Les Dégommeuses s'insurgent des propos lesbophobes du responsable technique de la PSG Academy

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Dans une interview, Pierre-Yves Bodineau, le responsable technique de la PSG Academy, a tenu des propos visant à invisibiliser les joueuses de foot lesbiennes. 

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Les Dégommeuses - Capture d'écran / Facebook

Pierre-Yves Bodineau, le responsable technique de la PSG Academy, a donné une interview au blog Soccer Populaire. 

Ancien entraineur d’une équipe féminine de football, il est interrogé sur « le sujet qui fâche » : la gestion d’un club où jouent des femmes lesbiennes et hétéros. Sa réponse a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, notamment des Dégommeuses, une équipe de foot majoritairement composée de femmes lesbiennes et trans. 

Dans un post sur Facebook, les Dégommeuses écrivent : « Depuis longtemps les Dégos dénoncent la loi du silence qui pèse sur les joueuses de foot lesbiennes. Le responsable de la PSG Academy nous démontrent que les nôtres n’étaient pas des fantaisies paranoïaques. »

[CQFD – LA RUEE VERS LE PLACARD] Depuis longtemps les Dégos dénoncent la loi du silence qui pèse sur les joueuses de…

Publiée par Les Dégommeuses sur Jeudi 19 décembre 2019

Pierre-Yves Bodineau explique que, vis à vis des joueuses homosexuelles, il ne pouvait « aucunement les interdire de tomber amoureuse entre coéquipières, ni d’avoir des pulsions car c’est impossible et contre-nature… Mais en revanche, il était défendu qu’elles le montrent, ni même le laissent deviner, durant les moments de vie en collectivité  ».

« Et il est nécessaire pour ne penser qu’au football que votre groupe soit apolitique, athée et asexué ».

« J’ai souvent dû faire prendre conscience aux joueuses concernées de l’intérêt pour elles de se protéger par rapport à ça et, par la même occasion, d’éviter de nuire au groupe entier. Tout comme pour les opinions politiques ou les religions, lorsque tu viens au football, c’est l’intérêt du groupe qui prime. Et il est nécessaire pour ne penser qu’au football que votre groupe soit apolitique, athée et asexué.  »

L’activiste lesbienne Gwen Fauchois a également réagi : « Confusion entre une fois de plus entre identité collective, identité institutionnelle et libre expression de chacun.e à l’intérieur de l’espace commun et/ou public. Encore une fois est considéré comme neutre, ici asexué, l’hétérosexualité par défaut. »

Des propos qui contribuent à invisibiliser les footballeuses lesbiennes, qui ne peuvent pas s’assumer dans leur travail.