Démission d'une universitaire britannique accusée de transphobie

Publié le

L'enseignante britannique de philosophie est accusée de transphobie car elle estime entre autre que l'identité de genre ne peut pas l'emporter sur le sexe biologique.

Drapeau trans
Drapeau trans/Shutterstock

Une enseignante britannique de philosophie, accusée de transphobie car elle estime entre autre que l’identité de genre ne peut pas l’emporter sur le sexe biologique « lorsqu’il s’agit de droit et politique », a démissionné après ce qu’elle estime être une campagne de « harcèlement ».

« Kathleen Stock a décidé de quitter l’université », a annoncé l’Université du Sussex (sud de l’Angleterre) dans un communiqué. « Nous le regrettons et nous la remercions pour sa contribution essentielle », a-t-elle ajouté, disant « respecter et comprendre » cette décision.

La démission de Mme Stock intervient trois semaines après une manifestation organisée par certains étudiants, au cours de laquelle des affiches et graffitis réclamaient son renvoi. L’enseignante lesbienne de 48 ans avait affirmé être la cible d’une vague de harcèlement conçue, selon elle, « explicitement pour qu’elle limogée en raison de (son) point de vue universitaire ».

La police lui avait conseillé, dit-elle, de mettre une caméra à sa porte d’entrée ou encore évoqué la possibilité qu’elle ait besoin d’être accompagnée d’agents de sécurité pour se rendre sur le campus.

Sur Twitter, l’enseignante s’est dite « triste » de quitter l’université mais dit vouloir « passer à autre chose » : « Cela a été une période absolument horrible pour moi et ma famille ».

En janvier, des centaines d’universitaires avaient critiqué dans une lettre ouverte la décision de faire Mme Stock chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique, affirmant que sa « rhétorique néfaste » sur les personnes trans renforçait « le statu quo patriarcal ».

Les droits et le statut des personnes trans font l’objet de vifs débats ces dernières années au Royaume-Uni, des intellectuels et auteurs tels J. K. Rowling se trouvant accusés de transphobie et se disant victime de la « cancel culture ».

Plus de 18.000 personnes ont ainsi demandé dans une autre lettre ouverte à la BBC de s’excuser pour un article affirmant que des lesbiennes se sentaient « poussées à avoir des relations sexuelles par certaines femmes trans ».

La lettre décrit l’article comme « incroyablement dangereux », car il suggère que des femmes transgenres « représentent un risque pour les lesbiennes cisgenres en assez grand nombre pour que cela mérite d’être signalé dans les journaux », en faisant ainsi un « phénomène courant » alors qu’il s’agit « d’expériences incroyablement rares et isolées ».

Avec l’AFP