Ciné: « Ander », une passion homo au sommet

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Avec "Ander", passion homo au cœur du pays basque espagnol, Roberto Castón signe un premier long métrage bouleversant. Un coup de maître.

AnderL’affiche d’Ander, le film de Roberto Castón sorti hier sur les écrans français, donne parfaitement le ton (excepté ce « Brokeback Mountain espagnol » idiot en guise de baseline) : austère, mais avec une lueur d’espoir. Une maison impressionnante, un ciel menaçant qui laisse présager un orage imminent, mais aussi une porte d’entrée et une fenêtre éclairées, donc la vie : la bâtisse n’est pas abandonnée.

FRAGILITÉ INACCEPTABLE
La demeure est à l’image du héros du film : Ander est un paysan basque espagnol au physique qu’on dirait fait d’un seul bloc, le genre de type pas très causant, dont le seul plaisir est de contempler la nature, impassible. Un homme pétri d’habitudes (la ferme, l’usine, les repas avec sa sœur et sa mère, et rebelote) mais qui cache en lui des désirs inavouables. Cette fragilité — inacceptable dans ce monde d’hommes qui se rassurent sur leur virilité en allant voir les putes à la ville –, il l’a mise en veilleuse. C’est la petite lumière de l’affiche. Or, l’orage va arriver, qui va bouleverser sa vie à jamais : il aura les traits d’un jeune homme, José, immigré péruvien d’une douceur exquise, qu’Ander va embaucher pour le remplacer à la ferme, sa jambe cassée l’empêchant d’exercer son métier. Et les deux hommes vont tomber amoureux l’un de l’autre. Non sans mal. Mais comment lutter quand la passion, trop longtemps enfouie, vous dévore ?

VIOLENCE SOURDE DES SENTIMENTS
Ander
décrit magnifiquement cette violence sourde des sentiments qui ne demande qu’à exploser. Grâce à une mise en scène d’une rigueur extrême mais qui n’étouffe pas ses personnages, surtout quand ceux-ci sont incarnés par des acteurs aussi excellents (Josean Bengoetxea, qui joue Ander, en tête). Roberto Castón signe ici son premier long métrage et force est de constater que c’est un coup de maître. Voilà un réalisateur à suivre de près. Quand de plus on sait qu’il s’agit d’un film réalisé à l’initiative de Berdindu !, sorte de Centre LGBT du pays basque espagnol, et que généralement les films de commande de cette nature donnent rarement des chefs d’œuvre de subtilité, on se dit que le talent de ce jeune cinéaste est grand. Très grand.

Bande-annonce :

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Extraits :

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