Une journée au 190, le premier centre de santé sexuelle LGBT+, qui fête ses 10 ans

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Fondé en 2010 par le Dr Michel Oyahon, le 190 est le premier centre de santé sexuelle LGBT+ ouvert en France. Komitid est allé à la rencontre des membres de l'équipe pour savoir comment se passait leur quotidien en temps de crise sanitaire.

L'équipe du 190, centre de santé sexuelle, au grand complet - Photo Le 190
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Mardi 2 juin, premier jour officiel de la phase 2 du déconfinement. Nous avons rendez-vous avec l’équipe du 190 à leur nouvelle adresse dans le 11ème arrondissement à Paris. C’est leur troisième adresse en dix ans (le centre était soutenu par Sida Info Service jusqu’en décembre 2015 puis a été repris par Aides en mars 2016.

Une fois arrivé dans le centre, il faut suivre un protocole strict : port du masque obligatoire, lavage des mains avec du gel hydroalcoolique et distance physique dans la salle d’attente et avec les secrétaires à l’accueil, où des vitres de protection ont été installées.

Un centre confiné mais ouvert aux urgences

Marine Plathey, infirmière et coordinatrice des soins du 190 revient sur les trois derniers mois : « C’était un peu compliqué au début. Comme tout le monde on n'avait pas toutes les informations sur la gravité du virus. Assez rapidement on a mis en place des mesures d’hygiène plus strictes que d’habitude. À l’annonce du confinement, nous avons décidé de maintenir le centre de santé ouvert pour les urgences, notamment pour les TPE (Traitement Post exposition) et les découvertes de séropositivité. »

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  • solatorobo

    Ce centre de la honte… c’est très fort dit ainsi mais je reste sur l’expérience d’un appel pour se renseigner sur la prep à qui répond cash « on est complet allez voir ailleurs ! [raccroche] ».
    Rarement vu plus direct et moins attentif sur des questions de santé et de bienveillance ou de tolérance qui sont pourtant les valeurs qu’ils prônent. Un jeune de 18 ans qui appellerait pour avoir un accompagnement et des conseils sur sa sexualité et les protections à adopter ne pourrait pas être moins bien reçu. Et après on s’étonne des phénomènes de prises de comprimés sauvages ou de rapports sans aucune protection.
    Faire de la com’ c’est bien (preuve en est encore avec cet article) mais accompagner les nouveaux, jeunes ou moins jeunes, qui ont besoin d’une écoute, de conseils qu’ils ne trouvaient pas dans le système médical traditionnel souvent peu adapté sur les questions sexuelles et encore plus pour les gays, c’est encore mieux.
    Ce centre s’adresse finalement surtout à des bandes de copains cooptés les uns les autres (il n’y a qu’à voir leur antenne du SPOT où sous couvert de réunions de discussion Prep par exemple, ce sont surtout des clubs d’amis qui font des apéros ou bien quand on prend un rendez-vous dépistage et que l’on se voit prendre sa place par un « habitué ») et il ne remplit plus sa mission initiale, c’est désolant.
    Ils devraient songer à ouvrir un second centre (a fortiori si le premier est « complet » (la honte franchement l’usage de ce terme)) qui fasse vraiment dans le social. Il y a assez de jugements négatifs dans la société pour éviter d’en rajouter dans des espaces qui devraient justement servir d’espaces réellement bienveillants.

  • julien

    Super article, mais je n’en attendais pas moins du rédacteur !

  • arnosa

    Bravo à toute l’équipe: un super centre, le 190! ++++