Après le jugement de la CEDH, Caroline Mécary appelle à voter pour la gauche à l'élection présidentielle

Publié le

«La Cour n'est pas allée suffisamment loin», a estimé l'avocate Caroline Mécary après le jugement de la CEDH, qui n'a pas condamné le refus de la France d'autoriser l'adoption simple de l'enfant dans un couple de même sexe.

Pacsées en 2002, Valérie Gas et Nathalie Dubois ont élevé une petite fille née en 2000 et conçue par insémination artificielle. En 2006, Valérie Gas a déposé une requête en adoption simple pour faire reconnaître son statut de parent social, qui fut rejetée par le tribunal de grande instance de Nanterre, puis par la Cour d’appel de Versailles. En juin 2007, les deux femmes ont saisi la Cour européenne des droits de l’Homme, invoquant une violation de l’article 14 (principe de non-discrimination) et de l’article 8 (respect de la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Leur requête a été rejetée par la Cour dans un arrêt rendu ce matin, jeudi 15 mars. Lors d’une conférence de presse, Caroline Mécary, l’avocate des requérantes, n’a pas caché sa profonde déception et sa colère face au refus de la CEDH de condamner la France pour discrimination. «Le regard des magistrats s’est focalisé sur les parents et leur sexualité, au lieu de se focaliser sur l’intérêt de l’enfant, qui est pourtant  la motivation même de la requête», a-t-elle appuyé.

À ses côtés, Robert Wintemute, qui représentait plusieurs ONG lors de l’audience, n’a pas manqué de rappeler que cette décision se faisait aussi au regard des 47 pays sous la juridiction de la CEDH. Pour lui, la décision «ne signifie pas une bénédiction de la situation législative en France».

Au regard du jugement, Caroline Mécary a vivement appelé à voter à gauche aux prochaines élections, seule solution selon elle pour obtenir un changement rapide de la législation, puisque tous les partis de gauche se sont engagés à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour tous les couples, tandis que Nicolas Sarkozy ne cesse d’y réaffirmer son opposition.

Lire aussi Adoption par le second parent au sein d’une famille homoparentale: la CEDH refuse de condamner la France.