Caroline Mécary sur Europe 1: «Personne n’a à craindre les poursuites de Mme Boutin»

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Jeu, set et match pour Caroline Mécary dans cette savoureuse joute verbale face à Christine Boutin ce midi sur Europe 1.

Invitée de l’émission Europe 1 Midi, l’avocate Caroline Mécary était face à Christine Boutin et l’historienne Agnès Walch. Le débat animé par Patrick Roger avait pour thème «Le mariage: entre tradition et modernité, quelle valeur aujourd’hui?» (cliquer sur l’image pour écouter l’émission, à partir de 4’19).

Après une brève intervention d’Agnès Walch, Caroline Mécary amorce un rappel historique sur l’histoire du mariage d’un point de vue juridique et contredit l’historienne en rappelant que des unions entre personnes de même sexe ont bel et bien eu lieu par le passé, en faisant référence aux travaux de John Boswell. Avec force et pédagogie, l’avocate compare la situation avec les inégalités entre hommes et femmes:

«Il faut distinguer la réalité avec le niveau juridique. Par exemple, entre les femmes et les hommes, il y a une différence. Pendant des siècles, elle a justifié une différence de traitement juridique. Aujourd’hui, les femmes et les hommes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ça, c’est le droit. Et dans les faits, les hommes et les femmes sont toujours différents.»

Christine Boutin tente de répondre, mais rame un peu. Faute de convaincre, elle en revient alors à un de ses thèmes favoris: l’enfant-objet. Mais Caroline Mécary la coupe tout net: «J’adore, dans les manifestations anti-mariage, on a pu voir l’instrumentalisation des enfants de ces familles opposées à l’égalité portant des pancartes. Si ça, ce n’est pas de l’instrumentalisation, excusez-moi, je ne sais pas ce que c’est!»

L’AFFAIRE DU COUSIN GERMAIN
Questionnée sur son éternelle opposition au mariage des couples homosexuels, Christine Boutin entretient une nouvelle fois ces vieilles craintes d’apocalypse et d’une société où «on joue avec la réalité», une société «d’Orwell» où la personne «n’a plus de valeur». Mais Caroline Mécary remet les pendules à l’heure et rappelle que cette loi est avant tout une loi d’égalité. «Et moi, je ne dis pas qu’il y a des lois supérieures à la République!» s’exclame-t-elle.

Après le témoignage de la mère d’un homosexuel qui projette d’épouser son compagnon, Christine Boutin poursuit sur sa lancée: «J’essaie d’avoir une vision un peu plus au-dessus que le bonheur de chacun», affirme-t-elle. «Mais vous-même, vous pensez à votre bonheur aussi, insiste Patrick Roger, en abordant sur la pointe des pieds la récente affaire de son mariage avec son cousin (lire Pas touche au cousin de Christine Boutin). «Faites attention avec cette histoire. Tous ceux qui m’attaqueront sur ce sujet, je les traduirai en justice», s’indigne la présidente du Parti chrétien-démocrate.

Mais sa conviction est sérieusement mise à mal par Caroline Mécary: «Personne n’a à craindre les poursuites de Mme Boutin vis-à-vis de ceux qui dévoileraient le fait qu’elle est mariée avec son cousin germain, dédramatise l’avocate, qui comparera même Christine Boutin à Blanche-Neige. C’est de notoriété publique, ça figure sur sa fiche Wikipédia! Point à la ligne! Vous voyez comme il est extrêmement désagréable que l’on se même de votre mariage, ne vous mêlez pas du mariage des homosexuels qui ne vous ont rien demandé.» Une réplique si cinglante qu’elle laissera presque sans voix Patrick Roger.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Boutin poursuivra tous ceux qui l’attaqueront…

Quand le débat touche à sa fin, c’est vers Christine Boutin que se tourne le journaliste pour lui demander si ces mariages entre personnes de même sexe pourraient aider à faire évoluer les représentations des homosexuel-le-s dans les familles. Que pourrait bien répondre celle qui a fait de la lutte contre l’égalité pour les gays et les lesbiennes le combat de sa vie, tout en se dédouanant de toute homophobie ? «J’en sais rien… je sais pas…» Voilà.