« Je suis très fier d’être ici » : on a suivi la Marche des fiertés de Lille avec des personnes LGBT+ musulmanes

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Pour le dernier épisode de notre série sur les LGBT musulman.e.s, Komitid a rencontré Zephyr, Abou, et Eva, qui participaient à la Marche des fiertés de Lille, le 1er juin dernier. Pour chacun.e d’entre eux, être à la marche était un acte fort.

Plusieurs milliers de personnes ont participé à la Marche des fiertés de Lille, le 1er juin 2019 - Simon Lambert pour Komitid
Plusieurs milliers de personnes ont participé à la Marche des fiertés de Lille, le 1er juin 2019 - Simon Lambert pour Komitid
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Le soleil tape fort à midi, sur la place de la Gare à Lille. Des bandes de manifestant.e.s queer débarquent par wagons, les peaux maquillées. Ils et elles sont très jeunes, entre 12 et 20 ans, et on sent à distance leur excitation. Grands yeux couverts de paillettes, Zephyr arrive avec le flot. « Il y a beaucoup plus de monde que d’habitude », commente-t-iel en nous retrouvant près du parc à vélos.

À 18 ans, Zephyr s’apprête à vivre sa deuxième Pride à Lille. L’adolescent.e a peaufiné son look. De la couronne de fleurs aux chaussettes, tout est aux couleurs de l’arc-en-ciel. De son sac en toile, iel extirpe sa pancarte, dessinée à la main : « Je suis genderfluid. Cela signifie que parfois je m’identifie à une fille, parfois à un garçon, parfois aux deux, et parfois à aucun des deux », peut-on y lire. Le temps du reportage, c’est pour cette raison qu’on parlera de Zephyr en utilisant la langue neutre.

Juin, mois des Fiertés et du ramadan

C’est il y a quatre ans que Zephir a compris qu’iel n’était ni cisgenre, ni hétéro. Il lui a fallu un peu de temps, ensuite, pour mettre des mots, mais iel se reconnaît aujourd’hui comme genderfluid et panromantique. Zephyr peut tomber amoureux.se d’une personne quelque soit son genre. Etudiant.e en médecine à Lille, iel n’est pas vraiment sorti.e du placard. « La Pride, c’est le seul évènement LGBT où je vais de l’année », explique Zephyr, d’une voix douce. Le mois de juin est un moment tout particulier, puisqu’iel célèbre à la fois les Fiertés et le ramadan : « Ce mois-ci, j’ai été super en paix avec moi-même. J’étais en mode vibes musulmanes, et je ne me sens pas du tout hypocrite d’aller à la Pride et d’avoir fait mon mois de jeûne », explique-t-iel.

Zephyr pose pour un portrait à la 24e Marche des fiertés à Lille, samedi 1er juin - Simon Lambert pour Komitid

Zephyr pose pour un portrait à la 24e Marche des fiertés à Lille, samedi 1er juin - Simon Lambert pour Komitid

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