3 questions à Santi Zegarra, le réalisateur du film « Re-naissances, le voyage de l’âme »

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Après de nombreuses annulations de festivals LGBT+ en France, Queerscreen, la 1ère plateforme de VOD LGBT+, le site web gay JocK.life et l'appli de rencontre JocK se sont associés pour mettre au point le premier festival de cinéma LGBT+ en ligne qui se terminera le dimanche 21 mars. Le film documentaire « Re-naissances, le voyage de l’âme », est programmé mardi 16 mars et Komitid a rencontré son réalisateur, Santi Zegarra.

Re-naissances, le voyage de l’âme - Santi Zegarra/Santi Zegarra

Re-naissances, le voyage de l’âme, c’est un film documentaire qui retrace le parcours de quatre migrant·es ayant fui leur pays d’origine pour venir se réfugier en France et trouver un espace de liberté où ils peuvent vivre pleinement leur orientation sexuelle et leur identité de genre.

Le film sera disponible sur la plateforme de VOD LGBT+ QueerScreen dès demain*, mardi 16 mars. Komitid a rencontré Santi Zegarra, le réalisateur de Re-naissances, le voyage de l’âme

Komitid : Pouvez-vous décrire votre parcours ?

Santi Zegarra : Je suis un cinéaste franco-péruvien, basé à Paris, mais je voyage autour du monde pour réaliser mes films et d’une certaine manière je pars à la recherche de moi-même. Donc, le sujet de l’immigration internationale est le fil conducteur de mes travaux artistiques.

« Le sujet de l’immigration internationale est le fil conducteur de mes travaux artistiques »

Quel est l’élément déclencheur qui vous a poussé à réaliser le film Re-naissances, le voyage de l’âme ?

Re-naissances, le voyage de l’âme est né quand j’étais militant de l’association ARDHIS. J’ai découvert des migrants LGBT+, venus des quatre coins du monde en France, pays des droits de l’homme. Pour moi, c’était un choc de me confronter à leurs témoignages terribles sur la discrimination sexuelle dans leurs pays d’origine. Voilà le sujet du film : quatre portraits de migrants, quatre continents et l’espoir d’un monde meilleur dans ce pays d’accueil.

Parlez-nous un peu des intervenant.e.s du film… Comment les avez-vous choisis ?

Giovanna Rincon, femme trans colombienne. Directrice de l’association ACCEPTESS-T, elle est devenue une égérie de la cause Trans et la défense des droits de personnes transmigrantes en France. Notre rencontre était magique et sa participation est devenue une évidence pour tous les deux.

Roman Sorokine, homme trans russe, risquait la prison dans la Russie de Poutine. J’ai eu la chance de faire sa connaissance à son arrivée à Paris en 2013, grâce à Giovanna. À l’époque il ne parlait pas un mot de français, mais je suis lancé avec lui dans cette aventure.

Cate Naluwooza, jeune femme lesbienne ougandaise, était égarée à son arrivée de Paris. Ce n’était pas évident pour elle de participer au film. Elle avait peur de se dévoiler à moi, un homme. Elle était violée à répétition en Ouganda. Elle risquait la prison pour son orientation sexuelle.

Yi Chen, jeune homme chinois gay, s’est installé à Paris pour vivre pleinement son orientation sexuelle. Il a accepté de témoigner dans le film pour faire évoluer la Chine sur la discrimination des minorités sexuelles et de genre.

Question bonus : Avez-vous une anecdote à nous raconter sur la réalisation/tournage de Re-naissances, le voyage de l’âme ?

Avec chaque participant, ma méthode, c’était une série d’entretiens privés pour établir des liens de confiance et d’amitié. Giovanna m’a dit un jour : “ avec ton allure et ton accent, tu es aussi un foutu migrant comme nous ”. (Rires).

 

* L’accès au festival est réservé aux abonné·es de la plateforme QueerScreen.

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