Gay Pride à Crest, la ville d’Hervé Mariton: le reportage
Montée par le collectif LGBT de Crest, cette toute première gay pride a remporté un franc succès. Mais Hervé Mariton a annoncé qu'il allait porter plainte en raison de «dégradations».
MERCI MONSIEUR MARITON
Des haltes tout au long de la marche ont permis à plusieurs militant-e-s issus d’associations de s’exprimer comme Act Up-Paris, Amnesty International, Contact, ou encore l’APGL. Enfin, une lettre ouverte a été placardée sur le mur de la permanence du député, dans laquelle le collectif rappelle que cette marche n’est pas une affaire de parti politique, mais qu’elle est une marque d’opposition aux valeurs du député-maire qui a bataillé contre le mariage et l’adoption pour tous les couples à l’Assemblée nationale: «Nous voulons faire entendre un autre son de voix que le vôtre et contredire l’idée pestilentielle que la ville de Crest serait un bastion de l’homophobie en France». Paradoxalement, c’est sur des remerciements adressés au député-maire que se termine la marche, comme un joli pied de nez à celui qui, il y a quelques mois, avait déposé une motion au conseil municipal pour s’opposer au mariage entre couples de même sexe: «Merci d’avoir fait entrer la ville de Crest dans l’histoire des luttes LGBT en lui offrant la plus grande marche des fiertés au monde en pourcentage de sa population».
UNE PLAINTE POUR DÉGRADATIONS
Suite à la première gay pride de sa ville, le député-maire Hervé Mariton a fait savoir qu’il allait porter plainte en raison de «dégradations». En cause, des tags au pochoir sur plusieurs bâtiments du centre-ville. «Nous ne savons pas encore si Hervé Mariton porte plainte contre X ou si les organisateurs/trices de la gay pride sont clairement visé-e-s, explique le collectif LGBT de Crest, joint par Yagg. Si ces dégradations sont regrettables, on préfère avoir des débordements de ce genre dans nos manifestations, plutôt que des saluts nazis ou des appels au sang. Nous trouvons que ces tags sont assez minables, mais on attend que Monsieur Mariton s’exprime aussi sur les autres tags profondément homophobes et misogynes qu’on a pu voir dans Crest au même moment.»
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