Norvège: le candidat de l’Eurovision 2012 fait son coming-out
Dans un clip pour sa nouvelle chanson «The Father Project», suivi d'une vidéo touchante, Touraj Keshtkar, né en Iran, affirme vouloir se battre pour ses droits.
«Je suis gay et je revendique mes droits, c’est pourquoi j’ai fait cette vidéo.» Dans le clip de sa nouvelle chanson, The Father Project, dévoilé sur YouTube dimanche dernier, l’ancien candidat norvégien de l’édition 2012 de l’Eurovision, Tooji, fait son coming-out. D’origine iranienne, Touraj Keshtkar de son vrai nom vient s’ajouter à la liste des rares candidat.e.s qui sont sorti.e.s du placard – sans honte – à l’image de Ryan Dolan, le candidat irlandais de l’édition 2013. Et dans sa vidéo – très hot –, on le voit notamment fricoter avec un prêtre dans une église devant une assemblée de fidèles qui oscillent entre sidération… et envie.
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Son clip est également suivi d’une deuxième vidéo où il prend position pour les droits LGBT en Norvège et dans le monde, tout en y dénonçant le poids des religions qui légitiment la violence à l’encontre des lesbiennes, des gays, des bi.e.s et des trans’. «Il est temps de mettre les droits humains au dessus des religions», affirme le jeune mannequin de 28 ans, né à Chiraz. «J’ai toujours pensé qu’aimer celui que j’aime ne regarde que moi, mais le fait de savoir que beaucoup de jeunes vivent avec le poids de l’ignorance de la société sur les épaules me conduit à me poser en modèle et à faire entendre ma voix», poursuit-il, avec fierté.
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INTERDIT DE SÉJOUR EN IRAN
Dans le portrait que lui consacre le magazine gay australien Star Observer, Touraj Keshtkar, révèle également qu’il est interdit de séjour en Iran depuis son passage à l’Eurovision en 2012. Lors de sa participation, le concours est organisé à Bakou, en Azerbaïdjan, pays frontalier de la République islamique d’Iran, et la candidate suédoise, Loreen, prend publiquement position en défense des LGBT de ce petit pays au bord de la mer Caspienne. Une position qui lui vaut réprimande par les autorités azéries. Mais pour Tooji, difficile d’aller aussi loin. Le candidat de la Norvège décide alors de porter symboliquement un bracelet vert en soutien aux manifestant.e.s LGBTI et féministes azéri.e.s.
«Je ne pouvais pas directement critiquer l’Azerbaïdjan durant mon séjour dans ce pays, mais en critiquant l’Iran, je pensais critiquer l’Azerbaïdjan en retour. Et je savais que j’allais être interdit de séjour, je le savais», confie-t-il au magazine. Il ajoute: «Ma famille a tout quitté pour me donner la chance d’être celui que je suis aujourd’hui, pour me laisser la chance de pouvoir prendre position dans la presse internationale, de témoigner, et peut-être de contribuer un petit peu à sensibiliser l’opinion sur ce qui se passe en Iran, où des étudiant.e.s sont tué.e.s [ndlr, plutôt emprisonné.e.s] pour le simple fait de danser». Le message est clair.