Iraqi LGBT appelle à soutenir un militant gay irakien persécuté

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Arrêté en février 2009 pour son rôle dans Iraqi LGBT, Anwar est réfugié aux Pays-Bas, mais c'est à la France de décider s'il pourra ou non rester.

Ancien DJ originaire de Bagdad, Ali Hili, qui vit à Londres où il est réfugié, est devenu le coordinateur infatigable de Iraqi LGBT, l’association qui se bat contre la campagne d’assassinats en série lancée en Irak par les milices fondamentalistes, bras armés de partis politiques mis au pouvoir par l’armée d’occupation américaine (lire aussi ici).

Tolérés par la dictature de Saddam Hussein, les LGBT, comme les chrétiens, ont été pris comme boucs émissaires depuis que les Américains ont envahi l’Irak. L’ayatollah Al-Sistani, le plus haut dignitaire chiite irakien, a lancé une fatwa sur son site internet appelant à les tuer « de la pire manière qu’il soit ». Suite aux pressions d’Iraqi LGBT, la fatwa a été retirée du site, mais c’est Ali Hili qui depuis a été visé personnellement. Par un appel au meurtre. De Londres, celui qui se bat pour faire cesser « une campagne de torture et de terreur » (dixit Human Rights Watch), lance aujourd’hui un appel à l’aide (et notamment un logement) en faveur d’Anwar, l’un de ses jeunes militants, échappé des prisons irakiennes.

Quelle est la situation actuellement pour les LGBT irakiens ? Cela va très mal. Depuis que nous avons commencé à faire campagne publiquement sur le net et dans les médias, le gouvernement irakien surveille nos activités et beaucoup de gens comme Anwar ont été inquiétés et questionnés spécifiquement au sujet des activités de Iraqi LGBT, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak. La police est très consciente de notre réseau secret, elle essaye de l’infiltrer, nous le savons par des gays membres des forces de police. Nous avons obtenu certains documents prouvant que le gouvernement irakien et les instances judiciaires sont engagés dans une importante campagne pour arrêter les hommes gays, les trans’ et les bisexuels.

Anwar

Anwar

Parle-nous d’Anwar… Anwar est un activiste gay de 21 ans. À Bagdad, il supervisait pour nous une maison-refuge pour les LGBT en danger. Anwar a été arrêté en février 2009 par des membres du ministère de l’Intérieur irakien, la milice Badr, pour son rôle avec Iraqi LGBT. Il a été battu violemment et il a souffert d’un traumatisme sérieux après sa longue période de détention et les abus dont il a été victime. Il a été interrogé de façon répétée sur son rôle d’activiste LGBT et sur son implication dans la mise en œuvre des maisons-refuge. Pendant sa détention, il a rencontré cinq autres membres d’Iraqi LGBT qui sont condamnés à mort pour diverses raisons. Lorsqu’un bénévole d’Iraqi LGBT est venu le voir en prison, Anwar lui a glissé un papier sur lequel était écrit un appel désespéré : « Sauvez-moi de la peine de mort ». Nous avons tout de suite payé 5000 dollars de caution pour qu’il soit libéré. Il l’a été le 14 avril 2009, nous avons pu le mettre dans un avion pour le Liban, puis pour Paris, car nous craignions que son procès soit truqué et qu’il soit condamné à mort.

Après quelques mois à Paris, sans aucune aide des autorités françaises, Anwar, qui ne parle qu’arabe, a quitté la France pour entrer sur le territoire hollandais le 22 juin. La police de Rotterdam, après avoir écouté son histoire, l’a envoyé à l’office local des réfugiés qui l’a hébergé au centre Terabil, le 24 juin. Le 22 septembre, Anwar a été informé qu’en application de la Convention de Dublin, c’est à la France de décider si elle lui donne ou non le statut de réfugié, bien que celui-ci préférerait rester en Hollande où il a des appuis. Anwar doit retourner en France, il attend que les Pays-Bas décident de la date. Nous recherchons de l’aide pour Anwar, et pour continuer à aider les personnes à l’intérieur d’Irak. Nous vous demandons de faire pression sur vos gouvernements pour que le droit d’asile soit octroyé en Occident aux gays, lesbiennes, bi et trans’ qui quittent l’Irak. Vous pouvez faire des dons à Iraqi LGBT. Nous sommes la seule association qui a aidé Anwar depuis l’Irak. Nous le soutenons financièrement, nous avons payé sa nourriture, son voyage, son logement aux Pays-Bas. Nous pouvons contribuer à un loyer jusqu’à 150 euros.

Quand viens-tu en France ? Le gouvernement britannique ne m’a toujours pas octroyé l’asile politique. Le document que l’on m’a donné n’est valable que pour trois ans et m’interdit de voyager en  dehors du Royaume-Uni. Je pense que le but est de m’empêcher de développer cette campagne internationalement, alors qu’aux États-Unis, une lettre signée par 64 membres du Congrès a fait part des inquiétudes de ces derniers à Hillary Clinton.

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