3 questions à Maxime-Margaret Loiry, co-créatrice du guide des « Droits et libertés des personnes transgenres » de Stop Homophobie

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« En matière de droits et libertés, la France s’illustre à la fois par un retard dramatique et une vision transphobe irradiant en substance toute la société ».

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Le Guide pratique « Droits et libertés des personnes transgenres » - Maxime-Margaret Loiry

Maxime-Margaret Loiry est diplômée en Droit public de l’Université Grenoble-Alpes. Spécialiste des problématiques administratives et territoriales, elle s’intéresse également aux questions de genre, aux transidentités et à la communauté LGBTI+.

Engagée au sein de plusieurs associations LGBTI+ françaises et européennes, elle apporte ses conseils pour élaborer des stratégies de lutte contre les discriminations liées au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle.

Elle est l’autrice d’un rapport de recherche sur la procédure de modification de la mention du sexe à l’état civil en droit français. En tant que personne trans, elle milite pour que la France reconnaisse pleinement les droits et libertés des personnes trans.

Avec l’avocat Étienne Deshoulières, elle a créé pour l’association Stop Homophobie un guide pratique intitulé Droits et libertés des personnes transgenres. 

Komitid : Comment vous est venue l’idée de créer ce guide avec Étienne Deshoulières ?

Maxime-Margaret Loiry : Cette idée est venue en constat à la situation des droits et libertés des personnes transgenres en France. Trop peu d’associations militantes disposaient d’un guide juridique ou d’outils sûrs en matière de transidentités. Souvent lacunaires, disparates ou dépassés car oubliant les avancées juridiques, nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose d’utile pour la communauté trans. Étant moi-même concernée, je me disais qu’il fallait projeter sur ce terrain Stop Homophobie en élaborant un guide très pratique sur tous les aspects de la vie courante d’une personne transgenre allant du changement de prénom aux transparentalités en passant par les droits sociaux. 

Étienne Deshoulières a été d’une aide précieuse. L’œil de l’avocat s’est confondu avec mon œil de spécialiste des transidentités. Dans le cadre de mes études, j’avais déjà publié un rapport sur la modification de la mention du sexe à l’état civil pour Stop Homophobie. Avec Étienne Deshoulières, nous avons choisi un regard juridique pratique tant pour les personnes concernées, les professionnel·les du droit et les allié·es des luttes transidentitaires.  

« En matière de droits et libertés, la France s’illustre à la fois par un retard dramatique et une vision transphobe irradiant en substance toute la société ».

Comment s’est déroulée la création de ce guide ?

Sa création a été un travail de longue haleine. Nous avons dû coordonner nos idées pour avoir un rendu final clair et de qualité. Ce qui diffère avec les personnes transgenres en comparaison avec les autres communautés de la grande famille LGBT, c’est qu’en matière de droits et libertés, la France s’illustre à la fois par un retard dramatique et une vision transphobe irradiant en substance toute la société. En matière de famille, de sécurité sociale, de démarches administratives, les personnes transgenres se voient contraintes par des obstacles institutionnels et politiques majeurs. Il faut que les institutions, médecins ou professionnel·les du médico-social arrêtent de jouer avec la vie des personnes transgenres. C’est une question de survie et d’autodétermination. 

Mon rôle avec Etienne Deshoulières est de faire en sorte que ces obstacles s’effritent le plus possible pour enfin permettre aux personnes transgenres de pouvoir vivre en tant que citoyen·nes de la République à part entière. Le mur séparant les personnes transgenres du reste de la société s’effrite lentement. Notre travail y contribue.   

Nous avons reçu l’appui de personnalités politiques et universitaires de premier plan qui ont accepté de préfacer notre guide en plus de nous soutenir. Jean-Luc Romero-Michel, Amélie Imbert et Loïc Bret nous ont permis de mener notre travail à son terme. Nous les en remercions. 

Quel est l’objectif de ce guide ?

Mettre à disposition des personnes transgenres, des professionnel·les du droit et des allié·es de la cause transgenre un guide juridique pratique de haut niveau regroupant toutes les principales étapes de la vie d’une personne transgenre. Du changement de prénom aux transparentalités en passant par les démarches à mener auprès de l’Éducation nationale et des employeurs publics et privés, Stop Homophobie a créé un outil qui se distingue des autres modèles par ses recommandation sûrs réalisées par une personne transgenre pour les personnes transgenres.

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