Séropositif-ve-s et soins funéraires: "L'État entretient des peurs irrationnelles"

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Près de 50 associations et syndicats demandent la fin de l’interdiction des soins funéraires pour les séropositif-ve-s.

Sa présence était très importante. Ce matin, lors d’une conférence de presse au Crips, Jean-Claude Simon, secrétaire général de la Fédération française des pompes funèbres, a demandé la fin de l’interdiction des soins funéraires aux personnes séropositives. Il a rejoint tous les intervenants, de Jean-Luc Romero pour Élus locaux contre le sida à Marc Dixneuf de Sidaction et Alain Sobel, infectiologue, qui ont évoqué les multiples démarches menées depuis des années pour mettre un terme à ce que certains nomment une « discrimination d’État ». Fred Navarro, président d’Act Up-Paris, et qui a perdu son ami Christian à l’été 2010, a raconté comment il a découvert à ce moment-là que les soins post-mortem étaient interdits aux personnes séropositives.

Pour refuser les soins funéraires aux personnes séropositives, l’administration s’appuie sur des données anciennes et aujourd’hui contestées. Ce matin, Alain Sobel, ancien président du Conseil national du sida, a rappelé qu’il n’y avait plus aucun argument scientifique pour justifier le maintien de l’interdiction. Et qu’aucun cas de contamination du personnel en charge des soins funéraires n’avait été déclaré.

De son côté, Marc Dixneuf a expliqué comment cette discrimination faite aux séropositifs décédés entrave la lutte contre les autres discriminations en général. Il a expliqué qu’en maintenant cette réglementation, «l’État entretient des peurs irrationnelles».

Dans la pratique, le certificat médical post mortem d’une personne séropositive indique qu’il faut immédiatement la placer dans un cercueil simple, ce qui empêche aux familles de voir la personne décédée. Tous les soins de conservation sont également proscrits du fait de cette réglementation d’un autre âge.

Fred Navarro, président d’Act Up-Paris et qui avait témoigné sur Yagg au décès de son compagnon, a à nouveau expliqué que son ami, décédé à la maison et placé à l’Institut médico-légal, y a été laissé 13 jours durant sans soins de conservation. Fred a du voir le cadavre de son ami et son visage qui portait déjà les traces de la décomposition.

46 associations et syndicats demandent au ministre de la Santé de lever l’interdiction des soins funéraires aux personnes dont le certificat de décès mentionne qu’elles vivaient avec le VIH. Après une pression durant les fêtes de fin d’année sur le ministère menée par Act Up-Paris, une réunion de concertation a lieu mardi 10 janvier au ministère de la Santé.