Décryptage de P.R.E.V.S., la nouvelle brochure de prévention de Aides

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Vous allez la voir dans votre établissement gay préféré. Yagg a décortiqué pour vous P.R.E.V.S., la brochure spéciale «sexe entre mecs» de Aides, qui fourmille de nouveaux concepts.

Vous allez la voir dans votre établissement gay préféré. Yagg l’a décortiquée pour vous. P.R.E.V.S., c’est la nouvelle campagne de Aides, qui a eu pour objectif de présenter dans un seul document, une brochure-poster, l’état des connaissances sur la prévention.

NOUVEAU CONCEPT: LA CHARGE VIRALE COMMUNAUTAIRE
Aides a depuis sa création toujours voulu progresser avec de nouveaux concepts. Avec bonheur quand elle parlait du malade comme «réformateur social». Plus critiquée lorsqu’elle a essayé voila près de dix ans d’imposer un discours de réduction des risques avec des slogans comme: «Si tu n’utilises pas de capote, mets au moins du gel!»

Dans P.R.E.V.S., on nous parle de la charge virale communautaire. C’est une façon plutôt intelligente d’expliquer la dynamique de l’épidémie dans la communauté gay et d’inciter au dépistage ceux qui sont séropositifs et qui l’ignorent encore. Sans traitement, ils ont une charge virale élevée dans l’immense majorité des cas. Et tout rapport non protégé devient risqué pour leurs partenaires sexuels. En se faisant dépister, ils peuvent bénéficier d’un traitement qui réduira les risques de transmission. CQFD.

AUTRE CONCEPT: PRENONS SOIN DE NOUS CAR PERSONNE NE LE FERA À NOTRE PLACE
Aides veut parler à la communauté gay. Et insiste sur une prise en charge individuelle mais aussi collective, en tant que communauté, de cette épidémie.

LE RETOUR DU PRÉSERVATIF
L’accent est mis aussi sur le préservatif. On avait pu croire pendant un temps que Aides n’osait plus prononcer le mot. Et on est heureux de lire dans cette brochure: «La capote est le moyen le plus efficace de protéger ses rapports sexuels». Le paragraphe qui est consacré à la capote précise comment bien l’utiliser, insiste sur l’importance du gel, et évoque l’utilisation des préservatifs féminins utilisés par certains gays pour les rapports anaux.

DÉPISTAGE, ENCORE DÉPISTAGE ET TOUJOURS DÉPISTAGE
La plupart des encadrés martèle le message du dépistage, ce qui est une très bonne chose. L’encadré «Faites-vous dépister!» insiste sur la fréquence du dépistage: «au moins une fois par an pour le VIH (et plus souvent quand on baise fréquemment)». L’offre de dépistage s’est considérablement accrue avec notamment la possibilité d’utiliser les tests rapides (20 minutes).

LE TRAITEMENT EST AUSSI UN OUTIL DE PRÉVENTION!
Nouveau venu aussi dans le paysage de la prévention, le traitement. Aides annonce que «le traitement antirétroviral est aussi un outil de prévention!». «Parce qu’il bloque la réplication du virus au point de le rendre indétectable dans le sang et dans le sperme». Mais là encore, la brochure rappelle les critères de l’efficacité du traitement dans la prévention: «une prise régulière du traitement depuis au moins 6 mois et l’absence d’IST». C’est là que l’association introduit le concept de prévention combinée: usage du traitement (chez les séropositifs) plus préservatifs, «plus d’autres techniques de réduction des risques sexuels». Mais sur ce dernier point, la brochure n’est pas très explicite.

UNE ICONOGRAPHIE TRÈS VIRILE
Côté illustrations, que l’on doit à Marsorama, on est entre Tom of Finland pour les mecs hypervirils et l’imagerie cuir, SM, «caillera». Et l’intitulé de la brochure ne laisse aucun doute: P.R.E.V.S., ça veut dire «Prévention des risques et vive le sexe! Entre mecs!». Nous voilà prévenus.

Cette affiche-brochure, réalisée grâce à un financement de l’Inpes,  sera distribuée dans les bars, les sex clubs, les soirées. Elle est aussi téléchargeable en format PDF sur Yagg.