La procréation « amicalement assistée », angle mort de la PMA pour toutes

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Aucun rapport sur l'extension de la PMA à toutes n'a formulé de proposition pour encadrer les situations où la procréation se déroule en dehors de toute intervention médicale. Pourtant ces situations existent. Témoignages et analyses.

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« Nous souhaitions que notre enfant ne se pose pas de questions sur ses origines. » Pour avoir un enfant, Luna et Joséphine*, la trentaine, ont eu recours à une insémination artisanale avec le sperme d’un ami. Une pratique pénalisée en France (par deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende) et donc dépourvue du moindre encadrement. « Pour protéger notre projet parental, nous avons en premier lieu choisi un donneur en qui nous avions confiance. Si nous n’avions pas eu cette personne dans notre entourage ou s’il n’avait pas accepté, il est certain que nous nous serions tournées vers une PMA à l’étranger », assure le couple à Komitid.

Astrid et Fanny*, deux autres témoins que nous avons sollicitées, ont, elles aussi, eu recours à un donneur connu. « Un couple d’amis a souhaité nous faire ce cadeau, il trouvait impensable de payer des sommes exorbitantes pour avoir un enfant », explique Astrid. « Eux avaient déjà deux enfants donc on savait qu’il n’y aurait pas la moindre envie de reconnaissance. Tout était clair et bien défini. »

Cette méthode à laquelle nos témoins ont eu recours est une méthode de procréation dite « amicalement assistée ». Certains et certaines parlent de « PMA sauvage ». Une fois l’enfant né.e, le processus est le même que pour un couple lesbien qui a fait une PMA à l’étranger : la mère qui n’a pas accouché doit passer par l’adoption intra-conjugale. « Le processus a toutefois été moins simple que pour une PMA à l’étranger car le tribunal a souhaité nous convoquer et entendre la mère qui requérait l’adoption plénière. Nous pensons que le mode de conception choisi leur a posé question et qu’ils ont souhaité procéder ainsi pour vérifier le projet parental, car une fois que l’adoption plénière est prononcée, le donneur connu n’a plus l’opportunité d’entreprendre de démarches », explique Luna.

« Ça continuera d’exister dans la mesure où certaines femmes ne veulent pas d’un parcours médicalisé »

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