Perpignan : un couple d'hommes porte plainte après une agression qu'ils qualifient d'homophobe
Aidés par l'association LGBT66, les deux hommes ont porté plainte. Joint par Komitid, son président espère que la qualification d'homophobie va être retenue.
Dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août, deux hommes ont été agressés à Perpignan. Le couple marié dînait avec une amie rue des Fabriqués Couvertes, où un DJ faisait un set et ont ensuite rejoint les personnes qui dansaient. Un groupe était présent dans le cadre d’un dîner d’entreprise. L’un d’entre eux s’est approché d’un des deux hommes et lui a violemment saisi l’entrejambe, avant que son mari ne s’interpose.
L’agresseur a alors attrapé le couple par la nuque et a fait s’entrechoquer les deux têtes. « Ils ont été sonnés et très choqués, l’un des deux a failli s’évanouir », explique à Komitid Jean-Loup Thévenot, le président de l’association LGBT66. Les vigiles et les témoins présent·es se sont interposé·es. Les deux hommes sont allés à l’hôpital de Perpignan, où une ITT de deux jours a été conclue par les médecins.
Le couple a contacté LGBT66 le lendemain pour obtenir de l’aide. Jean-Loup Thévenot nous précise que les collègues de l’agresseur qui étaient présents ce soir-là leur ont donné son identité et l’adresse de l’entreprise où il travaille leur est connue.
Le président ajoute que personne au sein de l’entreprise n’a réagi, ce qui a motivé le couple à porter plainte. Le dossier a été confié à Me Rouillard, avocat au Barreau des Pyrénées-Orientales et la plainte a été transférée au préfet ainsi qu’au procureur de la République.
Pour le moment, les policiers n’ont enregistré qu’une plainte d’agression à caractère sexuel, car seul le procureur de la République peut donner le caractère aggravant de l’homophobie. Le président de LGBT66 insiste pour que le caractère homophobe de l’agression soit retenu : « C’est évident. L’agression a été conduite sur deux garçons en même temps. Frapper un couple d’hommes pour qu’ils finissent l’hôpital c’est homophobe ».
Plus généralement, Jean-Loup Thévenot déplore le manque de suivi à la suite des trop nombreuses plaintes : « On a plus d’une plainte par mois, ce qui nous semble beaucoup. Les plaignants sont victimes et en plus n’ont pas de nouvelles. Même lorsqu’on a un agresseur identifié, il ne se passe rien. On aimerait comprendre pourquoi ». « On veut que les gens portent plainte. Cependant, si on n’agit pas avec les instances localement, on n’avancera à rien. Il faut taper pour que ça bouge », soupire-t-il.
L’association va bientôt lancer une ligne d’écoute, qui a vocation d’offrir un support aux plaignants. « Il faut absolument les aider. Dans le cas de l’affaire de Perpignan, la victime qui a le moins été agressée culpabilisé beaucoup », assure Jean-Loup Thévenot à Komitid. « Il faut que la peur change de camp. Il y en a marre du “ pédé caché ” ou du “ pédé qui s’excuse ”. On a le droit de rire comme tout le monde sans avoir peur de se faire agresser ».
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