Le Parlement européen sert-il vraiment à quelque chose sur les questions LGBT+ ?

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Usine à gaz technocratique ou véritable outil pour les droits LGBT+ ? La question du rôle du Parlement européen mérite d'être posée à l'approche des élections européennes. Le point avec plusieurs eurodéputées impliquées dans les questions d'égalité des droits.

Une cession du parlement européen à Strasbourg en mars 2017 - Parlement Européen / Flickr
Une cession du parlement européen à Strasbourg en mars 2017 - Parlement Européen / Flickr
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Vous l’aurez peut-être remarqué, la campagne des élections européennes bat son plein. Non ? C’est bien normal, tant les élections qui se tiendront le 26 mai prochain ne semblent passionner personne, pas même certains et certaines des candidates. La cause de ce désintérêt semble plutôt simple à expliquer. C’est entendu, trop technocratique, trop lointaine des citoyens et des citoyennes, cisaillée par les lobbys, l’Union Européenne (UE) serait bonne pour la poubelle. La petite musique est connue : le Parlement européen et ses 751 député.e.s (705 sans le Royaume-Uni), qui peuvent difficilement imposer leur volonté aux autres institutions, ne servirait tout bonnement à rien.

Une lecture rapide du fonctionnement, si complexe, des institutions européennes pourrait valider cette analyse, un brin cynique. Le Parlement ne peut en effet voter ses propres lois, les textes et directives étant forcément discutées avec le Conseil européen (qui rassemble les ministres et chef.fe.s d’états des États membres) et la Commission européenne (sorte de gouvernement de l’UE). Tout juste les euro-député.e.s peuvent-ils et elles voter des résolutions non contraignantes. Pourtant, l’UE en général, et le Parlement en particulier, ont un impact non négligeable sur les questions liées aux droits LGBT+. Vraiment ? Oui, oui, vraiment.

« Le Parlement peut faire énormément de choses, on a par exemple réussi à obtenir une grande directive anti-discriminations que nous continuons de pousser », assure Karima Delli, euro-députée Europe-Écologie Les Verts investie notamment sur les questions de transports. Comme de nombreux et nombreuses élues, la femme politique française fait partie de l’Intergroupe LGBTI du Parlement européen. Composé de 150 eurodéputé.e.s, en provenance de 24 pays et de presque tous les groupes politiques, sauf de l’extrême droite, le groupe est le plus grand de l'assemblée.

Si « le but du Parlement européen est de représenter les citoyens et citoyennes de l’UE dans leur ensemble », alors, le but de l’Intergroupe, « est de s’assurer que les personnes LGBT+ européennes y soient également représentées », explique à Komitid Juliette Sanchez-Lambert, secrétaire du groupe. « On veut défendre les droits de ces citoyens et citoyennes, qui dans la masse, ont souvent été oubliées. C'est bien pour cela que cet Intergroupe a été créé dans les années 90, dans l'idée de visibiliser ces droits. »

Montrer et faire savoir

Rendre visible des thématiques auprès des institutions européennes, c’est justement l’une des missions du Parlement basé entre Bruxelles et Strasbourg. En exemple, la résolution sur les droits des personnes intersexes adoptée par le Parlement le 14 février dernier. Si le texte, qui dénonce les violences médicales dont sont victimes les européens et européennes intersexuées n’est pas contraignant, c’est la première fois qu’une instance européenne reconnaît les problématiques et les enjeux liés à l’intersexuation. Une victoire pour l'Intergroupe, qui finira sans doute par se traduire dans les politiques mises en place par la Commission.

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