Alexis Langlois : « Les gens peuvent s’identifier à une petite cuillère dans “ Toy Story 4 ” mais dès qu’on est dans le domaine du genre, on nous oppose l’universalité »

Publié le

Komitid a rencontré le jeune réalisateur et deux de ses comédiennes Nana Benamer et Naelle Dariya pour évoquer cette comédie en forme de « revenge movie » fantasmé, parodique et politique qui dynamite les codes et impose un quatuor de personnages de femmes trans belles, rebelles, affirmées et inspirantes.

De la Terreur mes sœurs !
Alexis Langlois au centre, Nana Benamer (première en partant de la droite de la photo), Naelle Dariya (2ème en partant de la droite) / Paloma Pineda pour Trois Couleurs
Article Prémium

Fait rare pour un film d’un peu moins de 30 minutes, De la Terreur mes sœurs !, troisième court métrage d’Alexis Langlois va bénéficier d’une petite sortie en salles. Le film sera sur les écrans du MK2 Beaubourg à Paris pour une semaine à compter de mercredi. Komitid a rencontré le jeune réalisateur et deux de ses comédiennes Nana Benamer et Naelle Dariya pour évoquer cette comédie en forme de « revenge movie » fantasmé, parodique et politique qui dynamite les codes et impose un quatuor de personnages de femmes transgenres belles, rebelles, affirmées et inspirantes.

Komitid : Comment est née l’idée de « De la Terreur mes sœurs ! » et comment s’est faite la collaboration entre réalisateur et actrices ?

Alexis Langlois : L’idée de départ c’était de faire un faux « revenge movie » que j’ai écrit avec Hania Ourabah qui connaissait aussi les filles puisqu’on avait tous travaillé ensemble sur Fanfreluches et idées noires, mon premier court métrage. L’idée c’était d’écrire un film pour elles quatre qui racontait de manière un peu différente toutes les anecdotes liées à la transphobie qu’elles vivent tous les jours, et de prendre le contrepied de ce qui est souvent fait avec des personnages trans : ne pas être dans la douleur. Comme ce sont mes copines et que j’ai fait d’autres films avec elles, j’ai voulu leur écrire des personnages dans lesquels j’avais envie de les voir. Des personnages forts ou en tout cas différents, charismatiques et qui sont dans des genres de cinéma qui ignorent les personnes trans. Il fallait qu’elles aient chacune leur grand moment dans le film, qu’elles soient la vedette de leur scène.

Nana Benamer : Ce qui m’a plu dans mon personnage, c’est ce côté plutôt flatteur de princesse du RER ! Mais les choses n’ont pas été des « copier-coller » de nos vies nécessairement, ce sont des éléments enjolivés, recrés en sortant de l’idée de naturalisme. Il a fallu faire quelque chose d’épique et de cinématographique, ce n’est pas du documentaire !

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous