L'IGPN saisie après des propos « racistes et homophobes » par des policiers envers un collègue

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La saisine de l'IGPN fait suite à la plainte déposée en décembre contre six de ses collègues par un policier noir de l'Unité d'assistance administrative et judiciaire

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La police française - pixinoo / Shutterstock

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie jeudi 16 janvier après la publication de propos discriminatoires et diffamants diffusés sur le réseau social WhatsApp par des policiers à l’encontre d’un de leurs collègues, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

« L’IGPN a été saisie du chef de diverses infractions, notamment diffamation non publique aggravée et provocation non publique à la discrimination », a indiqué le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache, confirmant une information de Paris Normandie.

La saisine de l’IGPN fait suite à la plainte déposée en décembre contre six de ses collègues par un policier noir de l’Unité d’assistance administrative et judiciaire (UAAJ), a-t-on appris de source policière.

Propos racistes et homophobes

Le policier qui a déposé plainte a eu accès à une boucle de messages WhatsApp créée par ses collègues. Certains messages contenaient des propos racistes et homophobes le visant, a-t-on indiqué de même source, précisant que le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) a diligenté une enquête administrative et qu’une enquête judiciaire a également été ouverte.

« Des collègues ont déjà été entendus. Certains propos concernés ont été reconnus. Il y en a deux ou trois qui sont sérieusement impliqués. »

« Des collègues ont déjà été entendus. Certains propos concernés ont été reconnus. Il y en a deux ou trois qui sont sérieusement impliqués. Les autres ont suivi par effet de groupe. Il n’y pas eu de garde à vue », a-t-on ajouté.

Selon une autre source policière, la plainte a été déposée pour injures à caractère racial non publiques, incitation à la haine non publique et diffamation non publique. Les six fonctionnaires sont toujours en poste.

Cité par Paris Normandie, le commissaire divisionnaire Maudier précise que l’enquête administrative se poursuit : « Le fonctionnaire, qui a déposé plainte, a été affecté dans un autre service à sa demande, les autres sont, pour le moment, toujours en poste en attendant les suites données à ce dossier ». Le directeur départemental de la Sécurité publique décidera — ou pas — dans les prochaines semaines d’un renvoi des policiers mis en cause devant le conseil de discipline. « Rien n’est fait, mais je ne donne pas cher de leur peau. Ils vont passer au tourniquet », anticipe un policier cité par Paris Normandie.