Rosie O'Donnell évoque des «soirées secrètes entre lesbiennes»

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Dans une émission télévisée, Rosie O'Donnell revient sur son passé de jeune lesbienne dans le placard. Heureusement, elle n'était pas seule: elle retrouvait d'autres célébrités dans le même cas en soirée.

Rosie O’Donnell ne manque décidément pas d’humour et de piquant. Invitée dans une émission à la télévision, elle en a profité pour évoquer ses débuts dans le milieu du show-business. Elle a notamment évoqué des «soirées secrètes» où n’étaient conviées que des célébrités homosexuelles de la télévision. Il n’y avait que du beau monde… «Quand nous étions jeunes, il y avait de grandes soirées secrètes entre lesbiennes où aucune d’entre nous n’avait fait son coming-out. Melissa Etheridge [une rockeuse, ndlr] organisait la soirée, il y avait k. d. [lang], moi, Ellen [DeGeneres]…», a-t-elle raconté. «Kristy McNichol?», lui demande le présentateur, faisant référence à une enfant-star qui a fait son coming-out la semaine dernière. Réponse: «Non! Mais vous savez qui était là aussi? Sara Gilbert! Et j’étais totalement paniquée à l’époque parce qu’elle n’avait que 19 ans. Alors je disais: «C’est illégal! Faites-la sortir d’ici!” Ce n’est pas qu’il y avait des femmes nues et des sextoys partout, mais on était une petite bande.»

Une petite bande soudée et solidaire. Au cours de son entretien avec l’animateur, Rosie O’Donnell en vient à parler d’une interview d’Ellen DeGeneres diffusée alors que celle-ci s’apprêtait à faire son coming-out (vidéo ci-dessus, traduction ci-dessous). À demi-mots, elles évoquent leur homosexualité, se désignant avec humour comme des «Libanaises».

Traduction de la vidéo:
«Oh, c’était un grand moment quand Ellen est venue dans l’émission. Vous savez, ce qu’il y a de plus intéressant à remarquer, c’est que ça se passait en 1996. Elle n’avait pas encore fait son coming-out. Son personnage (dans la sitcom Ellen) était sur le point de faire son coming-out. Je ne voulais pas la laisser y aller toute seule comme si elle était l’unique lesbienne. Alors on a parlé avant l’émission et je lui ai dit: “Que vas-tu faire?” Elle a dit “J’ai pensé à ce truc de Libanaise”, je lui ai dit: “Je vais le faire avec toi”. On l’a fait et ça a marché.

Rosie O’Donnell: Ellen Morgan [le nom d’Ellen DeGeneres dans la sitcom, ndlr], qu’est-ce qui se passe dans la série? Il y a beaucoup de rumeurs dans la presse. Que va-t-il se passer cette saison? Disons les choses comme elles sont, dis-moi ce qui va se passer pour Ellen Morgan.

Ellen DeGeneres: Je ne sais même pas comment ça a fuité, parce qu’on a vraiment essayé de faire les choses petit à petit avant de le dévoiler de façon à changer l’opinion des gens. On a en fait découvert qu’elle est Libanaise.

R.O.: Juste comme ça?

E.D.: Non, il y avait des indices. On a pu la voir manger des baba ganoush au cours de la série, et du hummus. Et c’est une grande fan de Casey Kasem [un animateur de radio d’origine libanaise, ndlr], de Kathy Najimy [une actrice d’origine libanaise, ndlr].

R.O.: Eh! Attends une minute! Je suis une grande fan de Casey Kasem. Écoutez! [Off: Vas-y, ma fille!] Peut-être que je suis Libanaise!

E.D.: Tu pourrais être Libanaise!

R.O.: Je pourrais être Libanaise, je ne le savais même pas.

E.D.: C’est bizarre, parce que j’ai parfois l’impression que tu es Libanaise.

R.O.: C’est génial parce que beaucoup de chaînes ne prendraient pas le risque de mettre en avant une différence ethnique avec un personnage comme ça.

E.D.: La moitié d’Hollywood est Libanaise.

R.O.: Vraiment?

E.D.: Eh oui!

R.O.: Les gens ne le savent pas!

E.D.: Eh non! Mais nous devons changer la perception que les gens ont des Libanaises.

R.O.: Tu fais du bon boulot.

Je connais Ellen depuis longtemps. Je la connais depuis que je suis une jeune comédienne, depuis que j’ai commencé à Hollywood en 1984. Et là, on est 12 ou 13 plus tard, et elle s’apprête à faire son coming-out, ce qui était extrêmement courageux. Je ne voulais pas la laisser toute seule pour le faire, alors j’ai fait ce truc de la Libanaise. Et les gens qui comprenaient ont compris et les autres n’ont rien vu. Je suis contente qu’on l’ait fait comme ça, parce que je ne voulais pas qu’elle soit seule face à ça. C’était un grand moment.»