Varsovie convoque l'ambassadeur de France suite à des propos de Macron sur le Premier ministre polonais

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Dans un entretien au quotidien le Parisien le 7 avril, le président français a accusé le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki d'être "un antisémite d'extrême droite, qui interdit les LGBT".

L’ambassadeur de France en Pologne a été convoqué vendredi 8 avril au ministère des Affaires étrangères polonais suite à des propos du président Emmanuel Macron accusant le chef du gouvernement polonais d’« antisémitisme d’extrême droite », a annoncé Varsovie.

« Suite aux déclarations contenues dans l’interview du président de la République française Emmanuel Macron au Parisien, le ministre (polonais, ndlr) Zbigniew Rau a décidé de convoquer l’ambassadeur de France », a indiqué sur Twitter, le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères.

Dans un entretien au quotidien le Parisien le 7 avril, le président français a accusé le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki d’être « un antisémite d’extrême droite, qui interdit les LGBT », après l’avoir déjà accusé de « s’immiscer dans la campagne politique française », pointant sa proximité avec sa rivale d’extrême droite à la présidentielle Marine Le Pen.

Il s’agissait d’une réaction de M. Macron aux propos du chef du gouvernement nationaliste-populiste polonais l’ayant attaqué lundi pour ces entretiens téléphoniques avec Vladimir Poutine.

« Monsieur le président Macron, combien de fois avez-vous négocié avec Poutine, qu’avez-vous obtenu ? On ne débat pas, on ne négocie pas avec les criminels, les criminels doivent être combattus », a lancé alors M. Morawiecki.

« Personne n’a négocié avec Hitler. Est-ce que vous négocieriez avec Hitler, avec Staline, avec Pol Pot », a demandé le Premier ministre polonais, accusant certains dirigeants européens « d’atermoiements » et « de langue de bois ».

Le porte-parole du gouvernement polonais a qualifié vendredi les propos du président Macron d« incompréhensibles » et les a mis sur le compte des « émotions politiques qui accompagnent chaque campagne électorale ».

« Cependant, à l’heure actuelle, parler du Premier ministre du gouvernement polonais dans le contexte de l’antisémitisme est, tout simplement, un mensonge, cela n’a rien à voir avec les faits », a déclaré à la presse Piotr Müller.

« J’espère que cette campagne électorale en France va se calmer un peu, et alors le Président de la France parlera différemment et s’en tiendra réellement aux faits historiques », a-t-il ajouté.