Oliver Hermanus, réalisateur de « Moffie » : « La romance gay dans une ambiance de guerre, cela peut devenir très vite cliché ! »

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Le réalisateur sud-africain explore avec « Moffie » la rencontre assez inédite entre deux territoires narratifs jusqu’alors bien distincts : l’armée et le récit d’apprentissage. Résultat : Une œuvre d’une beauté foudroyante.

« Moffie », d'Oliver Hermanus - Outplay
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Découvert lors du Festival de Cannes 2011 avec un premier long métrage sombre et tragique, Beauty, récompensé de la Queer Palm, le réalisateur sud-africain explore avec Moffie la rencontre assez inédite entre deux territoires narratifs jusqu’alors bien distincts : l’armée et le récit d’apprentissage. Résultat : Une œuvre d’une beauté foudroyante qui donne au film de guerre, les couleurs d’un « coming of age » gay. Komitid a posé quelques questions au réalisateur de ce film qui sort en salles mercredi 7 juillet.

Komitid : Que signifie « Moffie » et pourquoi avoir choisi ce titre ?

Oliver Hermanus : C’est un gros mot. C’est un mot en afrikaans qu’on n’est pas supposé utiliser. C’est un mot que l’on pourrait décrire comme une arme qui est utilisée contre les hommes, contre les hommes queer et même contre les femmes queer. C’est une insulte en rapport avec la sexualité mais également en rapport avec la masculinité. Ce mot a une fonction double : il est homophobe envers les homos et remet en question la masculinité des hétéros. C’est un mot extrêmement chargé de honte. C’était le titre du livre dont je me suis inspiré et c’était fort et signifiant de le garder car ce mot a longtemps effrayé dans mon pays. La scène dans laquelle le héros l’entend pour la première fois est marquante et déterminera la suite de son parcours, c’est un point de départ de l’histoire.

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