Enquête sur les discriminations en Europe: comment les LGBT vivent l’homophobie et la transphobie au quotidien
Les lesbiennes, les 18-24 ans, et les plus démuni-e-s sont les premières victimes de comportements homophobes et transphobes en Europe.
Si le rapport de l’Ilga-Europe publié jeudi s’intéressait aux législations et à leur respect des droits humains, l’enquête menée par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne rendue publique hier, vendredi 17 mai, vient apporter des informations précises sur le ressenti et le vécu des LGBT européen-e-s. Au total, plus de 90000 personnes des 27 pays de l’Union européenne et de la Croatie ont répondu entre avril et juillet 2012 à un questionnaire permettant ainsi de récolter des données sur leur expérience de la violence et de la discrimination.
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«L’enquête montre que 47% – soit presque une personne LGBT sur deux – s’est déjà sentie discriminée ou harcelée ces 12 derniers mois à cause de sa façon d’être, observe Michael Cashman, co-président de l’Intergroupe LGBT. C’est un signe clair pour l’UE, et plus particulièrement pour les États membres et la Commission européenne, qu’il faut en faire plus pour bannir le harcèlement et la discrimination.»
Ce sont les lesbiennes, les 18-24 ans, et les plus démuni-e-s qui sont les premières victimes de comportements homophobes et transphobes. L’enquête s’est aussi intéressée aux comportements des personnes qui subissent ces violences: «Malheureusement seul-e-s 10% des répondant-e-s ont signalé une discrimination à la police, et 22% une agression ou du harcèlement, déplore Dennis de Jong, vice-président de l’Intergroupe. Pour chaque incident violent enregistré par les autorités, quatre de plus ont rééllement eu lieu. On ne peut plus se permettre d’attendre encore des lois plus solides pour protéger les LGBT.»
Parmi les contextes où l’on retrouve le plus de discriminations, les milieux du travail et la recherche d’emploi mais aussi du logement reviennent fortement dans les réponses des participant-e-s à l’enquête. C’est également dans le cadre de l’éducation et de l’accès aux soins que les personnes LGBT disent être souvent discriminées. Désormais, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne va poursuivre son travail en menant des entretiens avec les fonctionnaires d’État, les officiers de police, les professeur-e-s ainsi que les professionnel-le-s de santé des pays de l’UE afin de voir comment sont appréhendés les droits des LGBT dans ces différentes institutions.
Lire le rapport de l’enquête.
Voir les résultats par pays sur la carte interactive.
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