Comment le couple de femmes artistes Claude Cahun et Marcel Moore soutient « Inversions », la deuxième revue homosexuelle française

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Dans les années 20, « Inversions » bénéficiait du soutien – sans doute vital pour la revue — de deux femmes influentes, le couple formé par l’artiste Claude Cahun, née Lucy Schwob, et sa compagne Suzanne Malherbe, dite Marcel Moore, elle-même artiste. Retour sur une aventure rédactionnelle très en avance sur son époque.

Inversions
La couverture du numéro 1 de la revue homosexuelle « Inversions » lancée en 1924 - DR
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Il y a 95 ans, le 15 novembre 1924, paraissait le premier numéro de la revue homosexuelle Inversions. Fondée par deux hommes, Gustave Beyria et Gaston Lestrade, dont on sait aujourd’hui peu de choses, c’est la deuxième revue à parler ouvertement d’homosexualité en France. Il y avait eu Akademos, en 1909, fondée par Jacques d’Adelswärd-Fersen.

La différence entre les deux selon l’éditeur Michel Carassou, qui a réédité l’intégralité d'Inversions aux Editions Non Lieu en 2014, c’est le ton résolument militant de cette dernière, comme il l’expliquait à Yagg : « Akadémos est une revue culturelle, généraliste, certes le directeur de la revue [Jacques d’Adelswärd-Fersen] est connu comme homosexuel, il cherche à attirer quelques collaborations homosexuelles, mais c’est beaucoup plus large, et surtout ce n’est pas une revue militante, alors qu’Inversions se veut une revue de défense de l’homosexualité. »

La liberté des années folles, la création de l’Institut de sexologie à Berlin par le Dr Magnus Hirschfeld, et la parution de Sodome et Gomorrhe, de Marcel Proust en 1921, puis de Corydon, d’André Gide en 1924 fournissent sans doute un terreau propice à la création d’une revue qui explore les thématiques liées à l’homosexualité de manière plus poussée.

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