La première BD de la yaggeuse Gami sortira aux éditions Dans L’Engrenage
Début 2011, une petite lesbienne rayée bleu et blanc a débarqué dans nos vies. Elle s'apprête maintenant à passer du web au papier, comme l'ont expliqué à Yagg son auteure, Gami, et son éditrice, Céline Lion.
La Yagg team est fière. Très fière. Les blogs des yaggeuses et des yaggeurs ne cessent de nous surprendre, nous fait rire ou pleurer, nous instruire, nous alerter, nous bousculer. Et parfois, comme aujourd’hui, il se passe même quelque chose d’un peu magique. Une rencontre. La Yagg team est donc fière, très fière, de vous annoncer que la bédéblogueuse Gami a signé avec la maison d’édition Dans L’Engrenage, l’une des premières entreprises à s’être inscrite sur Yagg (voir Céline Lion: «La littérature populaire a un rôle historique pour les lesbiennes»).
Au début de l’année 2011, une petite lesbienne rayée, d’un beau bleu, plus foncé que le bleu Yagg mais beau quand même, débarque sur le site. Le nom du blog donne le ton: La lumière au fond du placard. Au fil des planches, Gami raconte les étapes du coming-out, la découverte du milieu, les rencontres, la vie… Il lui arrive aussi parfois de réagir à l’actualité, toujours avec ce «trait à la fois doux et sûr, avec une maîtrise aboutie des contrastes, de la composition et un sens du détail savoureux», pour reprendre les termes de Céline Lion, fondatrice des éditions Dans L’Engrenage. Des dessins délicats, émouvants, à l’humour tout en finesse.
DU WEB AU PAPIER
La «petite môme bleue», comme l’appelle Céline Lion, s’apprête maintenant à passer du web au papier, sans pour autant quitter le premier. «Si je remonte le temps, au commencement il y a eu une discussion avec une amie gribouilleuse qui m’a convaincue de m’essayer à la BD et très vite Yagg qui s’est imposé comme un outil de diffusion incontournable, raconte Gami. Ensuite il y a eu les interactions avec les yaggeurs qui se sont reconnus dans mes gribouilles et qui ont donné un véritable sens à cette aventure graphique. Et parmi eux, Dans l’Engrenage, qui a souhaité, pour mon plus grand plaisir, porter dans ses rouages mon personnage rayé vers une nouvelle aventure: un album papier.»
«Un aspect non négligeable de notre travail est celui de la veille, la curiosité, la disponibilité pour les nouvelles idées, précise Céline Lion. Naturellement, je lis régulièrement l’actualité quotidienne sur Yagg, et je suis attentive à ses blogs, souvent riches. Je ne pouvais donc manquer celui de Gami. Je dois dire que c’est certainement l’une des prises de contact les plus aisées qu’il m’ait été donné de faire, le blog est «venu à moi» à travers la sélection de Yagg, et ensuite, étant toutes deux membres de la communauté, nous avons pu établir rapidement et facilement un dialogue chaleureux. Je précise cela pour deux raisons: d’abord, je participe à l’initiative de communauté depuis longtemps parce que je pense que nous avons tous et toutes beaucoup à échanger, donc je suis toujours contente que cela se traduise dans les faits (cette expérience fait partie des «heureuses rencontres» que j’ai pu faire de cette façon); puis, plus prosaïquement, parce qu’il se révèle parfois compliqué et long de trouver le moyen de joindre un auteur. Là, nous avons tout de suite été en terrain favorable! Enfin, ce dialogue s’est concrétisé par une discussion très agréable, une après-midi de fin d’été, autour d’une limonade.»
«UN DESSIN LAISSE CHACUN LIBRE DE FAIRE LE VOYAGE QU’IL SOUHAITE»
«Les thèmes de la découverte de l’homosexualité, de sa révélation à l’entourage, des questions que cela soulève chez quelqu’un qui se découvre, puis mûrit au fil de cette expérience si singulière, ont des vertus qui correspondent bien au rôle que nous avons à jouer en tant qu’éditeur, poursuit Céline Lion. Je suis convaincue qu’un livre de Gami peut non seulement simplement procurer un grand plaisir à celui qui le lira, mais que la forme brochée permettra des développements différents, riches et surprenants. On pourra l’avoir avec soi, dans son sac, sur ses étagères, dans ses cartons de déménagement… mais aussi, j’en suis convaincue, l’offrir à ses parents, à son frère ou à sa sœur, parce que de si bons dessins valent de longs discours — discours que tout le monde ne se sent pas toujours capable de mener.»
«Pour moi, un dessin permet de parler de manière plus directe aux émotions d’un lecteur, renchérit Gami. Un dessin laisse chacun libre de faire le voyage qu’il souhaite. De regarder simplement l’image, ou d’en faire une lecture plus minutieuse ou personnelle… mais surtout si j’utilise le dessin, c’est essentiellement parce que c’est bien plus naturel pour moi d’écrire avec des images que d’écrire avec des mots.»
Inutile néanmoins de vous précipiter chez votre libraire, les fans devront patienter. «Le luxe auquel nous ne renoncerons pas, c’est le temps que l’on consacre à l’élaboration de nos publications, insiste Céline Lion. Dans un monde où l’on est pressé de toutes parts, ne pratiquant ni l’improvisation, ni la hâte, nous préférons laisser aux différents acteurs de l’édition, au premier rang desquels l’auteur, le temps de mûrir leur travail confortablement: il n’en est que meilleur. Gami a l’exigence de son talent, et besoin de temps pour aller au bout de ses idées et de ses envies. Nous la suivrons. Les raisins viennent d’être ramassés, vous pouvez en goûter le moût sur son blog, il va falloir un peu de patience pour déguster le cru Gami aux Éditions Dans L’Engrenage. Nous vous tiendrons informé-e-s les premiers!»
Pour soutenir le blog de Gami aux Golden Blog Awards, c’est par ici. Pour tout savoir des blogs Yagg inscrits à la compétition, c’est par là.
Le site de Dans L’Engrenage.
Dessin Gami pour Yagg.