Yagg à Cannes (7): Laure Charpentier présente « Gigola », « The Hunters », buzz et pronostics, etc.
Un Yagg à Cannes spécial interviews avec notamment Laure Charpentier qui présente "Gigola" au Marché du film. Et les premiers pronostics pour la Palme d'Or… et la Queer Palm!
Yagg à Cannes, épisode 7, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira.
Une journée sans voir de film (séchage de Carlos, voir Yagg à Cannes épisode 6 hier), une vraie respiration qui nous a permis de multiplier les rencontres. Un Yagg à Cannes « spécial interviews » aujourd’hui avec l’écrivaine Laure Charpentier qui présente au Marché le film Gigola qu’elle a elle-même réalisé, et un jeune producteur de Nancy qui a fait tourner une des actrices de Glee en Lorraine (si, si). On finit, comme toujours, avec les buzz de la Croisette où l’on parle de plus en plus « Palme »…
LAURE CHARPENTIER, RÉALISATRICE DE « GIGOLA »: « J’AI CROISÉ LOU DOILLON ET J’AI DIT: C’EST ELLE! »
Laure Charpentier se définit elle-même comme un éventail de personnes: une femme engagée dans les combats homos et trans’ qui a écrit son premier livre, autobiographique, Gigola, en 1972. Elle nous a rejoint pour boire un verre au Zanzibar.
Peux-tu nous raconter comment tu es passée de Gigola, le livre, à Gigola, le film? Le livre a été censuré dès sa parution et on en a quand même vendu 5000 exemplaires sous le manteau! Les toutes premières éditions tirées à part étaient étonnamment entourées de pellicule de films noir et blanc. J’ai toujours rêvé d’en faire un film. J’ai ensuite publié 16 livres et j’ai fondé l’association SOS Alcool Femmes. Quand en 1998 j’ai publié Père, impair et passe où je parle de mon père, un gigolo au charme fou qui ressemblait à Gary Cooper, je complétais l’histoire de Gigola et j’expliquais d’où venait cette obsession pour l’argent. Un ami dans le cinéma m’a dit que ce livre-là ferait un film génial. Denise Petitdidier [productrice] l’a lu et m’a appelée, puis je lui ai donné Gigola pour que l’histoire soit complète et en me disant que je ne la reverrai plus jamais! Elle m’a rappelée le surlendemain, mais on a mis dix ans à faire le film! Adapter deux livres pour en faire un film, c’est compliqué, alors j’ai fait un stage d’écriture scénaristique à la Sorbonne et je me suis lancée!
Comment choisit-on la comédienne qui va interpréter son propre rôle? Ça a été très difficile de choisir qui interprèterait le rôle principal et de nombreuses comédiennes voulaient le rôle. Un soir, au Costes, j’ai croisé Lou Doillon qui n’avait rien d’une garçonne, elle papotait avec ses longs cheveux dans tous les sens et j’ai dit à Denise: « C’est elle! ». J’ai tout de suite vu qu’elle pouvait vraiment faire Gigola. Et trois ans après, c’est vraiment elle et ce n’est pas un rôle facile pour une comédienne qui, en plus, n’avait jamais fait l’amour avec une nana! Quand elle a eu le rôle, elle a sauté de joie et m’a dit qu’elle était tellement heureuse qu’elle avait envie d’aller danser dans la rue! On a un casting formidable!
Après l’adaptation et le casting, il fallait s’attaquer au gros morceau: la réalisation du film! Oui et j’ai eu très peur d’avoir une équipe technique qui me dirait que je n’y connaissais rien mais j’ai eu affaire à des professionnels extraordinaires! Ils m’ont tout de suite acceptée. Je me suis vraiment intéressée à tout, j’ai même supervisé les costumes avec le chef costumier avec qui tout s’est aussi très bien passé. Le chef op’, la scripte, fabuleux! On a tourné cinq semaines au Portugal, tous logés dans le même hôtel, à travailler six jours sur sept… C’est une des plus belles expériences de ma vie! Je n’ai qu’une envie, c’est de recommencer. En étant présents à Berlin, à Hong Kong ou aujourd’hui à Cannes, on a déjà vendu le film dans de nombreux pays: en Indonésie, à Taïwan, au Canada… C’est parti!
La sortie de Gigola avec Lou Doillon, Marisa Berenson, Marisa Paredes, Marie Kremer et Rossy de Palma est prévue à la rentrée (octobre a priori) et prochainement, Yagg vous proposera des interviews exclusives des comédiennes du film. À suivre, donc.