle pousse un coup de gueule contre l’usage de certaines insultes à consonance sexiste et homophobe, assénées quotidiennement par une large partie de la population. Plus qu’un essai sur la question, l’auteure établit une typologie des personnes à qui elle tente d’expliquer que le mot « enculé » véhicule une vision du monde sexiste et homophobe. Si vous vous êtes déjà plié.e à l’exercice, ce texte devrait vous rappeler de bons souvenirs (ou pas).

Premier cas : la réaction parfaite
Vous incitez la personne qui vient de qualifier quelqu’un d’enculé.e à réfléchir sur la portée du mot, elle comprend, et présente même parfois ses excuses. Oui, Gaëlle Krikorian commence par un contre-exemple.

Deuxième cas : la réaction désespérante
Vous incitez la personne qui vient de qualifier quelqu’un d’enculé.e à réfléchir sur la portée du mot, et elle vous redit à quel point la personne qu’elle a qualifiée d’enculé.e le mérite. Dans ce cas-là, ne perdez pas votre temps.

Troisième cas : la réaction défensive
Vous incitez la personne qui vient de qualifier quelqu’un d’enculé.e à réfléchir sur la portée du mot, et elle vous jure qu’elle a des amis homos. Variante : elle peut essayer de vous piéger en disant : « Les femmes aussi peuvent se faire enculer, donc ce mot n’est pas homophobe ». Gaëlle Krikorian profite de ces réactions pour tisser des liens entre sexisme, racisme et homophobie.

Quatrième cas : la réaction je-m’en-foutiste
Vous incitez la personne qui vient de qualifier quelqu’un d’enculé.e à réfléchir sur la portée du mot, et elle vous dit que ce n’est qu’une façon de parler. Attention : il faut s’armer d’une bonne dose de pédagogie dans ce cas.

Cinquième cas : la réaction agressive
Vous incitez la personne qui vient de qualifier quelqu’un d’enculé.e à réfléchir sur la portée du mot, et elle répond qu’elle en a « plus qu’assez du politiquement correct ». Que vous êtes « la police du langage ». Dans ce cas, nous dit Gaëlle Krikorian, il n’y a plus qu’une solution : dire à la personne que le mot « enculé » vous blesse.

Et vous ? Vous reconnaissez-vous dans le texte de l’auteure ? Utilisez-vous le mot « enculé » comme insulte ?

L’article (beaucoup plus développé) est à lire sur le site de Mediapart.