Zanzim : « J’ai pris un réel plaisir à passer d’un personnage féminin à un personnage masculin et vice-versa »

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Le dessinateur de « Peau d’homme » retrace la genèse de ce conte médiéval contre le sexisme et l’homophobie. Et tout ce qu’il doit à l’engagement de son scénariste, Hubert, décédé l’hiver dernier et dont il parle toujours avec émotion.

Zanzim (photo Frédéric Morellec), dessinateur de « Peau d'homme », scénario de Hubert, aux éditions Glénat
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La première fois qu’Hubert, scénariste, et Zanzim, dessinateur, se sont croisés, en 1996, l’un était déguisé en nuage, l’autre en monstre des marais. Dans la foulée de cette première rencontre dans une soirée costumée, les deux étudiants aux Beaux-Arts d’Angers ont partagé vingt ans de compagnonnage professionnel et amical jalonnés par une demi-douzaine d’albums en commun (Les Yeux verts, La Sirène des pompiers, Ma vie posthume…).

Mais Hubert n’aura pas vu la sortie de Peau d’Homme. En février, à 49 ans, il a mis fin à ses jours. Zanzim reste seul pour porter leur « bébé », une fable sociale foisonnante qui met en scène l’émancipation féminine sur fond de transidentité et célèbre joyeusement la liberté d’aimer face à l’intolérance religieuse. Un condensé des combats dont Hubert a irrigué son œuvre. Et que Zanzim s’est employé à surligner d’un trait subtil et léger pour l’imposer comme l’un des évènements graphiques de 2020.

Komitid : Quelle est la trame de « Peau d’Homme » ? 

Zanzim : L’histoire se situe à la Renaissance. Bianca, une demoiselle de 18 ans, doit épouser un prétendant. Par chance, l’élu est plutôt jeune et beau mais elle a un regret : elle ne le connaît pas. Lorsqu’elle en parle à sa marraine, celle-ci lui confie le secret des femmes de sa famille : une peau qu’elle va pouvoir enfiler pour se transformer en homme et dans laquelle elle pourra aller incognito à la rencontre de son futur mari. Au début, lorsque Bianca devenue Lorenzo approche de Giovanni, elle le trouve un peu lourd avec ses copains. Mais, au fur et à mesure, il lui apparaît comme bien sympathique et réciproquement car Giovanni est, en fait, attiré par les garçons. Une situation à l’origine de plein de quiproquos…

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