La Malaisie critiquée pour vouloir renforcer ses lois LGBTphobes
Des associations alertent le gouvernement de Malaisie pour renoncer à la proposition d'aggraver les sanctions pénales contre les personnes LGBT+.
Le vice-ministre des affaires religieuses Ahmad Marzuk Shaary de la Malaisie a proposé des amendements à la Loi 355 relative aux tribunaux de la Syariah — le terme malais pour la charia. Ces modifications permettraient aux tribunaux des États de prononcer des peines plus sévères pour les personnes LGBT+.
La loi 355 limite pour l’instant les peines qui peuvent être prononcées par les tribunaux de la charia contre les personnes LGBT+. La peine actuelle en vertu de la loi fédérale comprend trois ans d’emprisonnement, une amende de 5 000 Ringgit malais (1 017 euros) et six coups de canne.
D’après Malay Mail, Ahmad Marzuk Shaary a déclaré que cette punition « n’avait pas beaucoup d’effet sur le groupe de personnes ». « Toutes les agences religieuses et les forces de l’ordre de l’État ont reçu pour instruction de prendre des mesures contre les [personnes LGBT+] qui ne se comportent pas en conséquence », affirme-t-il.
Pour l’ONG de défense Human Rights Watch (HRW), la décision de renforcer les sanctions pénales contre les personnes LGBT+ en Malaisie est la dernière d’une série de mesures pour cimenter une position contre les droits LGBT+ et les droits humains sous le gouvernement.
Neela Ghoshal, directrice associée des droits LGBT+ pour HRW, a assuré que les statuts étatiques et fédéraux de Malaisie qui criminalisent les personnes LGBT+ sont « déjà interdits » vis à vis du droit international. Elle ajoute que le gouvernement « semble s’enfoncer encore plus dans son mépris des droits humains ». « Plutôt que de renforcer les sanctions pour les actions qui ne nuisent à personne, le gouvernement devrait abroger ces sanctions », explique Neela Ghoshal.
Les 13 États de Malaisie criminalisent les relations entre personnes de même sexe ainsi que la transidentité. Le code pénal fédéral punit également toute forme de relations sexuelles entre personnes de même sexe jusqu’à 20 ans de prison et des coups de bâton.
Dans ses propositions, Ahmad Marzuk Shaary évoque également que le fait d’être trans et de produire ou de partager du contenu sur les réseaux sociaux jugé « obscène et indécent » pourrait être jugé comme une infraction spécifique en vertu de la Loi 355. Selon The Straits Times, cela inclut la publication ou le partage d’images en lien avec la transidentité.
« En Malaisie, les personnes transgenres vivent dans la peur d’être ciblées et poursuivies simplement à cause de qui nous sommes. Ne faisons-nous pas partie de la société ? Ne sommes-nous pas censés être protégées par les lois comme les autres ? », s’interroge la militante trans Nisha Ayub, citée par HRW.
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