Kate Thomson : « En 2019, le Fonds mondial est l'un des principaux donateurs en faveur des programmes de santé pour les personnes LGBT+ »

Publié le

Séropositive depuis 1987, engagée au sein du Fonds mondial, Kate Thomson explique l'importance des programmes auprès des personnes LGBT+ et dit pourquoi il faut que les pays riches augmentent leur aide à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Un groupe de femme activistes à la conférence mondiale sur le sida, à Amsterdam, en juillet 2018. Kate Thomson est la première à gauche - DR
Article Prémium

La France accueille dans moins de trois mois, en octobre 2019, la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (The  Global Fund). Cette réunion entre pays donateurs doit permettre de recueillir des financements pour la période 2020-2022, avec pour objectif de venir à bout des trois pandémies d’ici 2030. La dernière en date, qui s’est tenue en 2016 à Montréal, avait permis de récolter 12,9 milliards de dollars (près de 11 milliards d’euros)  « et sauver huit millions de vies », avait alors déclaré Justin Trudeau, Premier ministre canadien. Depuis plusieurs mois, les associations se mobilisent pour exiger des pays riches une hausse significative des financements pour atteindre 14 milliards de dollars au minimum (12,5 milliards d'euros).

Au sein même du Fonds mondial, des personnes séropositives s'investissent afin de mobiliser les ressources et de faire entendre la voix des concerné.e.s. C'est le cas de Kate Thomson, une femme anglaise diagnostiquée séropositive en janvier 1987. Elle n'a pas cessé depuis de se battre pour les femmes atteintes par le VIH au Royaume-Uni et dans le monde. Komitid l'a interviewée pour connaître en particulier les réalisations majeures du Fonds mondial pour les personnes LGBT+.

 

Komitid : Pourriez-vous présenter votre rôle au sein du Fonds mondial et depuis quand vous participez à la lutte contre le VIH / sida ?

Kate Thomson : Je suis actuellement responsable du département Communauté, Droits et Genre du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Mon travail dans l'activisme a commencé après mon diagnostic en 1987 : j'ai cofondé Positively Women, la première organisation de femmes vivant avec le VIH au Royaume-Uni et l'une des premières au monde. Je me souviens de m'être engagée dans l'activisme comme un moyen de canaliser ma colère de voir mes amis mourir en raison de complications liées au sida. Je militais aux côtés de communautés de personnes vivant avec le VIH, de communautés LGBTIQ, de consommateurs de drogues, de travailleurs du sexe et d'autres personnes défendant des soins de santé de base et des soins palliatifs, pour sensibiliser les prestataires de soins de santé et nous militions contre les intérêts politiques et commerciaux qui nous privaient du droit fondamental à la santé .

La lutte contre le VIH parmi les personnes LGBT+ fait-elle partie des priorités du Fonds mondial ?

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous