Malou Reymann, réalisatrice de « A Perfect Family » : « Je ne voulais pas tomber dans le cliché et une représentation sensationnaliste »

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Pour son premier film, la réalisatrice danoise aborde le sujet de la transidentité du point de vue de la cellule familiale avec délicatesse et une pointe d’humour salvatrice.

Image extraite de « A Perfect Family », de Malou Reymann  - Haut et Court
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Parler de son père au féminin, ce n’est finalement pas si compliqué et c’est ce que fait Malou Reyman depuis ses 11 ans. Comédienne danoise qui a débuté très jeune, elle s’est inspirée de son enfance pour raconter la transition de genre de son père. C’est donc à travers le personnage d’Emma, une jeune fille pré-adolescente, que cette histoire est perçue et racontée. Komitid a rencontré la réalisatrice de ce premier film extrêmement touchant qui aborde le sujet de la transidentité du point de vue de la cellule familiale avec délicatesse et une pointe d’humour salvatrice.

Komitid : Comment êtes-vous arrivée à l’idée de raconter votre propre histoire dans votre premier film ?

Malou Reymann : Tout d’abord je tiens à préciser que le film est basé sur mon expérience mais qu’il n’est pas tout à fait mon histoire. C’est quelque chose que j’ai vraiment vécu mais de très nombreux films différents pourraient en être inspirés. Mais c’est vrai que j’ai décidé d’utiliser mon expérience pour raconter cette histoire-là, même si je n’étais pas très sûre au départ de savoir comment parler de ce sujet. Cela m’intéressait vraiment de me concentrer sur les relations de deux filles avec leur père au moment où celle-ci vivait sa transition, de comprendre comment chacune d’entre elles pouvait voir les choses. Cela me semblait intéressant de mettre en parallèle les réactions différentes de ses deux filles et le regard de la société sur les personnes transgenres. Je voulais également en faire une vraie expérience de cinéma car cette perspective, le point de vue des enfants, est quelque chose que je n’avais pas vu avant. Et il me semble que cela peut être une véritable porte d’entrée pour des personnes qui n’auraient pas envie de voir un film sur la transidentité. Les enfants ne vont pas accepter ce changement de prime abord, le processus de compréhension va être long et c’est tout à fait comparable à la façon dont réagissent la plupart des gens dans nos sociétés occidentales parce qu’ils n’en ont pas fait l’expérience par eux-mêmes. Et on peut dire qu’Emma, la plus jeune de ses deux filles, qui est dans le refus au départ est la plus représentative de la société actuelle et de son regard un peu à l’ancienne sur le genre. 

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