Le Conseil de Paris vote une place Claude-Goasguen après un échange houleux

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Au nom du groupe EELV, l'élue Alice Coffin s'est opposée à un tel hommage « en raison de multiples comportements et déclarations relevant du racisme, du sexisme, de l'homophobie, du classisme ».

Claude Goasguen (3e en partant de la gauche) le 16 avril 2013, dans le cortège d'une manifestation anti mariage pour tous - DR

Le Conseil de Paris a voté mercredi 10 mars une place Claude-Goasguen, ancien ministre, député et maire LR du XVIe arrondissement décédé en 2020, après un échange houleux entre les groupes LR et EELV ayant entraîné une suspension de séance et un scrutin public.

La délibération a été adoptée par 82 voix pour, dont celle de la maire PS Anne Hidalgo, de son premier adjoint Emmanuel Grégoire, et de son adjoint Patrick Bloche qui présidait la séance, 34 contre et deux abstentions.

La future place Claude-Goasguen se situe dans le quartier de La Muette, au coeur du XVIe arrondissement dont il fut maire de 2008 à 2017.

Au nom du groupe EELV, l’élue Alice Coffin s’est opposée à un tel hommage « en raison de multiples comportements et déclarations relevant du racisme, du sexisme, de l’homophobie, du classisme ».

Le conseiller LR Francis Szpiner, maire du 16e arrondissement a alors accusé la militante féministe et des droits LGBT de « cracher sur la mémoire de Claude Goasguen » et cité le poète René Char : « il existe une sorte d’homme qui sont toujours en avance sur leurs excréments ».

Demande d’excuses

Fatoumata Koné, présidente du groupe EELV, a accusé M. Szpiner d’être « insultant », lui demandant des excuses ainsi qu’un scrutin public et une interruption de séance. « Je persiste et signe », a répondu M. Szpiner. Le président de séance, Patrick Bloche, a fait valoir la liberté d’expression de chacun·e.

« C’est vous qui êtes insultante », a répliqué Aurélie Pirillo, élue LR qui avait auparavant fait l’éloge de Claude Goasguen, « un homme de valeur », « très ouvert d’esprit » mais qui « comme tout homme de convictions, pouvait être clivant ».

L’adjointe PCF à la mémoire, Laurence Patrice, a soutenu l’hommage à « un élu républicain, là où il fut maire », et souligné que cette dénomination « n’avait pas porté à discussion » lors de son passage en commission.

Figure de la droite parisienne, Claude Goasguen est décédé d’un arrêt cardiaque fin mai 2020, à l’âge de 75 ans, alors qu’il se rétablissait du coronavirus.

Le président de la République Emmanuel Macron avait salué « une grande voix politique qui manquera au débat républicain ». Mais pour ses détracteurs, Claude Goasguen fut dans sa jeunesse partisan de l’Algérie française et dirigeant de la Corpo d’Assas, syndicat étudiant proche d’Occident, ainsi qu’un opposant au pacs et au mariage pour tous.

Ce vote a aussi divisé au sein de l’exécutif parisien. Plusieurs adjoint·es proches d’Anne Hidalgo étaient absent·es au moment du vote, en particulier Hélène Bidard, Jean-Luc Romero-Michel et Audrey Pulvar.

 

 

L’adjoint au logement Ian Brossat a lui voté contre tout comme David Belliard.

 

Cette décision a aussi suscité une réaction indignée de Fiertés en commun, le groupe LGBT+ de Paris en commun.

 

« On vit déjà dans une société où l’égalité des droits est loin d’être effective pour en plus honorer la mémoire d’un sinistre personnage qui s’est distingué par son homophobie, son racisme et son sexisme crasses », a notamment protesté sur Twitter Aurélien Beaucamp, président de l’association Aides.

Avec l’AFP

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