Giulia Foïs de « Pas son genre » sur France Inter : « J'avoue une tendresse pour la marge et un léger frétillement à l'idée même de la transgression »

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Sur France Inter, le vendredi de 20 heures à 21 heures, Giulia Foïs propose « Pas son genre », une émission qui aborde le genre, les féminismes et les sujets LGBT+ avec les personnes concernées. Pour Komitid, elle évoque son parcours journalistique et personnel sur ces questions.

Giulia Foïs
Giulia Foïs anime « Pas son genre », sur France Inter, le vendredi à 20 heures - Christophe Abramowitz / Radio France
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Sexisme, féminisme, égalité, parité et inclusivité ! À l’antenne de France Inter depuis septembre, Pas son genre, l’hebdo, émission consacrée au genre, aux féminismes et aux sujets LGBT+, n’est en aucun cas une façon de surfer sur l’air du temps mais bien la première émission grand public en France à aborder ces sujets de société en donnant la parole aux concerné.e.s sans fard et avec un vrai souci de pédagogie joyeuse. Pour preuve, Giulia Foïs, aux commandes de cette tranche horaire du vendredi de 20h à 21h sur France Inter, n’en est pas à son coup d’essai. Pour Komitid, partenaire de l’émission, elle est revenue sur son parcours qui a toujours mis en perspective son métier de journaliste, ses convictions féministes et une inclusivité naturelle. Rencontre avec une journaliste consciente de l’époque et de ses blocages et marges de progrès.

Komitid : Comment votre parcours vous a amenée aux commandes d’une émission comme « Pas son genre » ?

Giulia Foïs : J’ai un parcours assez bordélique ! J’ai fait le CFJ et j’ai gagné le prix Charles-Lescaut qui fait gagner un an de CDD à RFI. Je voulais être reporter de guerre. Aujourd’hui je suis sur une autre forme de combat ! J’ai fait mes classes en news pures en présentant des journaux et je profitais de mes quatre mois annuels de carence pour faire du reportage. Cela a été très formateur mais j’ai eu envie, à un moment, d’avoir une écriture plus personnelle, plus incarnée. J’ai glissé vers les programmes et j’ai travaillé aussi en presse écrite à Libé, Marianne et Psychologies Magazine. J'ai tenu une rubrique internationale dans l’émission « Arrêt sur images ». J’ai une hantise dans la vie c’est de me faire chier donc je préfère bosser comme une tarée ! Tout cela a duré pendant une douzaine d’années. Puis le Mouv’ m’a appelé car Philippe Dana avait confié à Isabelle Nanty, grande copine de ma sœur Marina, qu’il cherchait un profil d’animatrice avec une formation de journaliste. J’ai donc coanimé une émission avec Daniel Morin et j’ai vraiment appris à animer au sens noble du terme, c’est à dire à insuffler une âme.

J’ai quitté l'info parce que je ne crois pas à l’objectivité journalistique, on a tous un biais. D’ailleurs depuis toujours ceux qui pensent le monde pour nous sur les plateaux sont des mâles blancs hétérosexuels, ils ont un biais eux aussi ! Quand les gens écoutent « Pas son genre » ou lisent Komitid, au moins ils savent où ils mettent les pieds !

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