Marche des Fiertés: Le Crips lance une campagne contre la sérophobie

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Présente à la Marche des fiertés, l'association présidée par Jean-Luc Romero souhaite s'engager plus fortement auprès des personnes LGBT.

Présente sur un bus qui accueillera plusieurs «petites» associations (Jeunes Séropotes, Les Petits Bonheurs…) l’équipe du Crips a décidé de frapper un grand coup durant cette Marche des fiertés avec une campagne contre la sérophobie.

«JE RISQUE DE PRENDRE MON PIED»
Deux visuels, montrant deux personnes séropositives face caméra et ce texte: «Il est séropo. Avec lui je risque de…» avec au choix: «prendre mon pied» ou «tomber amoureux». Au dos figure un nouveau texte pour expliquer que faire l’amour avec un séropositif, «c’est possible».
Cette campagne contre la sérophobie a été conçue en réaction au rejet des séropositifs (ou supposés tels) par une partie des gays et par des comportements marqués par le sérotriage, qui consiste à rejeter les séropos (ou supposés tels) ou à adapter ses pratiques sexuelles en fonction du statut réel ou supposé de ses partenaires.

L’ÉVITEMENT DES SÉROPOSITIFS
Dans une interview accordée à Yagg il y a quelques jours, le Dr Michel Ohayon, directeur du 190, expliquait comment certains parmi les jeunes gays, évitaient les séropositifs (ou supposés tels) mais pouvaient parfois avoir des rapports à risque avec des partenaires supposés séronégatifs. Or, comme l’expliquait Michel Ohayon, la transmission du VIH se fait le plus souvent d’une personne qui se croit séronégative et qui prend des risques: elle vient de se contaminer et c’est dans cette première phase de l’infection qu’elle a le plus de risque de transmettre.

LA COLÈRE DE DIDIER DUBOIS-LAUMÉ
La campagne du Crips est selon son président, Jean-Luc Romero, le signe d’une volonté de «s’investir plus fortement auprès des publics LGBT». Cela pourrait en rassurer certains, comme Didier Dubois-Laumé, qui, il y a quelques jours, lançait un pavé dans la mare sur Facebook, estimant que le sida avait été «éradiqué de la Gay Pride». Selon le fondateur du Café Lunettes Rouges, permanence d’accueil des séropositifs au Centre LGBT (suspendu en avril dernier suite à une violente altercation contre la présidente du Centre, Christine Le Doaré), «ne sachant plus que faire des séropos, nouveaux parias d’une communauté qui n’aspire qu’au mariage, aux enfants, à la résidence secondaire[ ,] on a fait disparaître des préoccupations homosexuelles la lutte contre le sida, comme par enchantement, au profit de la prévention concept suffisamment fourre-tout pour demeurer flou».
Par cette campagne, le Crips répond en partie à ce coup de gueule. Mais au-delà des mots, c’est à la communauté toute entière de se mobiliser en actes pour faire reculer les discriminations envers les séropositifs.