#Noisiel : une sextape déclenche une vague de haine homophobe sur Twitter

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Une vidéo publiée mardi 26 novembre sur les réseaux sociaux montrant deux hommes en plein rapport sexuel a provoqué une vague de commentaires homophobes sur Twitter.

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Une déferlante de tweets homophobes est arrivée sur le #Noisiel - GaudiLab / Shutterstock

Une sextape entre deux jeunes hommes a été publiée sur Twitter mardi 26 novembre. Une vague de commentaires homophobes a émergé sur le hashtag #Noisiel (ville de Seine-et-Marne), ce qui a forcé un des deux hommes à fuir la France, selon l’association Urgence Homophobie.

D’après Marine Giner-Dufour, la porte-parole de l’association, le jeune homme « a quitté la France et s’est mis en sécurité à l’étranger, d’après ses proches ».

« Le cyberharcèlement, déjà très violent, s’est traduit par un harcèlement direct sur son numéro privé, des menaces et il a eu peur qu’on vienne l’agresser directement », a-t-elle expliqué à l’AFP. « Cette histoire montre que le cyberharcèlement a des conséquences très concrètes dans la vie des gens. »

Une déferlante de tweets homophobes sur #Noisiel

Depuis mardi, #Noisiel a été partagé plusieurs dizaines de milliers de fois et a fait l’objet de très nombreux commentaires homophobes sur Twitter. Des réactions qui ont provoqué la colère de plusieurs associations et de quelques membres de la classe politique.

Le candidat LREM à la Mairie de Paris, Cédric Villani, a notamment fait part sur Twitter de son « immense sentiment de dégoût en découvrant la déferlante de tweets homophobes » liés à cette histoire. « Le jeune homme qui en est victime doit avoir tout notre soutien », a-t-il ajouté.

Au-delà des réactions, les associations de défense des personnes LGBT « veulent des actes », a insisté Marine Giner-Dufour. Une loi contre le cyberharcèlement, qui prévoit notamment d’imposer aux plateformes internet et aux réseaux sociaux, de retirer sous 24 heures tout propos haineux, est en cours d’adoption. Mais la porte-parole estime que « le changement n’est pas assez rapide ».

« Twitter ne fait absolument pas son travail : la vidéo a été supprimée sur le compte principal (qui l’a publiée), mais elle a été reprise par d’autres comptes et elle tournait encore ce midi », a-t-elle dénoncé. « Il faut des mécanismes qui rappellent aux gens que partager ce genre de vidéos, c’est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

En 2018, les personnes LGBT+ ont signalé 231 agressions physiques à SOS homophobie, un record historique après une augmentation de 66 % sur un an. Et Internet reste « le premier lieu d’expression des LGBTphobies », avait déploré l’association lors de la remise de son rapport annuel en mai.

Avec l’AFP