Le dépistage généralisé au cœur du nouveau plan sida de Roselyne Bachelot

Publié le

"Le dépistage doit devenir banal", affirme la ministre de la Santé, qui dévoile dans "Libération" les grandes lignes de son plan national de lutte contre le VIH pour les cinq années à venir.

Le dépistage du VIH sera l’une des priorités du plan sida 2010-2014 de Roselyne Bachelot, révèle Libération ce mercredi 6 octobre. Un dépistage généralisé à l’ensemble de la population française, mais pas obligatoire. Lors de la conférence de Vienne sur le sida, en juillet dernier, la ministre avait déjà évoqué ce nouvel axe dans la lutte contre le sida, alors qu’une première mouture du plan national avait été très critiquée par certains experts et militants (lire « Dépistage généralisé du VIH: « Il y a un manque de leadership politique sur le sida », selon le Pr Rozenbaum« ).

Yagg alertait sur l’urgence de la situation… il y a un an (lire « Oui à la généralisation du dépistage du VIH. Mais vite! », par Christophe Martet« ).

« On a aujourd’hui les moyens d’arrêter l’épidémie en France », déclare la ministre de la Santé au quotidien. « Les 6000 ou 7000 contaminations, qui se font encore chaque année, sont insupportables. » Dès décembre, l’ensemble des professionnels de santé seront sensibilisés, via une campagne d’information, au fait de proposer à chacun de leurs patients un test. Car, comme le souligne Libération, en France, près d’un tiers des 150000 séropositifs ignorent leur statut sérologique. Le dépistage comme arme de prévention, c’était l’une des recommandations du rapport de France Lert et Gilles Pialoux sur les nouvelles politiques de prévention.

CENTRES DE DÉPISTAGE COMMUNAUTAIRES
Pour certains groupes de la population, dont les gays, Roselyne Bachelot souhaite « proposer un dépistage beaucoup plus volontariste », avec la création « dans les mois à venir de plus de dix centres de dépistages communautaires ». Des initiatives qui vont dans ce sens existent déjà, à Paris, comme le 190 ou le Checkpoint du Kiosque Infos Sida. Et le financement de l’ensemble du plan sida? « Sur cinq ans, un milliard d’euros est prévu », affirme la ministre.

AMENDEMENT MARIANI VOTÉ
Un plan sida qui comporte d’autres volets, comme l’aide aux pays du Sud. Et Aides de souligner dans un communiqué cinglant que « pendant que Roselyne Bachelot organisait la fuite dans la presse du futur plan […], l’Assemblée Nationale votait un amendement [l’amendement Mariani] restreignant le droit au séjour pour les étrangers gravement malades ». Un amendement qui « introduit la subtile nuance de la « disponibilité dans le pays » [des traitements] », et qui pose problème, s’indigne Aides: il « ne prend pas en compte la quantité de traitements accessibles dans le pays d’origine, ni leur coût, ni même la qualité du système sanitaire, etc. ». Moralité, pour l’association, « le message est clair: rentrez mourir chez vous, on paie le charter ».

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!

Cet article vous a intéressé-e? Partagez-le grâce aux boutons ci-dessous.