Stéphane Riethauser : « Ma grand-mère et moi avons dû faire face à la même problématique, se soumettre au système et être malheureux ou se rebeller »

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Ce documentaire qui devait sortir initialement au printemps dernier a reçu un accueil enthousiaste, et de nombreux prix, dans plusieurs festivals. Komitid a rencontré son réalisateur.

« Madame », de Stéphane Riethauser, en salles le 26 août 2020 - Outplay
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Stéphane Riethauser, né en 1972 à Genève, est un réalisateur de nombreux films et de documentaires en particulier pour la télévision suisse. Il est aussi l'auteur d'À visage découvert, un livre sur le coming out.

Son père aurait voulu être cinéaste mais n'a pas poursuivi. En revanche, il a laissé beaucoup de films qui constitue la matière première de Madame, un hommage à sa grand-mère et au-delà, une réflexion sur la domination masculine, à voir au cinéma à partir du 26 août. Komitid l'a rencontré.

 

Komitid : Quand on voit « Madame » et qu’on se rend compte de toutes les images d’archives familiales dont vous disposiez, on se dit que cela doit faire très longtemps que vous pensez à ce film ou en tout cas à un récit de jeunesse ?

Stéphane Riethauser : Cela fait des années que je portais ça en moi parce que j’ai participé aux montages des films Super 8  que mon papa faisait. Le dimanche après-midi, en hiver, on était dans la salle à manger et on montait ces films pour montrer une bobine de 45 minutes où l’on avait assemblé toutes les petites pellicules Kodak. J’avais le droit de jouer avec les ciseaux et la colle sur une petite visionneuse. C’est mon père qui m’a transmis le virus du cinéma car il était un cinéaste frustré même s’il s’est exprimé via cette forme de cinéma amateur pour laquelle il a utilisé sa famille, filmé sa famille. J’ai la chance d’avoir mon enfance documentée en Super 8. J’ai pris le relais à l’âge de 13 ans en faisant des petits westerns, des films d’espionnage. Je n’ai pas tout mis dans le film mais il y a aura un petit clip et un bêtisier dans les bonus du DVD sur le « Où sont les femmes ? » de Patrick Juvet dont j’avais acheté les droits.

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